11 lave-linge testés : petit avantage aux machines à hublot
Performances de lavage, de rinçage et d’essorage, coût à l’usage, économies d’eau… Tous les lave-linge ne se valent pas. Lequel choisir ?
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Indémodable ! Le lave-linge est la star incontestée des équipements électroménagers : 97 % des foyers français en sont équipés, 2,7 millions d’exemplaires ont été écoulés en 2017. Mais comment faire lorsqu’il s’agit de choisir le bon modèle ? Le coût à l’achat ne peut pas être le seul critère de choix. Performances de lavage, efficacité du rinçage et de l’essorage, consommation d’eau et d’électricité… Nous avons testé onze machines à laver, et toutes ne se valent pas.
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L’espace influe sur le choix du modèle
Les Français se tournent de plus en plus vers des modèles à ouverture frontale (hublot), qui représentent les deux tiers du marché, mais aussi vers les machines lavantes-séchantes (8 %). Le tout au détriment des appareils à couvercle s’ouvrant par le haut (« tops », 25 % des ventes).
Le choix entre les lave-linge à hublot et les « tops » répond souvent à une logique de place. Seuls les « tops » entrent dans des espaces de 40 à 45 cm de large. Il faut alors accepter que la capacité maximale plafonne à 7 kg. À l’inverse, si vous avez au moins 60 cm de large, un modèle à hublot permet d’augmenter la capacité : la moyenne se situe à 8 kg, mais les plus grandes familles peuvent aller jusqu’à 12, voire 15 kg.
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Comment notre centre d’essais comparatifs a-t-il procédé ?
- Pour chaque lave-linge, nous avons testé le programme coton 40 °C éco, ainsi que le programme coton 60 °C.
- À chaque cycle, nous avons utilisé le même type d’articles : chemises et jeans (coton 40 °C éco), draps et torchons (coton 60 °C). Les machines sont remplies à 65 % afin de coller à l’usage. Les salissures sont des taches grises (cols et poignées de chemises), des protéines (sang, cacao), des huiles, du thé, du rouge à lèvres et du fond de teint.
- Nous avons évalué l’efficacité de lavage au photomètre (pourcentage d’enlèvement des taches), mesuré les résidus alcalins (efficacité de rinçage) et le taux d’humidité résiduelle (efficacité d’essorage) du linge en sortie de machine.
Toujours des problèmes de rinçage !
Toutes les taches ne sont pas aussi tenaces. Nos lave-linge parviennent à venir à bout du sang et du fond de teint. A contrario, le rouge à lèvres et les taches d’huile ont la vie bien plus dure. Entre les deux, il y a le chocolat. À ce jeu-là, cinq lave-linge à hublot sont plus performants que la moyenne (Miele, Samsung, Siemens, Haier, LG), et les « tops » sont globalement moins bien notés.
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Le rinçage est, cette année encore, le talon d’Achille du lave-linge. D’où la nécessité de relancer un cycle de rinçage pour les vêtements foncés ayant tendance à garder des traces blanches… Les personnes allergiques ne trouvent malheureusement pas d’informations sur la qualité du rinçage, car ce n’est pas exigé sur l’étiquette énergie.
Notez que les machines à hublot rincent mieux à 60 °C qu’avec le programme 40 °C éco (qui utilise moins d’eau), alors que les modèles à couvercle rincent mieux à 40 °C éco qu’à 60 °C (la consommation d’eau ne progresse quasiment pas à 60 °C).
Haier, mauvais élève de l’essorage
La phase d’essorage a réservé une surprise. Le linge le plus humide vient de la machine Haier, qui annonce pourtant un essorage à 1 400 tours par minute : 47 % d’humidité résiduelle à 40 °C éco et 55 % à 60 °C. En réalité, le fabricant applique par défaut une vitesse de 1 000 tours par minute pour les deux programmes testés ; incompréhensible ! À l’inverse, Samsung, Miele et LG donnent vraiment satisfaction avec moins de 40 % de taux d’humidité résiduelle.
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Coût annuel : du simple au double
Tous les modèles testés affichent A+++, le meilleur niveau du classement énergétique. Pourtant, les coûts à l’usage en eau et en électricité diffèrent assez significativement d’un lave-linge à l’autre. Entre Samsung et Beko (hublot), et entre Whirlpool et Bosch (top), le coût annuel estimé va du simple au double.
En moyenne, par kilo de linge lavé, le programme coton 40 °C éco nécessite 8,25 l d’eau et 0,1 kWh d’électricité ; le programme coton 60 °C, 12,8 l et 0,23 kWh. Fin 2020, un nouveau classement énergétique apparaîtra, pour mieux différencier les modèles entre eux.
Les choix de 60
• Lave-linge à hublot : Samsung WW80M645OQM – 13,5/20 – 700 €
C’est le lave-linge présentant le meilleur rapport qualité-prix dans sa catégorie. Autant sur le lavage que sur le rinçage et l’essorage, cette machine se montre bonne, surtout son programme éco 40 °C, source de réelles économies d’eau et d’électricité.
• Lave-linge top : Whirlpool TDLR65210 – 12,5/20 – 480 €
Ce modèle présente de beaux atouts, tout en restant à un niveau de prix satisfaisant. Le lavage est assez rapide et de qualité, pour un coût à l’usage très faible. Un bémol de taille : son bruit en phase d’essorage.
Moins de linge = moins d’eau ? Pas si simple !
Votre lave-linge n’est pas complètement rempli ? Qu’importe ! De nombreux modèles assurent s’adapter et réduire leur consommation afin de réaliser des économies d’eau, voire d’électricité. Nous avons voulu vérifier si la promesse était tenue sur trois des lave-linge de notre essai. C’est peu dire que nous avons été déçus…
Tout dépend de la charge
La fonction éco est baptisée « Active Water » sur le modèle Bosch que nous avons testé (WOT24257FF) et « 6th Sense » sur le Whirlpool (modèle Zen 8) – des noms qui fleurent bon la haute technologie ! Miele, pour son WCE 660, vante plus sobrement la « capacité variable automatique ».
Nous avons mesuré leur consommation pour un lavage à 40 °C (programme éco coton), avec les machines chargées respectivement à 100 %, 65 % et 45 % de leur capacité. Surprise : la Miele et la Bosch utilisent autant d’eau (autour de 45 litres) dans les deux premiers tests (pleine charge et 65 % de charge). Seul l’essai à moins de la moitié de charge fait apparaître une économie. Elle est très notable pour la Miele qui descend sous les 30 litres, un peu moins pour la Bosch (36 litres).
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De prime abord, la Whirlpool semble plus proche de la promesse d’adaptation : de près de 49 litres consommés pour une machine pleine, elle passe à 32 litres pour 65 % de charge. Problème : ensuite, elle ne progresse plus, et engloutit autant d’eau avec une petite demi-charge !
Du grand flou au carrément bizarre
Visiblement, les machines sont dotées de paliers de détection qui déclenchent une réduction de consommation. Combien y en a-t-il ? À quel niveau sont-ils fixés ? C’est le grand flou… Tout juste sait-on, chez Bosch, qu’il n’y a, en fait, qu’un seul palier (la demi-charge) – d’autres machines de la marque, plus perfectionnées, sont dotées de la fonction « Active Water Plus », qui en promet 256 !
Pour la consommation d’électricité, les résultats nous laissent aussi sur notre faim : la réduction n’est pas systématique quand on diminue le poids du linge. Nous avons même enregistré une bizarrerie : la Bosch consomme davantage d’énergie à 65 % de charge qu’à 100 % !
Décidément, ces fonctions « automatiques » ne sont pas si perfectionnées qu’elles l’annoncent. Et sont encore moins compréhensibles pour l’utilisateur.
Un lave-linge connecté, à quoi bon ?
Les modèles Samsung et Miele sont dotés d’une fonctionnalité permettant un pilotage à distance via une application mobile connectée à Internet. Les fabricants s’enorgueillissent d’une telle innovation, mais pour quelle utilité réelle ? S’il s’agit de démarrer l’appareil au moment où on le souhaite, la plus-value par rapport à la fonction « départ différé », dont sont dotés tous les lave-linge testés, n’est pas évidente. Quant à le faire depuis sa voiture ou son lieu de travail, l’intérêt reste à prouver…
Les applis Samsung et Miele permettent de choisir certains paramètres des programmes (vitesse d’essorage, température de l’eau, nombre de rinçages), de créer ses programmes ou, chez Samsung, de suivre l’avancement du cycle. Elles ont l’avantage de proposer des interfaces personnalisables, et plus conviviales que les bandeaux de commande des machines.
Journalistes : Florent Pommier et Benjamin Douriez. Ingénieur : Thierry Martin