Analyses de bijoux fantaisie

Selon nos tests, les bijoux fantaisie vendus dans les enseignes ayant pignon sur rue contiennent, en quantités limitées, des métaux lourds.

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Une femme portant des bijoux fantaisie aux bras
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Une femme portant des bijoux fantaisie aux bras

À première vue, la nouvelle est bonne. À une exception près, tous les bracelets et boucles d’oreilles achetés dans des enseignes connues que nous avons testés respectent les normes européennes pour le plomb, le cadmium et le nickel. Trois métaux lourds particulièrement surveillés.

Le plomb et le cadmium sont toxiques, essentiellement par ingestion ou inhalation, et il existe aussi un risque de passage à travers la peau. Quant au nickel, il est le plus allergisant des métaux : 12 % de la population française y serait sensible.

Ne vous fiez pas aux apparences

Dans nos tests, ni le plomb ni le cadmium n’ont été retrouvés en quantité supérieure aux seuils réglementaires. Seul du nickel libéré à un niveau supérieur a été retrouvé sur la tige d’une puce d’oreille de Primark. Une marque qui se vante de maintenir des « prix bas » et des « normes élevées » pour ses bijoux sur son site Internet. Raté !

Un bijou non réglementaire sur les vingt testés, c’est peu. Un sur trois l’était dans une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en 2016. La provenance des bijoux y était variée : commerces, marchés, grossistes et ateliers de fabrication.

Plus sûr ne veut pas dire sans risque

Une nouvelle enquête réalisée en 2018 a trouvé pire en testant des bijoux achetés en ligne (Amazon, Cdiscount, eBay, Wish…). Des résultats préliminaires indiquent 74 % d’échantillons non conformes et des teneurs jusqu’à 8 000 fois supérieures aux seuils réglementaires.

La paire épinglée par notre étude ne fait que “doubler” la limite réglementaire en nickel. Acheter des bijoux fantaisie dans des enseignes connues semble donc plus sûr que de céder à des vendeurs inconnus sur des marketplaces du Net. Mais plus sûr ne veut pas dire sans risque.

Nous avons testé douze paires de boucles d’oreilles, et nous en avons trouvé quand même une impropre à la vente. Il y a donc une part de loterie. Même au sein d’un lot de puces H&M, les résultats diffèrent. La paire dorée que nous avons testée libérait plus de nickel que l’argentée, la seule différence entre les deux modèles était la couleur du revêtement. Et, de manière générale, aucun bijou de notre échantillon n’était exempt des trois métaux lourds.

Conforme à la réglementation, mais…

Certes, aucun n’a fait l’objet d’une incorporation massive de plomb, de cadmium ou de nickel ou d’une évidente négligence dans le contrôle qualité qui exposerait le consommateur à un risque sanitaire. Mais tous, ou presque, contenaient des métaux détectables dans une ou plusieurs de leurs parties. À des valeurs faibles, voire extrêmement faibles, mais avec des différences d’une enseigne à l’autre pouvant aller jusqu’à 100 fois ou plus, ce qui prouve qu’il est possible d’en avoir beaucoup moins…

Adelaïde Robert. Ingénieur : Emmanuel Chevallier

Téléchargez l’intégralité de notre article et les résultats complets de notre essai publié dans le n° 543 de 60 Millions (décembre 2018) :
 

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