Les victimes de la Camif passent à l’action

Plusieurs centaines de clients Camif lésés se mobilisent pour obtenir réparation. Le gouvernement les a entendus, mais sa réponse risque d’être insuffisante. Une vraie protection des consommateurs face aux faillites s’impose.

Par La Rédaction

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La colère a cédé le pas à la mobilisation et à l’action. Après l’annonce de la mise en faillite de la Camif Particuliers, les clients lésés ont décidé de s’organiser pour tenter de récupérer leur argent. Et le bouche à oreille électronique s’est révélé d’une grande efficacité : grâce aux discussions sur divers forums (notamment sur 60millions-mag.com). 1 200 personnes -au 31 octobre- se sont regroupées autour du collectif SOS Camif et du blog du même nom.

Démarches tous azimuts

La motivation des clients est à la mesure des sommes perdues par certains, parfois plus de 10 000 €. Selon les données collectées sur le blog, le préjudice des 1 200 inscrits atteindrait les 1 450 000 € !

Les démarches sont entreprises tous azimuts : déclaration de créances auprès du liquidateur, demandes d’opposition aux paiements et aux prélèvements auprès des banques, recherche des transporteurs ou fournisseurs pour essayer de récupérer la marchandise, contact avec les médias, lettres au président de la République, aux parlementaires, au tribunal de Niort, au président du groupe Camif… Une demande de commission d’enquête parlementaire a même été envoyée à une vingtaine de parlementaires.

Réponse du gouvernement dans une vidéo sur le Net

Cette forte mobilisation produit ses premiers effets, puisque le gouvernement s’est saisi du problème. Dans une vidéo diffusée sur le Net, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement et secrétaire d’État à la consommation, répond en ces termes :

«Nous avons mis en place une structure de conseil auprès de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). L’objectif est de répondre au cas par cas aux problèmes rencontrés par les consommateurs. Si vous avez payé par chèque, nous sommes en train d’essayer de bloquer ces chèques qui sont à la Camif et chez l’administrateur judiciaire. Si vous avez payé par carte bancaire, on est en train de travailler avec la DGCCRF pour faire intervenir les assurances. Et si vous avez payé à crédit, vous pouvez bloquer vos paiements, puisque le crédit est associé directement, est affecté au bien.»

À quand une vraie protection en cas de faillite ?

Faut-il pour autant crier victoire ? Rien n’est moins sûr, notamment pour les personnes qui ont déjà été débitées. En outre, concernant le paiement à crédit, les prélèvements n’auront pas lieu uniquement si le crédit est affecté au bien acheté (le bien doit être clairement mentionné dans l’offre préalable de crédit). Mais vous avez peut-être souscrit un autre type de crédit (crédit revolving ou crédit personnel). Dans ce cas, la société de crédit pourra continuer à vous prélever en toute légalité.

Au-delà de cette affaire, il devient donc urgent de réfléchir à une vraie protection pour les clients victimes de la faillite d’un commerçant.

Faut-il généraliser le principe du fonds de garantie, qui existe déjà pour les agences de voyages ? Doit-on clarifier la réglementation afin que les banques acceptent de faire opposition sur les paiements ? Doit-on obliger les transporteurs à livrer les marchandises arrivées dans leurs entrepôts ? Faut-il interdire à la société d’encaisser de l’argent après la déclaration en liquidation judiciaire ? Faut-il considérer les clients comme des créanciers prioritaires au-delà d’une certaine somme ? Les pistes à explorer ne manquent pas, M. Chatel !