Vegan, mais… pas parfait
La composition 100 % d’origine végétale des produits vegan ne leur garantit pas d’être plus sains et meilleurs pour la santé que les autres !
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Nous avons comparé la composition et le prix de produits vegan à leurs homologues classiques pour des produits de consommation “courante” : hamburger, pizza, fromage râpé, chips végétales, cordon bleu, sablés au chocolat noir… La comparaison n’est pas toujours favorable aux produits vegan, loin de là.
Être vegan, ça veut dire quoi ?
On connaissait les produits alimentaires végétariens, sans viande ni poisson. Il faut désormais compter avec leur version vegan (ou végétalienne en français). Elle s’adresse aux consommateurs ayant choisi de bannir de leur alimentation tout produit d’origine animale, la viande, le poisson, les crustacés… ou lié à l’exploitation des animaux, comme le lait, les œufs ou le miel. Voire de ne pas porter de laine, de cuir et autres matériaux issus d’animaux.
Un mouvement qui devrait s’amplifier
Une étude Ifop menée en 2014 dans le cadre de l’Observatoire des cuisines populaires (OCPop) dénombre ainsi 4 % de Français déclarant suivre une alimentation végétarienne et 3 %, un régime végétalien.
Surtout, les 22 % des personnes sondées ayant récemment accru la part du végétal dans leur alimentation expliquent faire ce choix uniquement ou en partie parce qu’ « ils ne font pas souffrir d’animaux ». « L’apparition du mouvement vegan s’inscrit dans une évolution de fond, entamée il y a près de quarante ans avec le début du déclin de la viande rouge, explique Eric Birlouez, agronome et sociologue de l’alimentation. Je pense qu’il va continuer à croître, notamment avec les jeunes générations. »
À cela s’ajoute l’influence de personnalités médiatiques qui luttent contre la souffrance animale, à l’instar de Matthieu Ricard, et bien sûr celle des débats suscités, notamment, par les vidéos chocs d’abattoirs diffusées par l’association L214.
Toutes les marques s’y mettent
Alors que la tendance était encore confidentielle il y a deux ans, voilà qu’elle se développe à vitesse grand V depuis quelques mois. Commerces de bouche ou restaurants sont de plus en plus nombreux à proposer une option vegan, ou à l’être à 100 %. Les magasins spécialisés bio ont franchi le pas, à l’instar de Naturalia, qui a ouvert trois magasins 100 % vegan à Paris et Vincennes.
Les marques de distributeurs ont également flairé le filon en installant dans certains de leurs magasins un rayon vegan, mais surtout en lançant, les unes après les autres, des gammes destinées à cette nouvelle famille de consommateurs : Carrefour et sa gamme Carrefour Veggie, Monoprix et Vegan Deli, ainsi qu’Auchan et E.Leclerc, avec, respectivement, Envie de veggie et Nat&Vie. Sans oublier les grosses pointures de l’agroalimentaire comme Herta, Fleury Michon et McDonald’s, qui se sont engouffrées dans la brèche en proposant des substituts aux produits carnés.
Des allégations à foison
Problème : au nom du marketing, l’allégation vegan est mise à toutes les sauces. On trouve ainsi des produits identiques, mais qui, selon les marques, sont vendus ou pas comme vegan. Autre risque de confusion, la jungle des appellations – veggie, vegan, végétalien – qui n’aide pas à faire le tri entre vrai et faux vegan. Prenons le terme “veggie” : il désigne un produit ici végétarien, là vegan, au gré de la démarche de l’industriel.
« Les quarante produits de la gamme Carrefour Veggie portent le label V géré par l’association végétarienne de France, explique Christian Vavasseur, directeur de cette marque. Selon le produit, l’emballage indique sa nature végétarienne ou vegan. » Autrement dit, l’adepte du véganisme doit y regarder à deux fois avant de remplir son chariot.
Pas de confusion avec les produits laitiers
Quant aux substituts de produits laitiers intitulés “beurre au tofu” ou “fromage végétal”, très prisés des veganiens, ils sont désormais dans l’illégalité : en juin dernier, la Cour de justice de l’Union européenne a rendu un arrêt interdisant l’utilisation des termes faisant référence à des produits laitiers dans l’appellation de certains produits végétaux. En France, la plupart des entreprises sont déjà en accord avec l’arrêt. Elles vendent donc du « faux-mage » ou du « vromage », ou encore des « alternatives végétales » au fromage ou au yaourt.
À l’instar des produits sans gluten, les biscuits, plats préparés et autres “spécialités râpées” vegan jouissent d’une réputation d’aliments sains. On les associe plus ou moins inconsciemment au naturel et au bio. Or, une simple lecture d’étiquettes suffit parfois à casser l’illusion. À la place du fromage, par exemple, les fabricants utilisent des amidons et des huiles végétales associés à des stabilisants et des arômes. Des additifs qui permettent de donner du goût et de la consistance à l’aliment, mais dont on se passerait bien.
Le vegan meilleur pour la santé ? Non
Autre idée reçue : penser que l’on accède à de meilleurs aliments en les choisissant vegan. Or, les valeurs nutritionnelles figurant sur les emballages montrent parfois l’inverse.
D’une façon générale, les produits vegan pèchent par un contenu en protéines trop faible lié à l’absence de viande, fromage ou œufs : « Cet inconvénient peut s’avérer très gênant s’il n’est pas compensé par la consommation d’aliments bruts riches en protéines comme le soja, les légumineuses ou les produits oléagineux tels la purée d’amandes », explique le Dr Boris Hansel, endocrinologue à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, à Paris.
Trop de sucre dans le burger veggie
Les duos de produits proches que nous avons achetés en supermarché montrent par ailleurs un déséquilibre en faveur des sucres. C’est le cas du burger veggie de McDonald’s, dont la quantité de glucides est supérieure à celle d’un burger à la viande. De ce fait, « l’index glycémique, autrement dit la capacité d’un aliment à faire augmenter le taux de sucres dans le sang après son ingestion, risque d’être plus élevé avec certains produits vegan », souligne le médecin. Et un index glycémique trop élevé réduit la sensation de satiété, pousse à grignoter et favorise le stockage des graisses corporelles…
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