Matelas : notre comparatif pour bien le choisir

Le matelas est un produit difficile à choisir. Nous avons testé le confort et la durabilité de dix modèles de grandes marques. Tous ne se valent pas.

Par Florent Pommier

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Une femme touche un matelas dans un magasin
Getty Images/iStockphoto
Une femme touche un matelas dans un magasin

Il est toujours conseillé d’essayer plusieurs matelas en magasin avant de se fixer sur un modèle – le confort et le niveau de fermeté ou de souplesse relevant de l’appréciation personnelle. Pour autant, tout n’est pas subjectif : nos essais, qui reposent sur de solides épreuves techniques, sont à même de vous aiguiller dans votre choix. Certains modèles, en effet, sont bien meilleurs que d’autres.

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Pour pouvoir comparer, nous avons choisi de tester des matelas annonçant tous un soutien ferme, conjugué à un accueil souple. Il s’agit de matelas pour deux personnes, mesurant 140 x 190 cm pour neuf des dix produits testés. Ce format est le plus vendu en France, malgré une augmentation des ventes des formats 160 x 190 cm (près d’un tiers du chiffre d’affaires, désormais) et même des 180 x 200 cm.

Notez que dans notre essai, le modèle Ikea a un format atypique. Ses dimensions sont de 140 x 200 cm, ce qui oblige à s’équiper de toute une panoplie de nouveaux draps…

En un coup d’œil

  • Bonne nouvelle, il n’y a pas de lien entre la matière principale du cœur du matelas et la résistance du modèle : on peut trouver des matelas performants et résistants dans toutes les matières.
  • Pour le confort, il faut se fier à ses sensations.
  • Les personnes sujettes à la transpiration se tourneront vers le latex naturel.
  • Le secteur a tendance à gonfler artificiellement les prix pour afficher des réductions mirobolantes. Surveillez-les pendant quelques semaines avant l’achat pour éviter de vous faire flouer.

Trop de promotions souvent illusoires

Les prix s’échelonnent de 400 à 650 €, mais il a été bien difficile de retenir un prix indicatif pour chaque modèle, tant les vendeurs lancent des promotions souvent illusoires pendant une bonne partie de l’année.

Deux matelas sur trois sont commercialisés avec des prix barrés (!), selon l’Institut de prospective et d’étude de l’ameublement (Ipéa). Pas étonnant que les études d’opinion soulignent la perte de repères des consommateurs français : ils ne savent plus vraiment combien coûte un bon matelas…

Alors, sachez-le, pour une somme de 400 à 650 €, il est possible de dormir confortablement ! Comme nous conseillons de remplacer sommier et matelas en même temps (pour que leurs effets se complètent), calculez précisément le prix de l’un et de l’autre avant de vous décider. Attention, de grandes chaînes gonflent artificiellement les prix de l’ensemble avant d’afficher des réductions qui paraissent énormes !

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Les éléments à vérifier avant d’acheter

Pour choisir le matelas de vos nuits rêvées, commencez par examiner quelques critères. D’abord, la matière. Les personnes transpirant la nuit choisiront le latex naturel, qui procure une excellente aération. Méfiez-vous, en revanche, du latex synthétique.

La mousse et les ressorts sont les matériaux de “l’âme” (le cœur du matelas) le plus couramment proposés par les fabricants. Les mousses en polyuréthane (PU), dites à haute résilience, sont les plus qualitatives et offrent un bon soutien au corps.

En principe, plus la densité est forte, meilleur est le confort, et plus le matelas aura une longue durée de vie. Pour un usage quotidien, la densité optimale se situe entre 35 et 50 kg/m3. En dessous de 35 kg/m3, le matelas peut convenir pour un usage ponctuel ou une chambre d’amis, avec des risques de mal de dos plus importants.

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Des ressorts ensachés pour dormir à deux

Les ressorts procurent une meilleure ventilation que la mousse. Toutefois, les ressorts basiques ont l’inconvénient de répercuter les mouvements de la personne dormant avec vous. Privilégiez les ressorts “ensachés” (chaque ressort est enfermé dans une pochette de tissu) qui règlent la question.

Et que vaut le caractère réversible du matelas ? La plupart des modèles testés sont équipés d’une face hiver et d’une face été. La distinction relève parfois d’une simple astuce marketing : la composition des deux plateaux est similaire ou très approchante sur les modèles Merinos et Bultex – une déception ! À l’inverse, Duvivier ajoute un nappage soie sur la face hiver et Epeda une couche de laine.

Certains matelas ont l’avantage d’être déhoussables, ce qui permet de laver la housse de protection.

Avez-vous remarqué la présence de biocides ?

Difficile d’échapper à la présence de biocides, des produits destinés à lutter contre les acariens ou les champignons. Leur présence doit être obligatoirement indiquée sur une des étiquettes, avec le nom précis de la substance. Un point à vérifier avant votre achat, si vous connaissez les molécules qui déclenchent chez vous une allergie…

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Certains matelas perdent plus de hauteur et de dureté

À l’issue de l’épreuve des rouleaux simulant le vieillissement, nous avons noté de petites différences de pertes de hauteur de matelas : entre 0,1 mm sur le Nightitude et 2 mm sur l’Epeda. La perte de dureté est bien plus flagrante : entre – 0,7 % sur le Nightitude et – 21 % sur le Bultex.

L’enfoncement du matelas se mesure aussi avec précision : entre 2 et 3 mm pour Emma, Maison de la literie et Ikea (bravo !) ; 9 mm sur le Bultex (honorable) et presque 12 mm sur le Duvivier – qui, cependant, conserve une bonne dureté.

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Poids plume ou corpulent : le soutien n’est pas le même

Les poids plume sont parfois mal à l’aise sur un matelas ferme à très ferme, car ils ne se sentent pas soutenus. Les personnes en surpoids peuvent, au contraire, se sentir engoncées sur un matelas trop souple ou à mémoire de forme peu ferme.

Selon nos mesures, les modèles Bultex, Epeda et Duvivier peuvent faire ressentir de l’inconfort aux personnes les plus légères. Pour ce type de corpulence, privilégiez Emma ou Maison de la literie, qui offrent une répartition des pressions plus homogène.

Pour le sommeil des personnes de corpulence moyenne, quatre modèles sortent du lot : Emma, Maison de la literie, Dunlopillo, Nightitude. Enfin, pour les plus corpulents, nous recommandons les matelas Emma, Maison de la literie, Merinos et Duvivier.
 

Certains modèles résistent mieux au feu

Nous avons également mené des essais de conformité sur la résistance au feu. L’incorporation de substances chimiques (les retardateurs de flamme) ou le façonnage (des coutures serrées pour limiter la vulnérabilité de l’âme) sont deux méthodes courantes.

Au contact d’un mégot de cigarette puis d’une flammèche de type allumette, cinq références se sont comportées avec brio (Emma, Maison de la literie, Dunlopillo, Nightitude, Duvivier). Les cinq autres sont vulnérables plus rapidement au contact de la flammèche.

Journaliste : Florent Pommier. Ingénieur : Emmanuel Chevallier

Le choix de 60

Le plus performant : Maison de la literie First – 15/20 – 630 €
Ce matelas en mousse a beaucoup d’atouts, notamment sa bonne durabilité. Il s’adapte à toutes les corpulences. L’inconvénient principal est son prix, relativement élevé. Sachez enfin qu’il n’est pas réversible hiver-été.

Bon rapport qualité-prix : Conforama Nightitude Délice – 14,5/20 – 400 €
Pour 400 €, ce modèle à ressorts avec une fine couche de mousse à mémoire de forme est en tête du test de performance et de durabilité, et ce même si sa première mousse s’affaisse un peu.

Comment notre centre d’essais a-t-il procédé pour comparer les matelas ?
Des mousses de matelas comprimées
Déformation des éléments

Nous avons mesuré la déformation après compression de chaque élément du matelas, ce qui nous a permis de juger du maintien de la hauteur de la première mousse. Photo : REA/60m/Gilles Rolle

Un rouleau compresse un matelas
Perte d’épaisseur et de dureté

Notre centre d’essais a simulé le vieillissement des matelas, tout d’abord avec un rouleau pesant 140 kg pendant 30 000 cycles. Photo : REA/60m/Gilles Rolle

Un compresseur fessier compresse un matelas
Perte d’épaisseur et de dureté

Après le rouleau, les matelas ont subi un autre test de vieillissement par un compressant imitant… un fessier. Et ce pendant 5 000 cycles ! Photo : REA/60m/Gilles Rolle

Une femme applique une flamme sur un matelas
Conformité de résistance au feu

Nous avons aussi testé la résistance des matelas au feu, par le contact d’une flammèche et d’un mégo de cigarette. Photo : REA/60m/Gilles Rolle

Une femme est allongée sur un matelas
Répartition des pressions

Le confort étant l’un des premiers critères de choix, nous avons mesuré la répartition des pressions et des poids sur le matelas en utilisant des mannequins de corpulence faible (145 cm et 45 kg), moyenne (175 cm et 75 kg) et forte (195 cm et 100 kg). Photo : REA/60m/Gilles Rolle

Téléchargez ci-dessous la version imprimable de notre essai, au format PDF, parue dans le n° 555 de 60 Millions :

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