Capsules de café : le casse-tête du recyclage
En alu, en plastique ou en papier, les centaines de millions de capsules de café consommées chaque année en France pèsent sur l’environnement.
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Ses arômes, ses effets stimulants et ses antioxydants font du café un breuvage presque parfait. Mais les centaines de millions de capsules consommées dans l’Hexagone restent un casse-tête écologique. D’autant que « la capsule de café n’est pas considérée comme un emballage car elle fait partie intégrante du produit, explique Laurent Bastida, directeur études et expérimentations chez Citeo. De ce fait, les acteurs de ce secteur ne sont pas tenus de contribuer financièrement au recyclage. »
Capsules, dosettes, moulus ou en grains : les cafés sous l’œil de 60 Millions
Lavazza, Carte Noire, Nespresso, Malongo, Ethiquable… Nous avons analysé 51 cafés de grandes marques, mais aussi de marques de distributeur (Lidl, Carrefour, Casino, Monoprix, E. Leclerc, etc.). Découvrez les résultats détaillés de notre essai et notre classement dans le numéro de février 2023 de 60 Millions de consommateurs.
Il y a toutefois une tendance au recyclage, que Nespresso met largement en avant. La marque mise, d’une part, sur la collecte dans les grandes surfaces et dans ses magasins, « ce qui représente 5 000 points de collecte reliés aux déchetteries », explique l’Alliance pour le recyclage des capsules en aluminium (Arca), une structure de Veolia dont Nespresso France, Nestlé France et JDE France (L’Or, Jacques Vabre…) sont les membres fondateurs. « Une fois séparé du marc valorisé en compost, l’aluminium est envoyé en unités de pyrolyse pour être fondu puis servir à fabriquer de nouveaux objets. »
Des capsules trop souvent jetées dans le mauvais bac
En parallèle, une autre filière mise sur les bacs de tri des emballages ménagers recyclables (couvercle jaune), où les consommateurs peuvent déposer, du moins dans certaines communes, leurs capsules en aluminium.
« À ce jour, un centre de tri sur trois est équipé d’une machine à courant de Foucault, explique Laurent Bastida de Citeo. Elle permet de séparer du reste des déchets les petits aluminiums comme les capsules de café, de canettes, les plaquettes de médicaments, etc. »
Encore faut-il que les Français participent au système de récupération. Une étude Ifop commanditée par l’Arca montre qu’il reste encore mal connu : parmi les 92 % des utilisateurs de capsules au courant de leur recyclabilité, seuls 49 % savent qu’elles sont systématiquement recyclables. Et de ce fait, ne les jettent pas là où il faut.
Même recyclées, les capsules restent des déchets
Au final, « on ne connaît pas les proportions de capsules véritablement recyclées, ni les quantités d’aluminium réutilisées », observe Aurélien Dumont de l’association Zéro Waste. Même optimisé, le recyclage a un impact environnemental, puisque les usines de pyrolyse sont situées aux Pays-Bas et en Allemagne. « Et que la capsule soit en aluminium, en plastique ou en papier, cela reste du jetable », pointe Aurélien Dumont.
Quid des innovations plus « propres » comme la boule de café enveloppée dans un film d’algue biodégradable ? L’association reste sceptique : « On ne sait rien du procédé industriel, peut-être très énergivore, sans compter avec l’achat obligatoire de la cafetière adaptée. »
Il existe d’autres solutions plus respectueuses de l’environnement : acheter des dosettes compostables (plusieurs grandes marques en proposent), si l’on dispose d’un compost ; ou s’équiper de capsules rechargeables en inox adaptées à votre machine expresso. Ces dernières, pour 20 à 30 € la paire, sont réutilisables à volonté. Même s’il faut les remplir de café moulu puis les nettoyer à chaque utilisation, elles réduisent drastiquement la quantité de déchets : 1095 dosettes non jetées par an à raison de 3 cafés par jour.
