Test de roses

Nous avons analysé en laboratoire des bouquets de dix grandes enseignes et les avons interrogées sur leurs conditions de production.

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Un fleuriste coupe la tige d'une rose
Getty Images/iStockphoto
Une fleuriste coupe la tige d'une rose

Offrir ou recevoir de belles roses est toujours un plaisir. Mais savoir d’où elles viennent et comment elles sont cultivées fait rarement partie de nos préoccupations.

Pourtant, derrière les bouquets vendus dans le commerce, il y a des ouvriers qui les cultivent, les cueillent et les préparent pour le transport (principalement au Kenya, en Éthiopie et en Équateur), dans des conditions peu “écologiquement responsables”.

Aussi, avons-nous mené des analyses en laboratoire sur des bouquets de dix grandes enseignes. Nous les avons également interrogées, via un questionnaire précis, sur les conditions sociales et environnementales de production.

Dans les roses, nous avons recherché toute une liste de substances jouant le rôle d’engrais, de fongicide, d’insecticide ou encore d’acaricide.

Le résultat est accablant : aucun bouquet n’est dépourvu de substance chimique.

De véritables cocktails chimiques


Au total, nous avons identifié 49 molécules différentes, dont des substances très persistantes dans l’environnement et des produits dangereux pour les abeilles (chlorothalonil, acétamipride, méthamidophos…).

Cela dit, toutes les fleurs ne sont pas à mettre dans le même panier. Dans le bouquet vendu par Aquarelle, nous n’avons repéré que trois substances contestables, mais autorisées en France, ainsi qu’un fongicide interdit, le dodémorphe, utilisé pour lutter contre un champignon qui blanchit les feuilles (oïdium).

Avec cinq substances, les bouquets de Florajet et 123Fleurs s’en sortent bien aussi, malgré la présence du dodémorphe pour Florajet et de trois produits interdits en France pour 123Fleurs : acéphate, carbendazime et clofentézine.

À l’autre bout du comptoir, le bouquet vendu par Au nom de la rose compte… 25 substances ! Ce cocktail comprend neuf pesticides interdits en France (dont le dodémorphe, encore). Quant à Happy et Monceau fleurs, des enseignes du groupe Emova, ainsi que Le Jardin des fleurs, elles n’ont pas de quoi se vanter avec 15 substances repérées dans chacun de leurs bouquets, dont certaines prohibées en France.
 

Des réglementations
 à géométrie variable

Comment est-il possible de retrouver autant de substances interdites dans l’Hexagone ? Premier élément de réponse : l’absence de contrôles, qu’admettent de concert le ministère de l’Agriculture et la Répression des fraudes, car, « dans l’état actuel des connaissances, il n’y a pas de risques d’exposition. La réglementation n’impose donc pas de limites de résidus pour les fleurs coupées non comestibles ».

Du côté des grossistes et des réseaux de fleuristes, la difficulté tient au fait que quelques-unes des substances interdites en France, comme le dodémorphe et le clofentézine, sont autorisées dans d’autres pays de l’Union européenne. Les pays européens sont en effet libres d’autoriser, de restreindre ou d’interdire des substances homologuées par Bruxelles.

Avant leur transport vers la France, les lots importés transitent le plus souvent par la plateforme d’Aalsmeer (Pays- Bas) et ne sont pas triés en fonction des résidus de pesticides susceptibles de s’y trouver. Si bien que des bouquets vendus sur les étals français respectent la loi de nos voisins, mais pas la nôtre…
 
Florent Pommier. Ingénieurs : Farid Bensaïd et Antoine Champion

Téléchargez la suite de notre article et nos résultats complets :
 

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