Doudounes : les plus chères ne sont pas les meilleures

La qualité des 12 doudounes testées n’est pas corrélée à leur prix. Si toutes affichent un pouvoir isolant correct, certaines montrent des fragilités.

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Homme en doudoune faisant du stretching
Homme en doudoune faisant du stretching

Quand le mercure commence à descendre en automne ou lorsqu’il fait encore frisquet au printemps, un vêtement léger et chaud s’impose. Adoptées à l’origine pour affronter le froid rigoureux des grands espaces, les doudounes se sont vite adaptées à la ville et aux températures de mi-saison.

Articles aujourd’hui prisés, sont-elles pour autant efficaces ? Résistantes ? Nous avons testé une douzaine de modèles, six pour femme et six pour homme, choisis pour un usage citadin et des températures extérieures d’une dizaine de degrés. Leur garnissage est soit en synthétique (polyester), soit en plumes et duvet.

Nous avons notamment soumis ces doudounes à des tests de solidité. Afin de disposer du temps nécessaire, les modèles ont été achetés au printemps – raison pour laquelle certains peuvent être difficiles à trouver en rayon aujourd’hui, remplacés par d’autres plus récents. Nos résultats bousculent certaines idées reçues.

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Une échelle de prix de 15 à 280 €

Leur prix moyen est de 110 €, avec de grands écarts, puisque les tarifs s’échelonnent de 15 à 280 €. Plus surprenant, les doudounes les mieux notées à nos tests ne sont pas les plus chères, au contraire ! Des modèles pour femme à 50 €, voire moins, affichent de meilleurs scores que le modèle Pyrenex à 280 €, dont le tissu présente quelques faiblesses.

Chez les hommes, cette absence de corrélation entre le prix et la qualité est encore plus flagrante. Sur la première marche du podium se place une doudoune de Decathlon, qui n’a pas flanché lors de nos différents tests de résistance. Cet article, acheté 15 €, surclasse les vestes de marques Tommy Hilfiger et The North Face, 10 à 15 fois plus chères. La renommée des grandes marques n’est donc pas synonyme de meilleure qualité.

Comment notre centre d’essais comparatifs a-t-il procédé ?

  • Cet essai a été réalisé en partenariat avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Nous avons effectué des tests de résistance à l’abrasion des tissus extérieurs et de la doublure (50 000 cycles de frottement à sec et 20 000 en humide) et de résistance des fermetures à glissière (5 000 cycles).
  • Des tests d’arrachement par traction ont permis d’évaluer la résistance à la déchirure des tissus. Trois cycles de lavage-séchage ont permis d’évaluer d’éventuelles dégradations liées à l’entretien.
  • Les capacités d’isolation au froid et de respirabilité ont été évaluées selon la norme ISO 11092.
  • Des substances chimiques préoccupantes ont été recherchées : le formaldéhyde, des phtalates, des polychlorobiphényls, les chlorophénols, le diméthylfumarate, des métaux lourds, des retardateurs de flamme, des composés organostanniques, des isothiazolinones, des composés perfluorés (PFAS) et polyfluorés.

Des coutures qui présentent des faiblesses

L’abrasion des tissus correspond à l’usure des doudounes due aux frottements. Suite à nos essais (à sec et humide), le revêtement extérieur du modèle femme Kiabi s’est montré le plus faible avec l’apparition d’un trou en fin de test. Le modèle pour homme Tommy Hilfiger a été le plus résistant. H&M, Camaieu, Pyrenex, Zara, Uniqlo et Decathlon ont affiché de bons résultats. Pour ce qui est des tissus des doublures, tous se sont révélés au minimum « acceptables ». Patagonia se montrant le plus résistant.

Les coutures de la doudoune pour femme Kiabi sont les plus fragiles. Surtout celles liant les manches et le tronc, qui sont sanctionnées d’un « très insuffisant ». Plus de la moitié des marques obtiennent un « bon » ou « très bon » pour leur liaison manches-tronc et 10 sur 12 un « très bon » pour les coutures de leurs poches.

La résistance à la déchirure des tissus extérieurs de quatre modèles (H&M, Patagonia, Decathlon et Zara) est notée « très bon », quelle que soit la partie de la doudoune testée (tissu extérieur, doublure et poches). Les tissus extérieurs et de la doublure des modèles Pyrenex et Tommy Hilfiger, pourtant parmi les plus chers (respectivement 280 et 170 €), se montrent les plus fragiles.

La fermeture à glissière de la doudoune pour homme Uniqlo est la seule à avoir craqué avant la fin des 5 000 cycles de l’essai. Aucun autre modèle de notre échantillonnage n’a montré de dégradation notable.

Quels labels sur les doudounes ?

Logo Responsible Down Standard

Logo Traceable Down Standard

Un label relatif à l’origine des plumes et du duvet (soit RDS pour Responsible Down Standard, soit GTD pour Global Traceable Down) est affiché sur deux des doudounes testées. Ces labels portent sur le bien-être animal. Ils interdisent notamment le gavage des animaux d’où proviennent les plumes, de même que l’arrachage des plumes sur animaux vivants.

Différents labels environnementaux existent (Ecolabel européen, Ecocert textile, Oeko-Tex…). Mais il n’est pas facile de choisir une doudoune affichant l’un de ces signes de qualité : d’ailleurs, au moment de notre test, aucun modèle n’a été trouvé sur le marché.

La doudoune de l’enseigne Decathlon affiche une « note environnementale ». Il ne s’agit pas d’un label, mais d’une évaluation de l’impact au long du cycle de vie. Réalisée à partir de données publiques fournies par l’Ademe, elle est attribuée sur une échelle de A à E. Le modèle testé est noté B.

Elles subissent les affres du temps

Après lavages et séchages, certaines doudounes peuvent rétrécir… ou s’élargir ! Les modèles pour homme Tommy Hilfiger et surtout Zara ont le plus bougé, avec pour ce dernier notamment des manches un peu raccourcies et un tour de cou allongé. Dans les modèles pour femme, ce sont Pyrenex et Camaieu qui ont subi le plus de déformations.

Les vêtements Asos, Kiabi, Uniqlo et Decathlon, dont les dimensions ont peu varié, obtiennent un « bon ».

De menus changements d’aspect (perte de gonflant ou de volume, changement de teintes, froissage) sont apparus sur huit des douze modèles après les trois lavages auxquels nous les avons soumis. Mais rien de rédhibitoire. Quatre modèles, tous en garnissage synthétique (Asos, Kiabi, Decathlon et Zara), n’ont présenté aucun changement.

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Lutte contre le froid et l’humidité

Le pouvoir isolant est quasiment impossible à déterminer en magasin. Quand des informations sont indiquées, elles ne permettent pas la comparaison entre les produits. Nos essais battent en brèche une idée reçue : les doudounes avec un garnissage en plumes et duvet, matériau naturel réputé le plus efficace, ne se sont pas montrées systématiquement plus performantes que celles avec un garnissage synthétique. Une des raisons : la quantité et l’épaisseur très variables utilisées.

Les meilleurs résultats ont été obtenus par des modèles pour femme et homme avec un garnissage en polyester (« très bon » pour Asos et Tommy Hilfiger, « bon » pour Zara). Les neuf autres doudounes décrochant la note « acceptable ».

En matière de respirabilité, c’est-à-dire la capacité à évacuer l’humidité due à la transpiration, neuf des douze doudounes décrochent la note « bon ». Deux (Uniqlo et Tommy Hilfiger) celle d’« acceptable ». Seul le modèle Asos pèche ici (noté « insuffisant »).

Une bonne nouvelle pour les consommateurs : nous avons réalisé des analyses sur des substances chimiques préoccupantes, comme des phtalates, des métaux lourds ou des composés perfluorés. Aucune des doudounes analysées n’en contient.

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À retenir

  • Le prix n’est pas un indicateur de solidité. Pour preuve, les meilleurs modèles sont parmi les moins chers.
  • Le point faible le plus fréquent concerne la résistance à la déchirure : plusieurs modèles sont pris en défaut pour leur tissu extérieur et/ou pour la doublure.
  • Nos tests d’isolation ont démontré que les garnissages en fibres synthétiques pouvaient faire jeu égal, voire surpasser ceux en plumes et en duvet.

Journaliste : Pascal Nguyên. Ingénieur : Charles Babin

couverture du n° 553 de 60 Millions de consommateurs avec enquête sur les frais bancaires

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Téléchargez ci-dessous la version imprimable de notre essai, au format PDF, parue dans le n° 553 de 60 Millions :