« Haute valeur environnementale », un label controversé

De nombreux vins et d’autres produits agricoles affichent le label HVE. Mais, attribué sur des critères très souples, il fait l’objet de critiques.

Par Cécile Klingler

Publié le

pulvérisation dans un vignoble de Champagne
Getty Images

Difficile de rater ce logo, surtout au rayon des vins. En juillet dernier, sur les 8 218 exploitations françaises certifiées « issu d’une exploitation haute valeur environnementale » (HVE), 81 % étaient des exploitations viticoles.

Mais le label HVE, qui bénéficiait du soutien des associations de protection de l’environnement à sa création, fait désormais l’objet de critiques.

Principal reproche ? Il laisse croire qu’il correspond à un respect élevé de l’environnement (comme son nom l’indique !), alors que ce n’est pas forcément le cas de toutes les exploitations certifiées.

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Un système de notation plutôt arrangeant

le label « issu d’une exploitation haute valeur environnementale »

Pour franchir le niveau 3 et obtenir le label HVE, l’exploitant a le choix entre deux approches. Dans la première, il doit prouver que le montant des achats extérieurs (semences, engrais, pesticides, aliments pour bétail, etc.) est inférieur à 30 % de son chiffre d’affaires, et que les infrastructures dites agroécologiques (bandes enherbées, arbres, haies, mares, etc.) dépassent 10 % de la surface agricole utile de l’exploitation.

Dans la seconde approche, ses pratiques sont évaluées via un questionnaire en quatre modules (biodiversité, phytosanitaire, fertilisation et irrigation), chacun subdivisé en plusieurs critères. Selon la réponse à chaque critère, l’exploitant gagne des points. Il doit en obtenir 10 par module pour décrocher la certification.

Hélas, le système de notation permet d’obtenir le précieux label HVE en maintenant certaines pratiques peu respectueuses de l’environnement, pour peu que d’autres soient plus vertueuses…

Pas d’obligation de respecter tous les critères

Côté biodiversité, par exemple, l’exploitation est évaluée sur la présence de ruches, la surface couverte par la culture principale, le nombre élevé d’espèces cultivées, d’espèces animales et d’espèces menacées, et la surface des infrastructures agroécologiques. Or, il suffit que ces infrastructures occupent plus de 9 % de la surface agricole utile pour récolter les 10 points nécessaires, sans avoir à se préoccuper des autres critères !

En clair, la certification « haute valeur environnementale » n’oblige pas à reconfigurer en profondeur les modes de production. Et passe en partie à côté de son objectif.

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