Test de services de livraison de produits frais
Des produits sensibles, comme la viande ou le poisson, sont-ils bien emballés et transportés par les vendeurs en ligne ?
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Le commerce en ligne se porte bien. L’année dernière, les Français ont dépensé 92 milliards d’euros sur Internet. Un record. Mais si payer à distance un appareil électronique ou un livre est entré dans les mœurs, beaucoup moins de consommateurs se laissent tenter par l’achat en ligne de produits frais.
Le danger : une rupture de la chaîne du froid
Selon une étude réalisée en 2018 par Médiamétrie, l’un des principaux freins serait la crainte de manger un produit pas frais. Ou pire, une denrée contaminée.
Au-dessus de 4 °C, salmonelles, listérias et autres bactéries toxiques peuvent proliférer en accéléré dans un pavé de saumon ou un steak haché. C’est ce qu’on appelle la rupture de la chaîne du froid, un phénomène qui peut survenir pendant le transport. Mais les risques sont-ils suffisamment importants pour éviter d’utiliser les sites de vente à distance de produits frais ?
Des contrôles du départ à l’arrivée
En règle générale, les produits arrivent en bon état. Une société mise au banc d’essai a néanmoins suspendu son partenariat avec Chronofresh, dont le service a été jugé insatisfaisant. Cette filiale de Chronopost, qui assure les livraisons en frais dans toute la France, est la plus sollicitée par les sites marchands testés dans notre essai, très loin devant ses concurrents UPS et Geodis France Express.
Interrogé, son président se veut rassurant : « Quand on transporte du frais, les denrées sont systématiquement maintenues entre 2 et 4 °C dans des containers ou des véhicules réfrigérés, explique Christophe Desgens. Nous contrôlons aussi la température du point de départ jusqu’à l’arrivée. » Si le client n’est pas chez lui à la réception du colis, il peut reprogrammer sans frais un rendez-vous avec le livreur. « Et si la date limite de consommation, signalée obligatoirement par le site marchand à nos services, est dépassée, nous renvoyons le colis à la plateforme ou le détruisons », précise M. Desgens.
Constat rassurant : aucun des quatorze sites testés n’a livré de poisson, de viande ou de crustacés contenant des micro-organismes dangereux pour l’organisme. Néanmoins, on constate des couacs. Certains produits commandés, comme une bavette de Carré de bœuf ou un saumon de Ma Poissonnière, présentent une flore bactérienne plus développée que dans d’autres denrées similaires expédiées par la concurrence. Un manque de fraîcheur qui a pénalisé cinq boucheries et poissonneries placées en queue de peloton.
Le transport réfrigéré n’est pas infaillible
D’autres commandes ont été reçues au laboratoire à plus de 7 °C, preuve que le système de transport réfrigéré n’est pas infaillible. Pour ralentir le développement bactérien et limiter les risques sanitaires, il est conseillé de placer les denrées dans la partie la plus froide de son réfrigérateur, juste après la réception.
Coté utilisateur sur les plateformes, les participants à l’étude sont, en général, satisfaits. Description des produits, commande, conformité des denrées… la majorité des testeurs trouvent les sites clairs et pratiques…
Adrian de San Isidoro. Ingénieurs : Antoine Haentjens et Alain-Henri Duval.
Téléchargez l’intégralité de notre article et les résultats complets de notre essai publié dans le n° 548 de 60 Millions (mai 2019) :