Test de boissons végétales
En plein essor, les boissons végétales offrent une bonne alternative aux jus de fruits. Mais pas au lait.
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En raison d’allergies, d’intolérance au lactose ou par simple choix alimentaire, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à troquer le lait pour les boissons végétales.
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En tête des ventes, les boissons au soja et aux amandes, dont les trois quarts des références sont bio. Encore faut-il les dénicher : certains magasins les installent parmi les produits bio, d’autres au rayon boissons ou lait…
Lait végétal, une appellation interdite
Or, la confusion peut être néfaste pour la santé puisque ces boissons ne remplacent pas le lait, de vache ou d’un autre mammifère. D’ailleurs, l’appellation « lait végétal » est interdite par le Conseil de l’Union européenne depuis le 22 octobre 2007, à l’exception des « lait de coco » et « lait d’amande ». Une interdiction que la Cour de justice de l’Union européenne, en juin 2017, a jugé bon de rappeler.
› Ce n’était pas vain. Une étude menée par le cabinet d’études Audirep, en 2017, indique qu’un Français sur deux pense que ces boissons apportent les mêmes nutriments que le lait. En réalité, le calcium que l’on y trouve est ajouté par le fabricant. Et d’après nos analyses, aucune ne peut prétendre au rang d’aliment complet. Mais reconnaissons-leur leur propreté : pas le moindre résidu de pesticide ni de mycotoxine n’a été détecté.
Les boissons à l’avoine
Comme pour toutes les boissons végétales, la fabrication des boissons à l’avoine consiste à nettoyer et décortiquer les graines, puis à les broyer avec de l’eau ; selon les recettes, le fabricant peut ajouter des vitamines, du calcium, de l’huile, du sucre, des arômes et autres additifs. Enfin, le jus est stérilisé à haute température.
› Bon point pour leurs faibles teneurs en sel (0,2 gramme en moyenne pour 200 ml) et en matières grasses (notamment saturées), malgré un ajout systématique d’huile de tournesol. Mais ne misez pas sur elles pour faire le plein de protéines ; cinq d’entre elles apportent d’ailleurs moins d’1 g par verre. À l’inverse, avec une quantité moyenne de 10 g de sucres/200 ml – soit 20 % des AJR – ces boissons sont naturellement très sucrées.
› Rien à redire ou presque sur leur composition. On compte seulement quatre ingrédients (eau, avoine, huile de tournesol, sel) pour les références Regain, Leader Price, Casino bio et Carrefour bio, mais jusqu’à neuf dans la boisson Nat & Vie, parmi lesquels un stabilisant et un épaississant.
Les laits d’amande
Très en vogue, les laits d’amande ont “tout bon” sur un certain nombre de critères, mais pas sur tous.
› Quasiment pas de sel, et des matières grasses en faibles quantités – de 1,4 g pour 200 ml (Evernat) à 7,4 g pour 200 ml (U bio). Comme les acides gras saturés sont très en deçà des AJR, plusieurs affichent une allégation de type « pauvre en graisses saturées ».
› À raison de 2 petits grammes de protéines par portion (entre 0,82 g pour Auchan et 3,18 g pour U bio), ces boissons ne constituent pas une source protéique suffisante, contrairement au lait de vache (6,50 g/200 ml). Par ailleurs, elles sont plus ou moins sucrées (en moyenne, un verre couvre 10 % des AJR) en fonction de la matière première utilisée et, surtout, du sucre ajouté à la recette. Ainsi, les laits d’amande Bio village et Bjorg sont quarante fois plus sucrés que le Lima !
› Les laits d’amande ne sont pas exempts d’additifs ; en témoigne la liste d’ingrédients des références Alpro, Monoprix, Auchan et Evernat, qui intègrent des stabilisants, émulsifiants et autres arômes.
Les boissons au soja
Elles ont longtemps été les stars du rayon, autant pour les protéines que pour les hormones végétales, ou « isoflavones », qu’elles contiennent.
En 2005, l’Agence nationale de sécurité alimentaire a posé une limite, toujours en vigueur, de 1 mg/kilo de poids corporel/jour ; mais diverses études scientifiques plaident en faveur d’un abaissement de ce seuil : « même à faibles doses, certaines isoflavones peuvent altérer la qualité du sperme et aggraver l’incidence des cancers du sein » affirme le Pr Catherine Bennetau-Pelissero, spécialiste en nutrition-santé à l’Université de Bordeaux. Par ailleurs, nous avons vérifié la présence ou pas d’OGM : aucune référence testée n’en contient.
› Vigilance sur les isoflavones. Les boissons de notre panel apportent une moyenne de 24 mg/200 ml, soit un tiers de la quantité maximale journalière pour une personne de 60 kg. C’est déjà beaucoup, surtout si l’on consomme d’autres produits à base de soja. Au vu des doutes sur l’innocuité de ces substances, mieux vaut limiter sa consommation.
› Leur profil nutritionnel est bien équilibré : ces jus sont peu gras, relativement peu sucrés, peu salés, et riches en protéines. Pour ces dernières, les teneurs varient entre 5,7 g/200 ml (Leader Price, Pâturages) et 8,5 g (Bjorg).
Patricia Chairopoulos. Ingénieur : Xavier Lefebvre.
Téléchargez l’intégralité de notre article et les résultats complets de notre essai publié dans le n° 551 de 60 Millions (septembre 2019) :