Comment se débarrasser des chenilles processionnaires
Même à distance du nid, les poils très irritants de ces lépidoptères peuvent provoquer des conjonctivites et des réactions allergiques.
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À les voir se dandiner tranquillement les unes derrière les autres, on ne s’en méfierait pas. Pourtant, les chenilles processionnaires sont inscrites sur la liste des espèces dont la prolifération constitue une menace pour la santé humaine, dans le code de la santé publique, depuis avril 2022. Elles sont très urticantes pour l’Homme et peuvent provoquer de graves réactions allergiques, mais aussi pour les animaux domestiques.
Il s’agit de deux espèces de chenilles processionnaires : celles du pin – qui apprécient les différentes variétés de pins et plus rarement les cèdres, sapins douglas et mélèzes – et celles du chêne, essentiellement présentes sur les chênes sessiles et pédonculés. Les premières sont brunes avec des taches rougeâtres sur le dessus et les flancs, les secondes jaunâtres avec une ligne foncée sur le dos. Elles sont recouvertes de milliers de poils qu’elles libèrent dans l’air en cas de stress. En se déposant sur la peau ou les muqueuses, ils entraînent des réactions plus ou moins vives.
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Les conditions climatiques favorisent leur prolifération
Gare aux processionnaires du pin entre les mois de janvier et mai : durant cette période, elles quittent leurs nids – situés aux extrémités des banches –, pour s’enfouir sous terre où elles se transforment en papillons. Cheminant au sol, elles sont alors dangereuses. Les descentes sont plus importantes en février-mars dans les régions méditerranéennes et en mars-avril plus au nord.
Les processionnaires du chêne sont plutôt à craindre d’avril à juillet, lorsqu’elles se sont suffisamment développées. Elles ne s’enfouissent pas sous terre mais se déplacent beaucoup entre leurs nids, qui se trouvent sur les troncs ou sous les branches des chênes, et sur les rameaux où elles se nourrissent de feuillages. Il faut aussi se méfier des nids et des sites d’enfouissement abandonnés, car ils contiennent des poils pouvant rester urticants durant des années.
Auparavant présentes dans le sud de la France, les processionnaires du pin sont remontées vers le nord ces dernières décennies, du fait du réchauffement climatique, jusqu’à atteindre la région parisienne et la Normandie.
Les processionnaires du chêne se trouvent, elles, essentiellement dans la région Grand Est et le nord de la France. Et vous ne serez pas tranquille en ville ! « Les chenilles préfèrent les arbres isolés des villes ou les lisières de forêt, elles sont d’ailleurs plus dangereuses en ville puisqu’elles sont en contact avec plus de personnes », explique Jérôme Rousselet, chercheur à l’Inrae d’Orléans et spécialiste de la processionnaire du pin.
Comment se protéger ?
Éloignez-vous des chenilles en procession et restez à distance des arbres contenant des nids. Si vous avez un arbre infesté dans votre jardin, n’étendez pas de linge en dessous et lavez les fruits cueillis ou ramassés à terre. Lors de vos balades dans des forêts de pins, de janvier à mai, ou de chênes, d’avril à juillet, privilégiez les vêtements couvrants et évitez de vous frotter les yeux. Faites également attention à vos animaux de compagnie, il est préférable de les tenir en laisse au moindre doute. Une fois rentré de promenade, lavez-vous soigneusement les mains.
Que faire en cas de contact ?
Déshabillez-vous, prenez une douche et lavez vos vêtements à haute température. En cas de rougeurs, démangeaisons et douleur vive, contactez un médecin ou appelez un centre antipoison. Si les symptômes s’aggravent et que vous avez du mal à respirer, ou êtes pris de vomissements ou de fièvre, appelez le 112 ou le 15 en urgence.
« Il faut prendre le problème au sérieux mais ne pas s’alarmer outre mesure. Plus de 96 % des appels au centre antipoison le sont pour des symptômes bénins. Les cas graves représentent 2 pour 1000 personnes », rassure Jérôme Rousselet. Pour les animaux, consultez un vétérinaire le plus tôt possible. En effet, ils ont tendance, et en particulier les chiens, à lécher et manger les chenilles au sol, ce qui peut entraîner des gonflements de la gorge ou des nécroses de la langue.
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Comment s’en débarrasser ?
Plusieurs solutions existent. Attention, il est fortement recommandé d’appeler des professionnels pour traiter les chenilles processionnaires, car leurs poils urticants peuvent être disséminés sur plusieurs mètres.
• Retirer les nids un à un à l’aide d’une perche télescopique et les brûler ensuite. Cette tech nique a l’avantage d’être sans danger pour les espèces environnantes mais elle est chronophage. Difficile de l’utiliser sur une zone entièrement infestée.
• Poser des colliers à chenilles processionnaires. Coûtant une cinquantaine d’euros, ils sont faciles à poser mais n’agissent que sur les processionnaires du pin migrant vers le sol. Le collier les intercepte à ce moment-là.
• Poser des nichoirs à mésanges qui sont des prédatrices naturelles des chenilles. Une solution peu invasive mais pas efficace à 100 %.
• Utiliser des pièges à phéromones qui capturent les papillons mâles. Ils sont à poser à la fin du printemps, avant la période de reproduction. Cette technique n’est efficace qu’à 40 % et doit être accompagnée d’autres méthodes de lutte.
• Pulvériser du BTK sur les nids, en dernier recours. Il s’agit d’une solution contenant des bactéries dont la toxine va empoisonner les chenilles. Attention, ce n’est pas sans risque pour les autres insectes.
