Prix bloqués : les promesses un peu faciles des supermarchés

Les enseignes rivalisent de promesses pour rassurer les clients confinés dans une période où il est pourtant difficile de faire jouer la concurrence.

Par Lionel Maugain

Publié le

une personne de dos qui pousse un chariot dans un supermarché
Getty Images/iStockphoto

Pendant le confinement, les opérations commerciales continuent. Mais pas celles que l’on connaît habituellement. Pour rassurer les consommateurs inquiets d’une flambée générale, plusieurs grands distributeurs se sont engagés à geler certains prix.

4 000 prix bloqués chez E.Leclerc…

Les centres E.Leclerc ont dégainé les premiers. Avec le slogan « On a tous un rôle à jouer », le leader des grandes surfaces promet de bloquer les prix de plus de 4 000 références vendues sous ses marques propres (« Marque repère »).

La liste détaillée compte 3 000 articles alimentaires et un millier en hygiène et cosmétiques. Les prix, relevés entre le 10 et le 16 mars, sont en principe figés jusqu’à la fin du confinement.

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De plus, le distributeur a créé le « ticket Leclerc solidaire » pour soutenir les filières agricoles. Il prévoit d’accorder 20 % de remise sur une sélection de produits frais français. À noter que cette ristourne est financée par l’enseigne – et non par les fournisseurs comme c’est le cas d’habitude.

… et 10 000 chez Intermarché. Qui dit mieux ?

Dans la foulée, Intermarché a frappé encore plus fort, en annonçant bloquer le prix de 10 000 produits jusqu’au 15 mai. Cette opération touche près des deux tiers de l’assortiment alimentaire des Mousquetaires, dans leurs 1 500 points de vente.

Pour beaucoup, cette période de confinement est synonyme d’explosion du montant des courses. @intermarche  l’a bien compris. Afin d’aider ses clients, l’enseigne bloque le prix de 10000 produits.

Cette fois, certaines grandes marques sont concernées. De plus, Intermarché met en avant des produits issus de l’agriculture ou de la pêche françaises « au prix de vente minimum légal ».

Carrefour, Lidl et Casino entrent dans la danse

Le 6 avril, Carrefour s’est lui aussi engagé à figer les étiquettes dans ses hypers et ses supermarchés sur « 500 prix imbattables », des produits de grandes marques pour lesquels l’enseigne prétend être la moins chère.

Les prix en vigueur au 6 avril ne devraient donc pas augmenter, sauf, précise l’enseigne, hausse du prix par les fournisseurs ou évolution réglementaire.

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Quant à Casino, il a bloqué ses prix sur « 700 produits essentiels » portant sa propre marque, jusqu’à la fin du confinement. La liste est consultable sur le site de l’enseigne.

Enfin, Lidl a également bloqué des prix depuis le 9 avril avec ce slogan : « Parce que cela compte beaucoup pour vous, vous pouvez compter sur nous. » Les 1 500 références alimentaires du distributeur allemand, dont certaines marques nationales, sont concernées jusqu’au 15 mai. Sont en revanche exclus les fruits et légumes et les produits frais.

Déjà des hausses de prix sur d’autres produits

Évidemment, ces engagements peuvent rassurer le consommateur. Mais ils présentent un risque. Les prix des produits non concernés par les blocages pourraient grimper bien plus haut qu’ils ne le devraient.

La tentation de se rattraper sur le rayon frais et celui des fruits et légumes est grande : certains clients signalent déjà des hausses de prix.

Surtout, le blocage des prix est une bien modeste contribution, les grandes surfaces alimentaires raflant une énorme mise en ces circonstances si exceptionnelles.

Les supermarchés en situation de quasi-monopole

Les consommateurs sont déjà fortement incités par les autorités à se rendre dans le magasin le plus proche, ce qui constitue en soi une restriction de concurrence inédite.

Ajoutons à cela la fermeture de la plupart des marchés de plein air et celle de tous les restaurants commerciaux et collectifs, qui contraignent les Français à s’approvisionner en magasin pour tous les repas.

Hypers et supermarchés bénéficient également d’un monopole de circonstance sur la vente des produits non alimentaires, dont la plupart ne sont pas disponibles ailleurs depuis le 17 mars, sauf sur le Web.

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Explosion des ventes dans les grandes surfaces

Résultat : du 16 au 22 mars, les ventes dans les grandes surfaces ont bondi de 30 % selon Nielsen, par rapport à la même période de 2019. Ce qui fait plus d’un milliard d’euros de recettes supplémentaires uniquement pour cette semaine-là ! Du 6 au 12 avril, la hausse était encore de 17 % par rapport à la même semaine de 2019.

Oui, c’est vraiment une bien modeste contribution…