Test de produits bio
Les denrées importées sont-elles aussi propres que les produits de l’Hexagone ? Nous avons analysé en laboratoire 74 produits d’épicerie.
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Plus possible, aujourd’hui, de voir le bio comme une simple mode alimentaire. Selon les derniers chiffres de l’Agence Bio, publiés en février, les ventes d’aliments porteurs du label vert ont encore progressé de 16 % en un an. Au fil des achats, les Français y ont consacré, l’an passé, près de 8 milliards d’euros avec une prédilection pour les fruits et légumes frais (consommés par 81 % des consommateurs bio), les produits laitiers (71 %), les œufs (63 %) et l’épicerie (52 %).
30 % des denrées bio importées
Revers de cette forte demande, la production hexagonale ne suit pas. C’est pourquoi 30 % environ des denrées bio sont étiquetées « origine UE », voire « hors UE ». À la mi-avril, dans les supermarchés et magasins spécialisés, les courgettes bio peuvent venir d’Espagne, les tomates d’Italie et les kiwis de Nouvelle-Zélande…
« Outre les fruits et légumes, les principaux produits importés sont les céréales et l’épicerie, avec des filières qui n’existent pas en France comme le café, le cacao ou le sucre de canne », précise Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio. Mise à part l’empreinte carbone, a priori plus forte pour les produits venant de loin, peut-on parler de différence qualitative selon les origines ? Nous avons voulu le vérifier, tests à l’appui.
Au premier abord, tout semble simple. « Les producteurs sont soumis aux mêmes cahiers des charges et surtout, aux mêmes contrôles », affirme Florent Guhl. Ces contrôles sont gérés par des organismes certificateurs indépendants et agréés tels que Ecocert, Bureau Veritas ou encore Qualisud, régulièrement audités.
Factures des semences, carnet d’élevage, étiquetage, procédés sur la chaîne de production, précautions sanitaires… tout est scruté. Et tout doit répondre aux exigences des cahiers des charges validés par la Commission européenne.
Deux systèmes pour les produits hors frontières
C’est là où les choses se corsent. Actuellement – et en attendant l’application du futur règlement européen du bio à partir de 2021 – il existe deux systèmes d’autorisation pour les produits fabriqués hors de nos frontières.
Une douzaine de pays (Argentine, Australie, Canada, Costa Rica, Inde, Israël, Japon, Nouvelle-Zélande, Suisse, République de Corée, Tunisie, États-Unis d’Amérique, ainsi que les membres de l’Espace économique européen) bénéficient d’un « accord d’équivalence », parce qu’ils disposent d’une réglementation bio considérée comme équivalente à l’européenne. Ces pays peuvent donc exporter librement leurs produits bio vers le marché commun, à la seule condition de présenter un certificat de contrôle.
Concernant les autres pays tiers, leurs exportations sont régies, pour chaque produit, par des cahiers des charges privés (et non des réglementations nationales), que valide un organisme certificateur reconnu par la Commission européenne. « En règle générale, près de 98,5 % des cahiers des charges déposés par les organismes certificateurs pour un produit fabriqué dans un pays tiers sont des “copié-collé ” du règlement européen », explique Michel Reynaud, vice-président d’Ecocert…
Patricia Chairopoulos. Ingénieurs : Farid Bensaïd et Marianne Hochet
Téléchargez l’intégralité de notre article et les résultats complets de l’essai comparatif publiés dans le n° 536 de 60 Millions (avril 2018) :