À quand la baisse des prix ?
Bientôt, les distributeurs et fournisseurs pourront librement négocier sur le prix des produits. Mais la mesure ne concerne ni les marques de distributeurs ni les premiers prix. Pourtant, ce sont eux qui ont le plus augmenté…
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En juin, les prix en grande surface ont continué d’augmenter… mais moins vite. C’est le constat dressé par la Direction générale de concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) le 23 juillet. Même si aucune baisse significative globale n’a été enregistrée, «des diminutions de prix sur certains produits viennent dans l’ensemble compenser des hausses persistant sur d’autres produits», explique la direction, qui s’appuie sur l’indicateur LSA-Nielsen. Restent quelques mauvais élèves : les pâtes et le riz qui ont augmenté de 0,76 % entre mai et juin ou encore les assaisonnements et les condiments qui ont progressé de 1,12 % en un mois.
Ce ralentissement de la hausse des prix est plutôt une bonne nouvelle. Mais à quand la baisse ? Le gouvernement veut y croire, avec l’adoption définitive de la loi de modernisation de l’économie (LME) le 23 juillet. Il mise, en particulier, sur la "libre négociabilité" des prix entre fournisseurs et distributeurs.
Désormais, les distributeurs pourront négocier librement avec les fournisseurs le prix de vente des produits. Jusqu’à présent, la négociation ne s’effectuait pas sur le prix de vente mais sur les fameuses "marges arrière", ces prestations de service facturées par le distributeur pour la mise en avant des produits et responsables de la surévaluation du prix de vente au consommateur. Les pouvoirs publics espèrent que la mesure va permettre de relancer une véritable concurrence et donc une baisse des prix… des grandes marques.
Car le gouvernement oublie de préciser que cette négociation ne concerne, évidemment, ni les marques de distributeurs ni marques premiers prix. Or, sur un an, on s’aperçoit que ce sont elles qui ont le plus augmenté : entre juin 2007 et juin 2008, la hausse atteint 6.06 % pour les produits vendus sous marque de distributeurs et 3.94 % pour les premiers prix contre seulement 3.54 % pour les grandes marques.
Il faudra trouver autre chose dans la LME pour que les familles les plus modestes retrouvent du pouvoir d’achat.
pour aller plus loin
[[asset:image:2113 {« mode »: »full », »align »:null}]]Retrouvez notre analyse sur l’envolée des prix entre novembre 2007 et février 2008 dans notre dossier "La liste noire des prix qui flambent", publié dans 60 millions de consommateurs, n°425, mars 2008.