CD et DVD : graver sur le bon support
Comment conserver photos, sons et vidéos ? En les gravant sur des CD ou DVD, bien choisis et bien entretenus. Reste la question du vieillissement de ces disques.
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Introduction
Textes, photos, musique, vidéos… À l’ère du numérique, la masse de documentation personnelle, professionnelle, familiale ou publique devient babylonienne. Où stocker ces informations précieuses ? Comment les protéger contre les injures du temps pour les transmettre à notre descendance ?
La conservation de ces données exige des supports de stockage adaptés et fiables. Ils se multiplient dans la maison : disques durs d’ordinateurs, platines de salon ou adaptateurs TNT. Mais ils ne sont pas à l’abri d’un incident. Pour éviter toute mauvaise surprise, pensez à doubler vos données en les archivant sur des CD ou DVD enregistrables. A vous de bien choisir et entretenir ces disques. Toutefois, les tests que nous avons réalisés en 2004 et 2006 montrent que certains d’entre eux vieillissent mal.
D’après un article de Georges Picard et Nicolas Teisseyre, publié dans le n°410 de 60 millions de consommateurs (novembre 2006).
Les quatre critères à connaître
Vous pouvez graver de la musique et des images sur des CD comme sur des DVD. Il n’existe qu’une seule différence entre les deux : leur capacité de stockage. Les DVD peuvent en effet contenir plus de données que les CD.
Quel format ?
Le marché propose plusieurs formats concurrents, les CD R et DVD R enregistrables une seule fois, les CD et DVD RW réenregistrables plusieurs centaines de fois, et les DVD R DL à double couche, donc à capacité plus importante.
Ces disques se subdivisent en “+” et en “–”, selon la marque du graveur (ces deux technologies différentes sont aujourd’hui prises en charge par la majorité des graveurs).
Pour graver des données numériques, on peut aujourd’hui choisir indistinctement un DVD R ou un DVD RW, les prix des uns et des autres étant quasiment équivalents.
Notons également l’existence des DVD R Lightscribe, qui permettent de fixer une image sur leur face supérieure avec un certain type de graveur, solution plus pérenne que l’impression classique de photos, et les DVD RAM réinscriptibles, mais compatibles avec très peu de lecteurs.
Si vous n’êtes pas encore rassasiés, sachez qu’il existe également un format haute définition : le DVD Blu-ray. Utilisable uniquement sur un lecteur Blu-ray, il vous servira à conserver vos données en haute définition, sans que vous ayez à les mettre dans un format de compression (MP3, Jpeg, DivX).
Quelle capacité de stockage ?
Pour les CD, elle va de 650 Mo (74 minutes pour un CD audio) à 700 Mo (80 min), 800, 870 et même 900 Mo (100 min). Attention, tous les graveurs ou les logiciels ne sont pas capables d’exploiter les capacités supérieures à 700 Mo.
Les disques simple couche (la grande majorité) ont une capacité de 4,7 gigaoctets (Go), les DVD double couche (DL) atteignent, eux, 8,5 Go. Sur un DVD simple couche, il est possible d’archiver 11 000 pages de texte standard, ou 4 000 photos de bonne qualité !
Quant au DVD Blu-ray, sa capacité de stockage atteint 25 Go par couche.
Quelle vitesse de gravure ?
Ne vous laissez pas tourner la tête par les vitesses maximales annoncées par les fabricants. Pour les CD, les vitesses maximales atteignent 48x ou 52x, c’est-à-dire 48 fois ou 52 fois la vitesse de lecture d’un CD audio.
Pour les DVD, les vitesses sont de l’ordre de 16 x pour les DVD R, de 8 x pour les RW, et de 2 x pour les DVD double couche.
En réalité, ces vitesses ne sont pas toujours atteintes, ou seulement en fin de gravure. Par ailleurs, une vitesse élevée peut être cause d’erreurs de gravure ou d’échec de l’opération.
Quelle compatibilité avec les graveurs ?
La qualité d’une gravure dépend de celle du support vierge, mais également du graveur (puissance du laser, mémoire tampon…), de son logiciel, et surtout, comme dans les couples, de la compatibilité entre les deux partenaires ! Un bon DVD enregistrable sera celui qui offrira les meilleures performances avec le plus de graveurs différents.
Conclusion pratique : si vos gravures échouent ou sont insatisfaisantes, changez donc de modèle de support DVD jusqu’à ce que vous trouviez le bon accord.
Comment entretenir vos CD et DVD ?
- Evitez de rayer la couche réfléchissante, c’est-à-dire la face sur laquelle est imprimée l’étiquette, car c’est elle qui renvoie le rayon laser en lecture. Contrairement à une idée reçue, mieux vaut poser un CD ou DVD sur la face transparente opposée à celle de l’étiquette.
- Évitez de laisser des traces de doigts sur le support, notamment avant la gravure. Cela risque de faire échouer l’opération et de fragiliser le disque dans le temps.
- Les ennemis de ces galettes dorées ou argentées : la chaleur, la lumière et l’humidité. Les CD n’éprouvent aucun plaisir à bronzer sur la tablette arrière d’une voiture !
- N’utilisez pas d’étiquettes autocollantes, notamment pour les disques destinés à l’archivage, car les composants de la colle peuvent migrer dans l’épaisseur du disque. Préférez les marqueurs à encre sans solvant, à pointe feutre pour ne pas appuyer.
- Conservez vos disques dans des boîtiers séparés.
- Préférez l’empilage à plat pour préserver la planéité du disque.
- Mieux vaut ne pas “bourrer” vos CD-R de données en utilisant toute la capacité du disque. Si le disque ne suffit pas, utilisez-en deux (plutôt qu’un disque de trop forte capacité) ou passez au DVD±R.
- Pour éviter toute mauvaise surprise, prenez l’habitude de faire deux copies de vos données. Au prix actuel des DVD enregistrables, cette précaution est rentable.
Les DVD R Lightscribe
Ils permettent de faire des étiquettes personnalisées gravées directement sur le DVD par un graveur conçu pour cet usage. Ce procédé n’entraîne aucune détérioration, résiste bien au vieillissement et assure même une protection du disque contre les rayures et les autres agressions.
Des disques qui vieillissent trop vite
A deux reprises, en 2004 et 2006, 60 a testé la résistance des CD et DVD à la lumière, au temps et à la réécriture. Soumis aux atteintes de la lumière, de la température et de l’humidité, ils vieillissent plus ou moins bien.
Attention à la lumière
Nos essais de résistance à la lumière révèlent que sur 15 CD-R testés, quatre se dégraderaient, selon notre estimation, au bout de cinq ans en conditions réelles (1 000 lux une heure par jour), quatre autres atteignant dix-sept ans, et les meilleurs pouvant espérer dépasser trente-trois ans. On est loin de la durée de vie des papyrus bibliques !
Le temps qui efface
Pour avoir des informations sérieuses sur leur vieillissement – difficile à tester en grandeur réelle, car il faudrait plusieurs décennies –, nous réalisons des essais sévères en étuve simulant l’agression par des températures et des taux d’humidité élevés.
Lors de notre test de 2004, seuls quatre DVD±R sur les treize testés conservaient leur qualité après trente-deux jours en étuve.
Lors du test de 2006, les résultats étaient un peu meilleurs : sur les vingt DVD testés, neuf avaient une faible tenue dans le temps. En général, les RW se dégradent plus vite que les R. Heureusement, ils ne sont pas prioritairement destinés à l’archivage. Les DVD double couche ont également obtenu de mauvais résultats.
Pas toujours doués en réécriture
Enfin, les DVD réenregistables ne le sont pas ad vitam aeternam. Certains ont même de sérieuses limites en la matière, comme nos tests l’ont montré. Nous avons soumis des DVD à 500 gravures successives. Sur 7 disques, seuls deux présentaient la même qualité à la fin du test.