Test de comparateurs d’assurances

Nous avons testé les cinq principaux comparateurs d’assurances autos ou habitation. Utiles, mais limités.

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Un couple étudie des offres imprimées de comparateurs d'assurances
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Un couple étudie des offres imprimées de comparateurs d'assurances

Voilà déjà trois ans que les consommateurs sont libres de changer d’assureur à tout moment, que ce soit pour leur auto ou leur logement, dès lors qu’ils ont souscrit un contrat depuis un an.

En 2015, le Groupement des entreprises mutuelles en assurance (Gema) était persuadé que cette mesure de la loi Hamon avait été prise sous l’influence des comparateurs. Il avait annoncé que cette libéralisation du marché ne provoquerait pas forcément de baisse de prix.

Et les faits lui donnent plutôt raison : depuis trois ans, les primes ont augmenté de près de 9 % en habitation, surtout du fait des inondations à répétition. Les hausses ont été plus sages en assurance auto : + 4,1 % depuis 2015. Alors que l’inflation n’a pas dépassé les 3 % sur cette période.

Des assurés plus courtisés que d’autres

Se couvrir coûte donc plus cher, mais pas forcément pour tout le monde. Les assureurs font en effet un tri parmi les assurés, selon la fréquence des sinistres.

Ceux qui en ont connu plusieurs se verront imposer une hausse plus conséquente que ceux qui n’ont pas fait parler d’eux. En auto, le principe est le même, avec le bonus/malus. Et ce sont évidemment les clients ayant connu le moins d’accidents qui suscitent le plus de convoitise.

Les assureurs sont prêts à faire de gros efforts financiers pour attirer ceux qui versent leurs cotisations, mais qui ne se font jamais indemniser. Certains le montrent sur les comparateurs. En théorie, le principe du comparateur doit avantager le consommateur. Mais en assurance, les tarifs ne font pas tout.

Comparer les prix, mais aussi les factures proposées

Il faut également comparer les garanties (plafond d’indemnisation, amplitude de la couverture) ainsi que les franchises (les sommes restant à la charge de l’assuré en cas de sinistre). Et cela, les comparateurs ne le font pas toujours de manière très précise.

En 2015, le Gema déplorait que les modalités de comparaison se focalisent trop sur les prix. Selon lui, près d’un tiers des devis d’assurance provenaient, en 2014, de ces sites de comparaison, et 70 % des recherches effectuées concernaient l’automobile.

« Utiliser un comparateur permet d’économiser en moyenne 33 % par an sur son contrat d’assurance auto, à couverture égale », rétorque le Groupement des comparateurs en assurance et banque (GCAB). Pour en avoir le cœur net, nous avons donc demandé deux devis aux cinq principaux acteurs de la comparaison en ligne, l’un pour assurer un véhicule et l’autre pour assurer une habitation.

Les géants de l’assurance ne souhaitent pas apparaître  

Premier constat : les comparateurs ne couvrent qu’un nombre limité de compagnies et de mutuelles. Les géants de l’assurance sont quasiment tous absents. Axa, Macif, Groupama, Matmut, Generali, Aviva et tous les bancassureurs préfèrent encore aujourd’hui s’abstenir.

Outre leurs réserves concernant les comparateurs, ils veulent surtout éviter de concurrencer leurs propres agents ou courtiers sur le terrain. Les grands groupes sont tout de même présents via des filiales low cost (Amaguiz, qui appartient à Groupama, ou Direct Assurance, pour Axa).

Parmi le top 20 des assureurs, seul le géant allemand Allianz joue le jeu des comparateurs. Le groupe Covéa est également présent, avec ses mutuelles GMF, Maaf et MMA, mais uniquement sur Assurland.com, site qui appartient à… Covéa.

Des contrats difficilement comparables

Deuxième constat : les contrats présentés par les différents sites sont difficilement comparables dans le détail. Les polices d’assurance proposent une multitude de garanties en option, des niveaux de franchises variables et des montants de prises en charge différents.

L’utilisateur doit donc étudier toutes les couvertures proposées, lire attentivement les exclusions et analyser le niveau des franchises, ce qui peut faire baisser fortement un tarif en offrant des garanties moindres.

Troisième constat : la diversité de l’offre et la vigueur concurrentielle entre comparateurs pourraient être plus importantes. Selon notre test, seuls deux assureurs figurent dans tous les comparateurs en auto : Direct assurance et L’Olivier-assurance. Plus étonnant  : ils ressortent systématiquement en tête sur notre profil. Heureusement, les tarifs proposés diffèrent…

Une offre plus pauvre en assurance habitation

Est-il intéressant de s’adresser directement à l’assureur placé en tête dans les comparateurs pour obtenir un meilleur prix ? Pour le savoir, nous avons effectué une simulation de devis sur le site de Direct assurance, en gardant les mêmes critères.

Le montant de la facture s’élève à 491 €. C’est bien plus que l’offre des Furets (398 €) ou celle d’Hyperassur (427 €) mais équivalent à celle de Le Lynx ou d’Assurland. Le comparateurassurance.com est, quant à lui, largement au-dessus de ce qu’a proposé Direct assurance en direct (542 €), ce qui est anormal.

L’offre des comparateurs est plus pauvre en habitation, où le nombre de propositions reçues varie de 3 à 5, contre 6 à 12 en auto. Là encore, nous avons fait une simulation de devis auprès de Carrefour assurances, présent en bonne place sur la plupart des comparateurs. En direct, nous avons obtenu exactement le même tarif qu’avec Assurland et Les Furets (399 €). Une des limites des plates-formes de comparaison en multirisque habitation.

Une obligation d’information bien respectée

Quatrième constat : les comparateurs respectent bien leur obligation légale d’information et de transparence. Pour ce faire, chacun dispose d’une rubrique “fonctionnement du service”, “comment ça marche” ou “conditions d’utilisation”. Elle est facilement accessible et présente sur toutes les pages du site. Les critères de classement sont clairement expliqués, et les pages de résultats mentionnent la méthode de classement.

Les Furets, par exemple, permet de classer les résultats par prix ou par niveau de garanties. Les comparateurs doivent, en outre, indiquer s’ils ont un lien capitalistique avec l’un des professionnels référencés. Ils le font. On est ainsi prévenu que Le Lynx appartient au même groupe que L’Olivier-assurance, ou encore qu’Assurland est lié à Covéa. Les trois autres sont indépendants.

Parfois de fortes disparités entre les comparateurs

D’un point de vue économique enfin, les sites ont tous le même modèle : ils sont rémunérés par l’assureur ou le courtier si le consommateur sélectionne une offre et entre en contact avec le professionnel.

À noter qu’aucun classement étudié ne tient compte du niveau de rémunération. Attention toutefois au moment de cliquer sur une offre. Lors de la souscription, réalisée directement sur le site de l’assureur, les tarifs peuvent alors varier avec l’ajout ou la suppression d’options, l’augmentation ou la baisse des franchises, etc. Soyez donc très vigilant.

Lionel Maugain. Juriste : Fanny Joffrois

Téléchargez l’intégralité de notre article et les résultats complets de notre enquête publiée dans le n° 536 de 60 Millions de consommateurs (avril 2017) :

Test comparateurs d’assurances n° 536
Fichier PDF
Taille 325KB

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