Test comparatif de sèche-linge
Que penser des nouveaux sèche-linge avec pompe à chaleur ? Sont-ils aussi efficaces que les autres ? Réponse avec cet essai comparatif de 12 modèles.
Publié le
À lire aussi : notre nouveau test de sèche-linge publié dans le numéro d’octobre 2020 de 60 Millions.
Proposés à des prix dépassant parfois 1 000 €, les sèche-linge représentent un investissement important pour les ménages et peuvent, à l’usage, se montrer très énergivores. Désormais, sont commercialisés des appareils équipés de pompe à chaleur, réputés plus sobres. Ils arrivent en tête de notre essai, coréalisé avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Mais ils sont aussi plus chers à l’achat. Alors, pour quel équipement faut-il opter ?
À LIRE AUSSI >>> Notre essai comparatif de 11 lave-linge
Tout d’abord, il est primordial de déterminer le type d’appareil que vous pouvez installer dans votre logement. Impensable d’acheter un sèche-linge à évacuation, si l’on ne possède pas chez soi une prise d’aération pour expulser l’air saturé en eau vers l’extérieur. Dans ce cas, il faudra choisir une machine à condensation, souvent plus coûteuse.
Les machines à condensation
Leur principe est simple : l’eau des vêtements évaporée grâce à l’air chaud envoyé dans le tambour est condensée en traversant un maillage de surfaces très froides. La vapeur, transformée en gouttelettes, est ensuite stockée dans un réservoir rectangulaire situé en haut à gauche de la plupart des appareils.
Ce dispositif n’a pas besoin de sortie d’eau, mais il oblige l’utilisateur à vider le réservoir après chaque cycle. Certains appareils permettent d’éliminer directement cette eau via un raccordement au circuit d’évacuation d’eau de la maison.
La pompe à chaleur, source d’économies
Et quid des pompes à chaleur ? Ces nouveaux modèles, apparus il y a quelques années, tous à condensation, utilisent l’énergie libérée par la vapeur d’eau lors de sa condensation pour chauffer l’air injecté dans le tambour. Un cercle énergétique vertueux, synonyme d’économies en électricité.
Nos tests le confirment, les modèles à pompe à chaleur consomment moins d’électricité : le coût de fonctionnement simulé sur un an ne dépasse pas 30 €. Des performances énergétiques bien supérieures aux autres modèles.
À l’année, la facture énergétique du sèche-linge Miele, s’élève par exemple à 19 €, quand celle du modèle à évacuation Essentiel B culmine à 63 €, toujours selon nos simulations. Une différence annuelle de 44 € non négligeable, surtout si l’on garde son équipement le plus longtemps possible. Cette économie amortit en partie le coût de départ élevé des machines équipées de pompe à chaleur.
Des cycles plus longs
Ces modèles souffrent d’un seul bémol : leur durée de séchage pendant le programme coton, plus élevée que les autres appareils. Comptez 2 h 28 pour le Siemens, contre 1 h 29 pour le Bosch (pour 5 kg de linge). De façon générale, les cycles des modèles avec pompe à chaleur sont plus lents. Une contrepartie acceptable au regard des économies réalisées.
En matière énergétique, on notera la mauvaise performance des modèles de la marque Candy. Malgré une facture annuelle située dans la moyenne des modèles testés, ce sont les seuls à consommer plus de 0,5 Watt, la limite fixée par la commission européenne lorsqu’ils sont à l’arrêt.
Le séchage du coton, pas toujours parfait
Côté efficacité, tous les appareils ne se valent pas non plus. Même une fois le programme coton terminé, le Candy à évacuation ne sèche pas le linge de manière homogène. Par exemple, une taie d’oreiller sort sèche, alors qu’un drap peut rester mouillé à certains endroits.
Le niveau de précision – la capacité d’un sèche-linge à s’arrêter à un taux d’humidité donné – diffère aussi d’une machine à l’autre. Le mode prêt-à-ranger permet ainsi d’obtenir un taux d’humidité dans le linge inférieur à 3 %, pour qu’il soit le plus sec possible. Sur ce critère, les deux Candy et l’Indesit affichent des performances insuffisantes avec le coton.
Gare à la condensation dans la pièce
Des disparités existent dans la famille des sèche-linge à condensation. Si le Miele parvient, par exemple, à condenser 95 % de l’eau dans son réservoir, le Candy GVS condense seulement 70 % de la vapeur. Résultat : les 30 % restants s’échappent de la machine et font grimper le taux d’humidité dans la pièce. Au risque d’endommager les murs ou, pire, de provoquer des irritations cutanées et autres allergies.
Moins gênant mais guère pratique, le linge sort froissé de toutes les machines. On ne peut donc pas éviter le repassage des pièces séchées.
Suivez les règles d’entretien
Il est conseillé de suivre quelques règles d’entretien pour éviter la panne. En l’occurrence, nettoyer le filtre à peluches, souvent situé en bas du tambour, et vider le bac d’eau condensée après chaque cycle.
En dépit d’un nettoyage régulier, les sèche-linge peuvent hélas dysfonctionner à l’usage. Plutôt que de repayer un nouvel appareil au prix fort, il est alors préférable, dans la plupart des cas, de racheter les pièces détachées au fabricant, disponibles, selon les marques, au minimum dix ans après la fabrication de la machine.
En résumé
- Les modèles à pompe à chaleur consomment moins d’énergie que les autres appareils. On peut ainsi économiser plusieurs dizaines d’euros après cinq ans d’utilisation minimum.
- Si vous optez pour un sèche-linge à condensation, il vaut mieux choisir un modèle capable d’absorber le plus d’eau, pour éviter de faire grimper le taux d’humidité chez soi.
- Pensez à vous renseigner sur le prix des pièces détachées, très variables, avant de choisir un modèle.
Renseignez-vous sur le coût de la réparation
C’est ce que révèlent les réponses des cinq entreprises qui ont bien voulu participer à notre étude sur l’allongement de la durée de vie des appareils. Selon les informations recueillies, le prix d’achat d’une pièce courante (filtre, thermostat, écran…) est inférieur de 15 % du montant conseillé du sèche-linge neuf.
Quant au prix des pièces principales (moteur, carte électronique, résistances, alimentation, programmateur…), il est inférieur de 30 % du prix conseillé de l’appareil neuf pour les références Thomson, Bosch, Siemens ou Beko. Mais il grimpe parfois jusqu’à 50 % pour Electrolux et même plus pour Miele !
Avec le coût de la main-d’œuvre, cette réparation risque donc de vous revenir très cher. Dans certains cas, il sera malheureusement plus avantageux de racheter un modèle. Le mieux est encore de se renseigner avant l’achat sur le prix des pièces de rechange et sur la fiabilité des marques.
Adrian de San Isidoro
Ingénieur : Charles Babin
Photos des produits : Jean Chiscano
Comment nous avons procédé
- Pour chaque programme testé, les temps de cycle ont été évalués : plus ils sont courts, plus la note est élevée. L’homogénéité de séchage (un taux d’humidité égal entre les différentes pièces après la fin d’un cycle), a été aussi mesurée.
- Autre critère pris en compte : la précision ou la capacité des appareils à respecter le taux d’humidité final prévu par les différents programmes.
- La consommation électrique des sèche-linge a été mesurée et une simulation d’un an de fonctionnement a été réalisée (160 cycles).
- Le bruit des machines a été apprécié de façon comparative à l’aide d’un sonomètre placé devant l’appareil. De plus, deux techniciens ont donné leur ressenti sur les bruits émis par les sèche-linge.
- La commodité d’emploi des appareils a été évaluée par un jury de deux techniciens. Intuitivité du bandeau de commande, accès aux différents filtres, clarté du manuel… Ils ont scruté les équipements et leur documentation à la loupe pour juger la facilité d’utilisation au quotidien.