Acheter des fruits et légumes avec des tickets-restos… sous conditions
Les fruits et légumes font désormais partie de la liste des produits payables en tickets-restaurants. Enfin pas tous, pas partout et pas tout de suite… Ils doivent être «immédiatement consommables», vendus chez les détaillants agréés ou dans les grandes surfaces, qui ne sont pas encore prêtes.
Publié le
Il est possible d’acheter des fruits et légumes avec des tickets-restos, depuis le 4 mars 2010… En théorie. Dans la pratique, plusieurs conditions doivent être réunies et nombre de questions restent en suspens.
Un classement un peu délicat pour les légumes
Tout d’abord, seuls les fruits et légumes «immédiatement consommables» sont admis au paiement en tickets-restos. Si la plupart des fruits entrent dans cette catégorie, la Commission nationale des titres-restaurant (CNTR) reconnaît que, pour les légumes, le classement va être plus délicat.
Pour la pomme de terre ou le poireau qui ne peuvent pas être consommés sans cuisson, aucune ambiguïté : il sera impossible de les payer en tickets-restos. Mais que penser des carottes ? On peut les manger crues, mais doit-on les considérer comme «immédiatement consommables», sans préparation aucune ?
Un beau casse-tête en perspective
Destinées à inciter le consommateur à avoir une alimentation variée, ces nouvelles règles risquent surtout de devenir un véritable casse-tête.
Verra-t-on les distributeurs accepter un ticket, par exemple, pour une salade toute prête en sachet et le refuser pour une salade en vrac, non préparée ? À coup sûr, les producteurs vont en profiter pour développer encore plus le concept du légume tout préparé en barquette ou sous cellophane. Vive le gaspillage d’emballages !
Autre inconnue : comment le client saura-t-il si ses radis ou ses champignons sont payables en tickets-restos ? Devra-t-il attendre d’arriver en caisse pour le découvrir ?
Seuls 130 détaillants agréés actuellement
Le consommateur sera confronté à un dernier obstacle : trouver un vendeur ayant obtenu l’agrément de la CNTR. Pour cela, il lui faudra être patient.
À l’heure actuelle, seuls 130 détaillants de fruits et légumes, déjà agréés pour la vente de plats tout préparés, peuvent accepter les tickets pour l’achat de fruits et légumes. Les autres primeurs et les vendeurs sur les marchés doivent obtenir l’autorisation de la CNTR. Celle-ci a déjà reçu plusieurs demandes et pourrait accorder les premiers agréments au cours du mois d’avril.
À la caisse, c’est le code-barres qui fera sa loi
Outre les détaillants agréés, on peut se tourner vers les étals des grandes surfaces. Celles-ci sont également habilitées à accepter ce mode de paiement pour les fruits et légumes, mais doivent pour cela suivre une procédure très stricte.
Chaque enseigne doit au préalable fixer sa propre liste de produits et la soumettre à la CNTR. Seuls les fruits et légumes désignés pourront alors être payés avec des tickets-restos. Pour éviter toute dérive, le code-barres fera foi en caisse, tout comme c’est désormais le cas pour les plats tout préparés et les sandwiches. Ces formalités expliquent pourquoi les distributeurs ne sont pas encore prêts.
Usage limité du ticket-resto
La loi limite l’usage du ticket-resto, comme le rappelle la CNTR sur son site. La grande distribution, qui faisait preuve d’une grande tolérance, s’est mise en règle le 1er mars.
Du nouveau fin avril ?
Un groupe de travail, initié par la ministre de l’Économie, réfléchit à une extension de l’utilisation du ticket-resto, par exemple aux produits laitiers. Conclusions attendues fin avril.