Chats et chiens : pâtée, croquettes ou petits plats maison ?
L’alimentation de vos compagnons à quatre pattes doit être adaptée au profil de chaque animal. Suivez nos conseils pour les nourrir au mieux.
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Croquettes, pâtée, gamelle cuisinée à la maison ? Qu’il s’agisse d’un chat ou d’un chien, chaque type d’alimentation présente des avantages et des inconvénients. Selon les besoins et le profil de votre animal, l’un ou l’autre sera mieux adapté.
Les croquettes sont l’aliment le plus pratique. « Je ne prescris que des marques vétérinaires, explique la vétérinaire nutritionniste Charlotte Devaux, qui déclare ne pas avoir de conflit d’intérêts avec les fabricants. Seules trois marques, Hill’s, Pro Plan et Royal Canin, testent leurs produits sur des animaux et publient leurs résultats. En France, deux gammes vétérinaires, Specific et Virbac, s’en inspirent et font analyser leurs produits, notamment via les urines des chiens et des chats. »
Si vous avez un petit budget ou que vous préférez acheter les croquettes en grande surface, tous les aliments complets assureront les besoins vitaux de votre animal. Attention en revanche à certaines marques uniquement disponibles sur Internet. Chères, elles peuvent user d’allégations réservées aux aliments médicaments telles que « prolonge l’espérance de vie », « améliore la digestion »… Un marketing trompeur.
Les pâtées recommandées dans certains cas
Les pâtées sont constituées d’environ 80 % d’eau. Plus chères que les croquettes, elles sont recommandées aux chats, de petits buveurs, davantage sujets aux problèmes rénaux que les chiens. Elles sont particulièrement indiquées « pour les animaux en surpoids, voire obèses, à tendance gloutons. Elles favorisent le sentiment de satiété car le volume distribué est plus important, par exemple environ 200 g par jour pour un chat, contre 50 g de croquettes », note la Dre Devaux.
La pâtée contient par ailleurs peu d’amidon, contrairement aux croquettes. Elle est donc adaptée aux races qui ne digèrent pas bien l’amidon (les chiens-loups tels que le husky, par exemple) ou aux individus pour lesquels ce glucide n’a pas été introduit progressivement au moment du sevrage.
Chiens et chats : bien les nourrir et bien les soigner
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Cuisiner pour son chien ou son chat, une bonne idée ?
La gamelle maison, appelée « ration ménagère », ne s’improvise pas ! Pour être équilibrée, sa recette doit être élaborée avec un vétérinaire, de préférence spécialisé en nutrition. Cinq ingrédients doivent être présents : une source de protéines (viande, poisson ou œuf cuits entre 60 et 70 °C pendant deux minutes), des légumes (pour les fibres qui aident à la digestion), un féculent (pour apporter du volume sans trop de calories, important pour un animal stérilisé et sédentaire), de l’huile végétale (pour la beauté du poil) et un complément minéral vitaminé (CMV). Indispensable, ce dernier se saupoudre sur les aliments. Sans lui, le chien ou le chat ne recevra pas chaque jour la quarantaine de nutriments dont son organisme a besoin.
Le régime cru est adopté par certains propriétaires, car plus proche du naturel. Baptisé « Barf » pour Biologically Appropriate Raw Food (aliments crus biologiquement appropriés), il ne contient ni féculent, ni CMV, mais des os charnus et des abats. « Cette alimentation est très contraignante et difficile à équilibrer, en particulier pour un animal sédentaire et stérilisé, alerte Charlotte Devaux. Elle présente aussi un risque sanitaire pour les personnes fragiles vivant au contact de l’animal. »
En juin 2024, la FDA (agence de santé publique américaine) a établi qu’une épidémie de salmonelles multirésistantes survenue en 2018 chez l’humain a été provoquée par… des oreilles de cochon desséchées vendues comme friandises pour animaux.
Veillez au nombre de repas quotidiens
Observez votre animal et n’hésitez pas à revoir son alimentation. Il faut adapter la ration à chaque individu, en fonction de son âge, de son mode de vie, de son statut reproductif, etc. S’il grossit chaque année, cela finira par lui être préjudiciable. Peut-être suffira-t-il de diminuer la quantité d’aliments distribuée ou de revoir le nombre de repas quotidiens.
Le chat, qui est un grignoteur, apprécie d’en prendre au moins quatre. Quant au chien, il est généralement conseillé de ne lui en donner qu’un – mais jusqu’à trois pour une chienne gestante qui voit ses besoins augmenter, ou pour un chien malade afin de stimuler son appétit et lui éviter une digestion lourde.
Des techniques pour freiner un animal glouton
Mais fractionner la distribution des aliments peut aussi aider un animal vorace à ne pas se jeter sur sa gamelle et à moins réclamer entre les repas. « Il existe des gamelles anti-glouton qui aident à contrôler la vitesse d’ingestion, conseille Valérie Dramard, vétérinaire comportementaliste. Les distributeurs de croquettes automatiques sont aussi intéressants pour que l’animal ne réclame pas de la nourriture. On peut aussi faire manger son chien ou son chat en même temps que nous. Cela évite bien des frustrations et la tentation de donner quelque chose de trop riche pour l’animal. »
Il est révolu le temps où l’on pensait devoir nourrir son chien après nous pour lui signifier que son maître est le dominant de la meute. « Mieux vaut que ce soit le plus confortable possible », résume la vétérinaire.
