La SNCF prend des libertés avec son calendrier tarifaire
En toute discrétion, la compagnie ferroviaire a commencé à s’affranchir du calendrier des périodes de pointe. Un train annoncé en période normale pourra changer de catégorie tarifaire sans préavis.
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Le calendrier tarifaire de la SNCF, qui détermine si les trains circulent en période normale ou en période de pointe, va-t-il disparaître ? Une expérimentation en cours depuis le 14 octobre sur quelques trains à grande vitesse (TGV) et Intercités à réservation obligatoire consiste à basculer en période de pointe – et donc au tarif fort – un trajet initialement commercialisé en période normale.
Un impact sur l’ensemble des tarifs
Cette pratique renforce encore la variation dans le temps du prix des billets pour un même trajet – principe commercial à l’œuvre depuis plusieurs années par la SNCF et que beaucoup de consommateurs déplorent.
Elle a, de plus, un impact sur l’ensemble des prix. Le billet Loisir, qui sert de référence pour le calcul des autres tarifs (cartes de réduction ou de fidélité, Prem’s, etc.), est en effet 25 % plus élevé en période de pointe qu’en période normale.
Le prix d’un billet pourra doubler !
Par exemple, pour un Paris-Strasbourg, le billet Loisir plein tarif oscillera au départ entre 47 et 75 € en période normale, puis pourra grimper jusqu’à 94 € avec le passage à la période de pointe. Le prix du billet pourra donc doubler ! Les variations dépendent toujours de l’offre et de la demande… et des décisions du service de la SNCF chargé d’optimiser les recettes.
La compagnie publique explique qu’elle veut voir si cette plus grande liberté commerciale lui permet de mieux remplir ses trains. Elle dit aujourd’hui avoir des difficultés à vendre des billets pour les trains en heure de pointe, parce qu’ils sont plus chers.
Augmentation progressive au fil du temps
L’idée serait donc de les commercialiser au départ en période normale, avec des tarifs plus attractifs, puis de les augmenter progressivement jusqu’aux tarifs de pointe à mesure que les rames se remplissent.
Un document interne à la SNCF, que nous avons pu consulter, précise clairement que la mesure va « optimiser le chiffre d’affaires du train fortement sollicité » et « inciter la clientèle sensible au prix à se reporter sur les trains moins chargés ».
« Pas de communication proactive vers les clients »
Les consommateurs pouvant anticiper leurs réservations y gagneront probablement en pouvoir d’achat. Mais le défaut d’une telle liberté commerciale est que plus personne ne saura si le train visé est au tarif de la période normale, de la période de pointe ou d’un entre-deux indéfini.
La SNCF s’accommode bien de ce flou : elle ne prévoit « pas de communication proactive vers les clients », toujours selon le même document interne.
Selon un porte-parole de la compagnie, « seuls quelques trains roulant le week-end et pendant les vacances scolaires sont concernés pour l’instant. Le système sera étendu si l’expérimentation est concluante ».
Florent Pommier