Analyses de thés verts et thés noirs
Vert ou noir, le thé n’est nettoyé ni lors de sa récolte, ni lors de sa préparation. Pas surprenant, donc, d’y retrouver certains contaminants.
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Nos différentes analyses – résidus de pesticides, métaux (aluminium, arsenic, cadmium, cuivre, mercure, plomb), alcaloïdes pyrrolizidiniques (AP), Polyphénols – ont préalablement porté sur les feuilles de seize thés noirs Earl Grey et de dix thés verts à la menthe. Dans un second temps, nous avons sélectionné dix références de notre panel pour analyser leurs infusions selon les mêmes méthodes.
Le thé, deuxième boisson la plus consommée au monde, bénéficie d’une réputation de produit naturel et sain. De quoi encourager sa consommation qui, dans l’Hexagone, a triplé ces vingt dernières années. Environ deux Français sur trois boivent du thé, principalement en sachet. Nous avons un faible pour le thé noir, qu’il soit d’origine, comme le Darjeeling ou le Ceylan, ou parfumé, tel le Earl Grey et son arôme bergamote. Mais il est désormais talonné par le thé vert, fort de son image de breuvage santé.
Un polyphénol bénéfique, mais toxique en grande quantité
Un certain nombre d’études lui accordent des vertus dans la prévention du cancer et des maladies cardiovasculaires. Il contribuerait également, selon quelques travaux, à la perte de masse grasse et à une meilleure densité osseuse. Ces qualités tiendraient à la présence d’EGCG (épigallocatéchine-3-gallate), un polyphénol reconnu pour ses puissantes propriétés antioxydantes. Une tasse de thé vert contient jusqu’à 400 milligrammes de polyphénols, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
Revers de la médaille, une trop forte ingestion d’EGCG pourrait s’avérer toxique pour le foie. Limiter sa consommation pourrait alors apparaître comme une solution de prévention. Mais encore faudrait-il que les teneurs en polyphénols soient relativement homogènes entre les différentes préparations de thé disponibles sur le marché. C’est loin d’être le cas, comme le montrent les résultats de nos analyses.
En conventionnel, un recours aux pesticides et aux fongicides
Au départ, toutes les sortes de thé proviennent d’un même arbuste, le Camellia sinensis ou théier, cultivé principalement en Inde et en Chine et, dans une moindre mesure, au Kenya et au Sri Lanka.
Ce sont les traitements des feuilles après cueillette qui déterminent la couleur du thé. Alors que le thé vert ne subit aucune fermentation, le thé noir est mis à fermenter plusieurs heures dans une salle chaude et humide : ce procédé lui confère toute sa saveur, tout en ôtant une partie de l’amertume.
Pour une croissance optimale, le théier a besoin d’un climat chaud et humide, prompt par ailleurs à favoriser le développement des champignons et des insectes. D’où le recours systématique à différents fongicides et pesticides, qui reste toutefois limité aux cultures conventionnelles.
Si les ouvriers des plantations sont les premiers à être exposés à ces produits, les consommateurs risquent aussi de goûter à certains résidus, d’autant que le thé n’est lavé à aucun moment de sa préparation. Un doute que confirment nos analyses, sachant que même les feuilles de thés bio n’échappent pas totalement à cette contamination.
Patricia Chairopoulos. Ingénieurs: Farid Bensaïd et Laetitia Flottes de Pouzols
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