La lampe basse conso qu’il vous faut
Fluocompactes, leds et halogènes remplacent désormais les ampoules classiques à incandescence. Mais que ce soit en termes de prix, de performances ou de qualité de lumière, toutes ne se valent pas. 60 Millions vous aide à vous y retrouver.
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Introduction
Trop gourmandes en énergie, les lampes à incandescence classiques ne brilleront bientôt plus. Il ne reste actuellement dans les rayons que les ampoules de 25 watts, qui bénéficient d’un ultime sursis jusqu’au 31 décembre 2012.
En remplacement, on nous propose essentiellement des lampes fluocompactes, lesquelles consomment quatre à cinq fois moins d’énergie mais traînent une mauvaise réputation : lumière trop froide, retard à l’allumage, mauvaise adaptation pour certains usages, rejets polluants…
La puissance n’est plus le seul critère d’achat
D’autres types de lampes sont également disponibles dans les magasins : les leds, très résistantes, et les halogènes « haute efficacité », qui diffusent une lumière de qualité. Mais elles n’ont ni les mêmes performances, ni la même durée de vie, ni la même consommation d’énergie que les fluocompactes. Les prix, eux, font le grand écart : si l’halogène se vend à partir de 2 €, comptez plutôt une dizaine d’euros pour une fluocompacte et jusqu’à 30 € pour une led. De quoi déstabiliser le consommateur…
Par ailleurs, on ne choisit pas une lampe basse consommation comme une ampoule classique : il faut tenir compte de l’usage qu’on veut en faire, et plus seulement de sa puissance.
Avec ce guide, nous vous aidons à bien choisir votre fluocompacte en décryptant les logos qui figurent sur son emballage. Nous y dressons aussi la liste des avantages et des inconvénients des différents types d’ampoules basse conso, et nous faisons le point sur les questions de sécurité.
Dans son n° 464 d’octobre 2011, 60 Millions de consommateurs a publié un essai portant sur 14 lampes basse consommation. Performances à neuf, performances après vieillissement, résistance mécanique y sont détaillées, ainsi que le bilan économique sur dix ans par rapport à l’utilisation de lampes classiques équivalentes. Retrouvez-en tous les résultats dans la version papier ou numérique du magazine.
D’après un article de Thomas Laurenceau publié dans le n° 464 de « 60 Millions de consommateurs » (octobre 2011).
Choisir son ampoule fluocompacte
Quelle puissance d’éclairage ?
Oubliez les watts, pensez en lumens (lm) ! Autrement dit, ne cherchez pas à savoir combien une lampe consomme, mais combien elle éclaire. Une lampe de 400 à 500 lm équivaut à une ampoule classique de 40 W. Comptez environ 750 lm pour remplacer une 60 W, et 1400 lm pour remplacer une 100 W.
Souvent, les fabricants de lampes basse consommation indiquent une équivalence approximative en watts. Il s’agit en fait de la puissance électrique que consommerait une ampoule classique ayant un même flux lumineux (un même nombre de lumens) que la lampe fluocompacte en question.
Tableau des équivalences entre consommation électrique et flux lumineux d’une ampoule classique

Quel rendu des couleurs ?
Longtemps, les lampes fluocompactes – qui ne sont que la version compacte des bons vieux tubes fluo – ne savaient éclairer que d’une lumière blanche, froide et crue. Désormais, vous pouvez choisir votre modèle en fonction de l’ambiance souhaitée. Sa température de couleur s’exprime en kelvins (K). Plus elle est élevée, plus la lumière est blanche, voire bleutée.
Avec 2700 ou 3000 K, vous aurez l’ambiance chaleureuse d’une incandescente. À privilégier pour le salon, la chambre ou encore le bureau.
Avec 5000 ou 6000 K, la lumière est plus dynamique (et plus proche de la lumière du soleil au zénith), mais plus froide. Vous opterez plutôt pour cette température dans la cuisine, la salle à manger ou la salle de bain.
Quelle rapidité d’allumage ?
Même s’il est toujours désagréable d’attendre que la lampe chauffe pour donner toute sa lumière, l’importance de ce critère varie selon les pièces. L’étiquette indique le temps nécessaire pour que la lampe apporte 60 % de la valeur maximale du flux lumineux. Dans l’exemple ci-contre, il faudra attendre jusqu’à 1 min 40.
Quelle durée de vie ?
Les fabricants annoncent souvent la durée de vie en années, sachant qu’une « année » pour eux correspond environ à 1 000 heures de fonctionnement. Pour les fluocompactes, comptez entre 6 000 et 15 000 heures de vie. En règle générale, plus la durée de vie annoncée est élevée, plus chère sera la lampe. Mais à terme, cela sera plus économique… si les promesses sont tenues.
Combien d’allumages ?
Attention : la lampe peut lâcher bien avant la durée indiquée sur l’étiquette, car sa longévité dépend beaucoup du nombre d’allumages possibles. Une lampe ne supportant que 5 000 allumages ne sera pas adaptée à une pièce de passage – un couloir, une cage d’escalier… Il en existe maintenant revendiquant jusqu’à 250 000 allumages.
Quelle teneur en mercure ?
Toutes les lampes fluocompactes contiennent du mercure, métal très toxique et polluant. Privilégiez celles qui en sont le moins chargées. La limite actuelle est de 5 milligrammes (mg) par lampe. Dans l’exemple ci-contre, la quantité de mercure est inférieure à 3 mg (les lettres « Hg » sont le symbole chimique du mercure).
Pour quels usages ?
Les lampes fluocompactes ne sont pas adaptées à tous les usages. Ainsi, elles supportent assez mal les variateurs de puissance. Un logo identique à l’image reproduite ci-contre mentionne cette incompatibilité. Lorsqu’elles sont utilisables avec un variateur, cette spécificité est précisée sur l’emballage.
Par ailleurs, elles s’accommodent mal de conditions difficiles, telles que l’humidité et les basses températures : évitez de les utiliser sur une terrasse, dans un jardin ou un garage mal isolé.
Enfin, dans les endroits où l’allumage et l’extinction sont fréquents, par exemple les couloirs et les escaliers, ne choisissez pas la première fluocompacte venue : vérifiez qu’elle soit suffisamment rapide à l’allumage et que le nombre d’allumages annoncé soit assez élevé.
Leds et halogènes : les alternatives
Les leds, encore trop chères
Les lampes à diodes électroluminescentes (leds) consomment 90 % d’énergie en moins que les lampes à incandescence et sont increvables (20 000 à 50 000 heures de fonctionnement). Côté déco, elles ne manquent pas non plus d’atouts et se déclinent sous de multiples formes : spots et ampoules, mais aussi rampes, dalles de plafond, bandes autocollantes et souples…
Mais elles ne sont pas exemptes de défauts : on leur reproche un éclairage froid, une diffusion trop axiale de la lumière, une puissance limitée, une association limitée avec les variateurs…
Aujourd’hui, plusieurs fabricants assurent avoir fait des progrès. Philips annonce que ses leds peuvent éclairer comme des lampes à incandescence de 60 W, tout en maintenant une lumière « naturelle » grâce à un bon indice de rendu des couleurs et à la possibilité de choisir une ambiance « froide » ou « chaude ».
L’angle de diffusion de sa gamme « My Ambiance », par ailleurs compatible avec des variateurs, atteindrait désormais les 120 degrés, contre seulement 30 degrés au début de l’année 2010…
Mais cela a un prix toujours élevé : l’ampoule led 9 W de Philips revient à 30 € l’unité ! Chez Osram, ce n’est guère mieux : la Ledstar 8 W s’achète entre 21,50 et 25,50 € ; et pour ce prix, vous ne pourrez pas jouer du variateur. On vous laisse imaginer la note si vous devez équiper toutes vos pièces de passage, de l’entrée à la salle de bains en passant par les toilettes…
/equipement-maison/rappel-produitons aussi qu’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a mis en garde contre les risques de certaines leds pour les enfants et les personnes souffrant du cristallin ou prenant des médicaments photosensibilisants, en raison de la lumière trop bleue de ces lampes.
Un affichage clair des risques s’impose, voire une interdiction des références les moins sûres. En attendant, on peut toujours préférer aux spots les ampoules opaques, qui diffusent le faisceau émis par les diodes.
Les halogènes, encore trop voraces
Les lampes halogènes dites « haute efficacité », qui ressemblent fort aux bonnes vieilles ampoules classiques, émettent une lumière de qualité, s’allument instantanément, sont adaptées aux variateurs et, comme les leds, résistent aux températures les plus fraîches.
Leur atout principal est surtout leur prix : à partir de 2 € pièce. En choisissant des halogènes haute efficacité au détriment des leds, vous économiserez autour de 100 € pour l’achat de quatre lampes…
Mais ce gain est à relativiser en raison d’une durabilité bien moindre (entre 2 000 et 5 000 heures) et d’une consommation encore élevée (seulement 30 % de moins qu’une incandescente classique). D’ailleurs, la plupart de ces lampes relèvent des catégories énergétiques C, voire D, qui seront interdites à la vente en 2016.
On commence à trouver sur Internet des lampes halogènes de classe B qui, elles, pourront être commercialisées après 2016. Elles sont encore chères (entre 11 et 14 € l’unité pour la Philips Master classic de 30 W), ce qui limite leur intérêt. Mais si leurs prix venaient à baisser, elles pourraient bien jouer les trouble-fête dans le match qui oppose les fluocompactes aux leds. Même si elles sont les plus énergivores.
Le point sur la sécurité
La Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) a adopté un avis au début de l’année 2011 dans lequel elle fait le point sur la réglementation et liste un certain nombre de recommandations en matière de risques liés à l’utilisation des lampes fluocompactes.
Mercure : gare à la casse
Le mercure, métal très toxique et polluant, est indispensable au fonctionnement des lampes fluocompactes. Si la lampe se brise accidentellement, elle libère des vapeurs de mercure, surtout lorsqu’elle est chaude. Dans les dix minutes qui suivent, les teneurs peuvent, dans certains cas, dépasser µ20 g/m3 ; elles redescendent ensuite très vite. Il reste – juste ! – aux autorités françaises ou européennes à déterminer quels sont les seuils de concentration acceptables, notamment pour des expositions courtes et pour les jeunes enfants. Il existe un seuil défini par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mais il a été fixé pour des expositions prolongées.
En attendant qu’il y ait une règle claire, la CSC recommande, en cas de bris :
– de quitter la pièce en l’aérant ;
– de ramasser les débris à l’aide de gants et de papier ménager (ni aspirateur, ni balai, pour éviter de mettre en suspension des particules de mercure) ;
– de les placer dans un sac en plastique et de les apporter, comme les lampes fluocompactes usagées intactes, dans un point de collecte adapté. Certains d’entre eux indiquent qu’il ne faut pas déposer de lampes cassées, mais, à notre sens, cela reste malgré tout le meilleur endroit où les jeter.
Rayonnements : une distance de précaution
Cette fois, un seuil existe : dans la gamme de fréquences correspondant à l’émission des lampes fluocompactes, un décret du 3 mai 2002 limite la valeur du champ électrique à 87 volts par mètre. Au-delà de 30 cm de distance de la lampe, ce seuil n’est jamais atteint.
En deçà, le bât blesse : à moins de 30 cm, il devient très difficile de réaliser des mesures probantes. « Cela ne signifie pas qu’il y a automatiquement danger en dessous de 30 cm, avertit Jean-Luc Guerquin-Kern, membre de la CSC. Cela veut dire qu’on entre dans une zone de flou, où la notion de sécurité ne peut plus être garantie. »
C’est ce qui a motivé la CSC à reprendre les conseils formulés par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) en 2010 : en cas d’utilisation prolongée, il est préférable de se maintenir à une distance minimale de 30 cm d’une lampe fluocompacte, en particulier si l’on est porteur d’un dispositif médical implantable (pacemaker, par exemple). Par précaution.
[[asset:image:2258 {« mode »: »full », »align »:null}]] Retrouvez les résultats de notre essai de quatorze lampes fluocompactes dans le n° 464 de 60 Millions de consommateurs (octobre 2011).