Isoler sa maison efficacement : les étapes à respecter
Par le toit, l’intérieur, l’extérieur… Réduire les déperditions thermiques de son logement ne s’improvise pas. Nos conseils pour un résultat optimal.
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L’isolation des murs extérieurs se trouve aujourd’hui dans une situation paradoxale. Alors que cette technique figure parmi les gestes de rénovation énergétique les plus efficaces pour améliorer les performances thermiques d’un logement, elle ne bénéficiera bientôt plus de sa subvention si elle est réalisée seule. En effet, un décret du 8 septembre 2025 exclut l’isolation des murs de la liste des travaux éligibles à MaPrimeRénov’ « monogestes » à partir de 2026. Autrement dit, seules les isolations des murs réalisées dans le cadre de rénovations d’ampleur – dont les aides ont été suspendues jusqu’au 30 septembre 2025 – continueront à bénéficier du dispositif.
Dans ce contexte d’incertitude, seule l’isolation des combles et du sol resterait maintenue dans le dispositif MaPrimeRénov’ « monogestes », ces travaux étant jugés plus prioritaires par les pouvoirs publics. Une hiérarchisation qui interroge sur la cohérence globale des politiques de rénovation énergétique, alors que l’isolation des murs peut représenter jusqu’à 25% des déperditions thermiques d’une habitation.
Cette évolution réglementaire rend d’autant plus crucial le choix d’une approche méthodique et éclairée pour tout projet d’isolation des murs extérieurs, qu’il s’agisse d’identifier les bons professionnels, de choisir les matériaux adaptés ou d’éviter les pratiques commerciales douteuses qui prolifèrent sur ce marché.
Un audit énergétique avant toute décision
Lorsqu’on se lance dans une rénovation énergétique, l’isolation thermique est le premier poste de travaux à effectuer, avant même d’envisager un changement du système de chauffage.
Première étape : recenser les principaux points de déperdition thermique de votre habitation. Pour cela, il faut faire appel à un bureau d’études thermiques pour réaliser un audit énergétique. Car la réponse « dépend des éléments architecturaux, structuraux, de la position du logement, seul ou mitoyen », indique Étienne Marx, ingénieur thermicien à l’Agence de la transition écologique (Ademe). Mais aussi de l’année de construction.
Si votre maison a été construite entre 1948 et 1974, et qu’aucuns travaux n’y ont jamais été effectués, la rénovation sera sans doute importante. Lors de cette période, où l’énergie était abondante et plutôt bon marché, on a construit massivement sans se soucier de l’isolation, jusqu’au choc pétrolier en 1973 et à la première réglementation thermique l’année suivante.
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30 % de la chaleur part par le toit
Dans ce type de logement, le toit est responsable de 25 à 30 % des pertes de chaleur, les murs de 20 à 25 %, le renouvellement de l’air et les fuites (cheminée, hottes, gaines électriques) de 20 à 25 %, les fenêtres entre 10 et 15 %, les planchers bas de 7 à 10 % et les ponts thermiques (essentiellement les jonctions entre la toiture et/ou le plancher et les murs, ou entre les murs et les fenêtres) de 5 à 10 %.
Si c’est votre cas, le toit est alors le poste à prioriser. C’est en outre le plus simple à isoler : « Si on est en combles perdus, il suffit de souffler de la laine de verre ou de la ouate de cellulose », affirme Damien Hochard, du bureau d’études thermiques ThermiConseil. Le coût est relativement faible, autour de 40 €/m².
Isoler par l’extérieur coûte deux fois plus cher
Si c’est plutôt au niveau des murs que réside le plus gros des travaux, idéalement, il faudrait les coupler avec le changement de fenêtres. Deux options sont alors envisageables : l’isolation par l’intérieur et l’isolation par l’extérieur.
L’isolatiàon par l’intérieur est à privilégier lorsqu’il s’agit d’un bâtiment ancien ou classé dont on ne peut pas modifier la façade. Elle est aussi quasiment deux fois moins chère que l’isolation par l’extérieur. « Au mètre carré, pour l’intérieur, on atteint 90 à 100 € en isolant classique, voire 130 à 140 € pour un isolant biosourcé, contre environ 200 € pour l’extérieur », précise Damien Hochard.
Mais lorsqu’elle est possible, l’isolation par l’extérieur présente des avantages malgré son prix plus élevé. Elle évite d’empiéter sur l’espace habitable et assure une meilleure gestion des ponts thermiques (les jonctions entre deux isolants), en particulier dans le cas d’une maison à plusieurs étages. Et cela, grâce à la présence d’un même isolant sur toute la façade.
Attention au type d’isolant pour obtenir les aides
Les isolants sont constitués de matériaux minéraux, biosourcés ou synthétiques. Ils doivent répondre aux obligations de résistance thermique fixées par la réglementation pour pouvoir être éligibles aux aides. Variable selon les postes de travaux, ce coefficient, qui mesure la capacité de l’isolant à résister au flux de chaleur, est de 3,7 m² K/W (kelvin par watt) pour l’isolation intérieure, 4,4 pour l’isolation extérieure, 6 pour les rampants de toiture (les parties inclinées) et 7 pour les combles perdus.
« Nous poussons plutôt vers les isolants biosourcés », indique Damien Hochard. Ils ont l’avantage d’être écologiques et bien adaptés aux matériaux qui ont besoin de respirer, comme la pierre. « Généralement plus denses, ils ont aussi plus d’impact en termes de déphasage thermique [le temps pour la chaleur de passer au travers, NDLR] », selon Étienne Marx. Utile en période de fortes chaleurs. Leur principal inconvénient demeure leur prix, en majorité plus élevé que les autres isolants : entre 18 et 90 €/m², pose incluse, pour la laine de bois par exemple, contre de 15 à 50 € pour le polyuréthane.
Laine minérale ou polystyrène pour les petits budgets
Pour des budgets plus limités, les laines minérales (de verre ou de roche) restent le meilleur rapport qualité/prix : entre 17 et 34 €/m², pose incluse. Si elles protègent du froid l’hiver, elles sont en revanche inefficaces contre la chaleur de l’été.
Enfin, dans une gamme de prix plus ou moins similaire, un isolant synthétique comme le polystyrène fonctionne très bien également, mais attention à son imperméabilité, qui empêche les murs de respirer. Quel que soit votre choix, refaire l’isolation de son habitation demeure un investissement : entre 50 000 et 60 000 € pour la rénovation globale d’une maison de 100 m². Le prix à payer pour un meilleur confort de vie et une facture d’électricité allégée.