Comparatif d’assurances pour smartphones
Protéger son smartphone contre le vol et/ou la casse est tentant. Mais les neuf contrats analysés sont loin de couvrir tous les risques.
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Les consommateurs achètent des smartphones de plus en plus chers et les distributeurs se font toujours plus pressants pour coupler la vente du téléphone à celle de l’assurance. Les ventes s’en ressentent : en 2017, selon diverses estimations, les consommateurs ont réglé entre 500 et 800 millions d’euros de primes d’assurance pour couvrir leurs téléphones portables. Ce chiffre d’affaires ne cesse de croître.
Au passage, la pression commerciale pour placer ces contrats d’assurance peut occasionner des dérapages. Sfam, un des gros courtiers du secteur, qui est par ailleurs actionnaire du groupe Fnac Darty, est l’objet d’une plainte de l’association UFC-Que Choisir. Déposée l’été dernier, elle vise des « pratiques commerciales pouvant être jugées trompeuses et agressives ».
Des contrats souscrits pour se rassurer
Souscrire l’une de ces assurances est une façon, pour certains consommateurs, de se rassurer. À tort ou à raison ? « Trop souvent, l’assuré n’est pas conscient de la portée des exclusions de son contrat, ni de la restriction des définitions des contrats », alertait le médiateur de l’assurance dans son rapport 2017. Des remarques toujours valables aujourd’hui.
Notre étude le montre. Nous avons décrypté neuf contrats. Six sont commercialisés par les vendeurs de téléphones eux-mêmes (il faut s’engager au maximum dans les deux mois qui suivent l’achat). Les trois autres contrats peuvent être souscrits après l’achat de l’appareil (jusqu’à deux à cinq ans après).
Perte, casse, eau… des restrictions
Sachez d’abord que seul le contrat Sfam, vendu par Fnac Darty, couvre la perte (avec application d’une franchise). Avec tous les autres contrats, inutile d’attendre quoi que ce soit.
À l’inverse, la casse et les dommages sont couverts par tous les contrats, mais à des degrés divers et selon les définitions propres à chacun. Ainsi, AppleCare+ inclut les batteries défectueuses et les fissures de l’écran qui gênent la lisibilité ; la MAE les bris d’écran accidentels et les dommages après agression. Mais les contrats excluent généralement toute prise en charge pour de simples « rayures, égratignures et écaillures » et pour des dommages esthétiques « ne nuisant pas au bon fonctionnement ».
> Les dégâts occasionnés par l’eau sont rarement pris en charge. Par exemple, si vous avez été surpris par une grosse averse ou avez voyagé dans un pays très humide, l’assurance vendue par SFR ne vous couvre pas. De même chez Bouygues, si cela fait suite à un « manque de précaution » de votre part – une notion dont l’interprétation peut être large… Toutefois, six contrats prévoient quelques cas où l’oxydation peut donner lieu à réparation ou remplacement de l’appareil. Les deux contrats Fnac Darty couvrent même « l’oxydation toutes causes ». Chiche !
Vol : la plupart des situations couvertes
> Le vol est la garantie principale des contrats, la plupart des situations sont donc couvertes… même si comprendre les limites exactes du contrat peut, là encore, relever du casse-tête ! La MAE, par exemple, ne veut pas entendre parler du « vol avec introduction clandestine » (commis sans effraction dans le logement que l’assuré occupe), ni du vol commis dans un véhicule fermé à clé « entre 22 h et 8 h », ni du vol à la sauvette…
Florent Pommier-Ross. Juriste : Fanny Joffrois
Téléchargez l’intégralité de notre article et les résultats complets de notre essai publié dans le n° 548 de 60 Millions (mai 2019) :