Swoon, le krach d’une néobanque
Plusieurs centaines d’épargnants avaient placé leurs économies dans un livret présenté comme sécurisé. Mais la banque a fait faillite.
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En mai 2019, Frédéric découvre un nouveau livret bancaire lancé par Swoon, une start-up située à Lille. La proposition a de quoi le séduire : collecter de l’argent auprès des particuliers et le prêter ensuite à des entreprises locales au taux de 5 %.
Swoon s’engage à rémunérer l’épargne à hauteur de 3 %, conserve donc 2 % et assure que l’investissement est sans risque. D’abord prudent, Frédéric constate que le rendement est au rendez-vous les premiers mois, et finit par investir 80 000 €, une grande partie de ses économies.
Swoon prêtait à des PME non financées par les autres banques
Fin juillet 2021, patatras : Swoon est placée en liquidation judiciaire. À y regarder de plus près, nous étions loin d’un traditionnel livret. La néobanque prêtait en effet l’argent des épargnants à des PME qui n’étaient pas financées par les banques traditionnelles. De quoi s’interroger sur leur capacité de remboursement…
« Des mesures de sûreté solides ont été prises », assure Me Emmanuel Riglaire. Pour l’avocat de Quentin Haddouche, fondateur de Swoon, la faillite est due à des objectifs de développement qui n’ont pas été atteints, et non au concept lui-même.
Au moins une centaine d’épargnants concernés
Frédéric a pu récupérer environ un quart de sa mise de départ, en une quinzaine de virements. Mais il y a bien d’autres victimes, dont le nombre varie d’une centaine selon Swoon à plusieurs milliers selon les épargnants rassemblés sur le forum du site spécialisé MoneyVox.
Quand Frédéric et les autres investisseurs récupéreront-ils leur mise de départ ? Pas tout de suite… « Les demandes de remboursements anticipés sont trop nombreuses face aux rentrées fixées de longue date pour être toutes satisfaites en même temps, explique Me Riglaire. J’ai un client toujours décidé à faire son maximum pour que ses clients soient remboursés, et le plus vite possible. »
Quelques conseils de prudence
Cette histoire donne l’occasion de rappeler que le terme « livret bancaire » n’a pas de définition légale ; qu’il faut toujours être prudent en présence d’une promesse de rendement net supérieur à celui du livret A ; et qu’il convient de vérifier la présence de l’intermédiaire dans les répertoires officiels (registre des agents financiers et registre de l’Orias), ce qui était le cas de Swoon.
Par ailleurs, il est fondamental de toujours bien lire le contrat (conditions générales, conditions particulières…) avant de signer. En l’occurrence, le contrat de Swoon « prévoit l’ensemble de la situation actuelle et chaque client en a accepté les conditions générales », tient à rappeler l’avocat de Quentin Haddouche.