Frais bancaires abusifs

En cas de découverts ou d’incidents de paiements, les banques facturent une cascade de frais à des clients déjà fragilisés.

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consommateur énervé devant son ordinateur
Getty Images/iStockphoto
consommateur énervé devant son ordinateur

Notre étude a évalué les frais payés :
• Par tous les clients. Un panel de 373 lecteurs de «60», sollicités sur notre site Web, nous ont fourni leur récapitulatif annuel de frais bancaires 2016.
• Par les clients en difficulté. L’Union nationale des associations familiales (Unaf) a mobilisé son réseau départemental (Udaf) qui intervient auprès des personnes en difficulté financière. 213 personnes ont fourni les mêmes informations. Par ailleurs, l’Unaf a réalisé des entretiens d’où sont tirés les verbatims de clients.

« J’ai toujours été honnête. Et je me retrouve traité comme un voyou… » À 46 ans, Yann, fonctionnaire, gagne 2 000 € par mois. Il vit seul depuis sa séparation, un an auparavant. Trouver un nouveau logement, racheter des meubles… Tout cela l’a plongé dans le rouge. Son banquier le lui fait payer. Au prix fort.

En un an, un client BNP ponctionné de 3 000 €

Frais de chèque sans provision, rejet de prélèvement, agios, découvert dépassé, commission d’intervention, avis à tiers détenteur, lettre d’avertissement pour compte débiteur… C’est une pluie de coups qui tombe sur lui. « Ils prélèvent [des frais] constamment… constamment. Il n’y a pas de limite ! » L’association familiale qui lui est venue en aide l’a calculé : en 2016, la BNP lui a ponctionné plus de 3 000 € de frais pour incidents de paiement.

Être puni lorsqu’on dépense sans avoir suffisamment d’argent sur son compte n’est pas incongru en soi. C’est l’accumulation de ces frais qui pose problème : comment les prendre autrement que comme un profit facile réalisé sur le dos d’une personne fragilisée ? Où est leur justification économique ? Quelle est la vertu pédagogique dont se targuent les banques ? Ces questions se posent à la lecture des résultats de notre étude, réalisée avec l’Union nationale des associations familiales (Unaf).

L’enquête révèle d’abord que les agios et les frais d’incidents sont huit à neuf fois plus élevés pour une personne en difficulté (296 € par an, en moyenne) que pour un client lambda (34 € en moyenne). La victime type n’appartient pas forcément aux populations les plus pauvres. Elle n’est pas surendettée ni forcément bénéficiaire de minima sociaux.

Au-delà du découvert, les frais explosent

Les plus impactés par l’âpreté bancaire sont plus souvent des personnes qui travaillent (ou des retraités) et ne parviennent pas à faire face à leurs dépenses. Parmi cette population fragilisée, ceux qui perçoivent 1 000 € par mois doivent payer en moyenne 154 € de frais d’incidents par an ; ceux qui ont 2 000 € et plus par mois sont prélevés de 352 €, ce qui ne leur permet pas de s’en sortir.

Il existe des situations plus critiques : un foyer en difficulté sur cinq s’est vu prélever plus de 500 € de ces frais par an. Les difficultés financières, de très nombreuses personnes en connaissent, de manière durable ou ponctuellement…

Lionel Maugain. Économiste : Stéphanie Truquin.

Téléchargez l’intégralité de notre article et les résultats complets de notre enquête :
 

Enquête Frais bancaires
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