Poux : 5 points à savoir pour choisir le traitement le plus efficace
Chaque automne, ils font parler d’eux. Comment se débarrasser des poux ? Quels sont les produits disponibles ? Lesquels éviter ? Ce que dit la science.
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Les poux de tête sont des hôtes indésirables qui semblent avoir leur préférence : les fameuses « têtes à poux ». Un constat empirique qu’il reste à expliquer, mais qui n’est pas à mettre sur le compte d’un manque d’hygiène.
Actifs toute l’année, les poux font traditionnellement davantage parler d’eux à l’automne, un peu après la rentrée scolaire. Pour beaucoup, c’est le début d’une lutte acharnée. Partons au combat, certes mais partons informés.
1. Les trois quarts des produits vendus en officine manquent d’efficacité
Dans une étude publiée le 23 juin 2025, des chercheurs français ont testé, in vitro, 27 des principaux produits antipoux vendus en pharmacie en France sans ordonnance. Il s’agit de produits à base d’huiles végétales (coco, sésame…), minérales (comme la paraffine) ou d’un agent cristallisant (oléorésine) qui agissent de manière mécanique (asphyxie, déshydratation…).
Verdict : seuls cinq d’entre eux sont efficaces à 100 % à la fois sur les poux et les lentes. Ils représenteraient, à eux cinq, 28 % des ventes d’antipoux en officine.
2. Impossible de préjuger de l’efficacité d’un antipoux sans le tester
Selon ce rapport, tous les produits jugés à 100% efficaces sont des lotions : Déparaz Pro 15 min, Duo LP Pro 8 h, Paranix Extra Fort 5 min, Pouxit Flash 5 min, Viatris Duo 15 min.
Vaut-il mieux prendre une lotion qu’un shampooing ? Pas forcément. Toutes les lotions ne se valent pas. Le produit le moins efficace de cette étude est lui-même une lotion.
Il n’existe pas non plus de lien entre l’efficacité et le temps de pose ou le type d’actif qui aiderait à comprendre les différences observées.
3. Peu efficaces, coûteux, les traitements antipoux sont souvent polluants
Alors que la majorité des produits en vente en officine ont une efficacité très mitigée sur les lentes et/ou les poux, ils sont coûteux.
La plupart d’entre eux sont à base de silicones (comme la diméticone), des molécules nocives pour l’environnement que l’on retrouve dans Pouxit Flash 5 min et Viatris Duo 15 min.
Certains silicones auraient en plus un impact sur la fertilité, soulignent les auteurs de l’étude, Berthine Toubaté de l’université de Tours, et ses collègues.
4. Ce n’est pas une raison pour utiliser des antiparasitaires !
Cela paraît une évidence, mais l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), a préféré le rappeler sur son site le 19 septembre 2025 : « les traitements antiparasitaires pour animaux ne doivent jamais être utilisés sur des êtres humains, et a fortiori sur des enfants ». Pour cause, chaque année, les centres antipoison sont amenés à prendre en charge des effets indésirables survenus chez l’enfant suite à l’emploi d’antiparasitaires destinés aux animaux (chiens, chats, chevaux).
Pourquoi des antiparasitaires pour animaux ? Parce qu’il n’existe plus d’antiparasitaires pour humains permettant de lutter contre les poux. Le dernier antiparasitaire sur le marché français, Prioderm, à base de malathion (un insecticide organophosphoré) présentait des risques neurologiques et a été soumis à prescription en 2018. Le laboratoire qui le commercialisait a alors décidé d’en cesser la fabrication.
Quant aux insecticides à base de pyréthrinoïdes (par exemple, la perméthrine) vendus pour tuer les poux dans l’environnement, ils sont nocifs pour la santé, selon l’analyse de l’Anses d’une expertise collective de l’Inserm, parue en avril 2025. Pas question non plus de les utiliser !
5. L’épouillage au peigne à poux est incontournable
L’utilisation d’un peigne à poux aide à repérer les lentes et à retirer les poux. Le peignage sur cheveux mouillés matin et soir (voire matin, midi et soir) permet à lui seul de les éliminer dans un cas sur deux au bout d’au moins trois semaines, explique la revue Prescrire. L’équipe de recherche responsable de l’étude sur les produits antipoux précise que les moins efficaces d’entre eux in vitro ont peut-être pour efficacité de faciliter l’épouillage en faisant office de lubrifiant…
Le produit antipoux permet, en théorie, de réduire cet effort au maximum à deux séances d’épouillage. La deuxième séance entre J 7 et J 10 est parfois imposée sur le mode d’emploi : elle tient compte du manque d’efficacité du produit sur les lentes à la première étape, les laissant se développer en poux, qu’il convient donc de tuer avant qu’ils ne pondent à nouveau… En pratique, il est recommandé de contrôler et peigner soigneusement aussi à J 14.
Une fois débarrassé des poux, reste à ne plus en attraper. Mais ça, c’est une autre histoire.