Test d’instituts de beauté
L’épilation demi-jambes est le soin de beauté le plus pratiqué en France. Il reste des progrès à faire concernant la qualité du soin… et l’hygiène.
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Difficile de chercher une adresse de confiance, quand on ne sait pas vraiment sur quels critères arrêter son choix. D’où l’intérêt d’aller étudier de près la qualité des prestations fournies dans différents types d’instituts. Dans notre précédente enquête, publiée en avril 2013, l’accueil et l’hygiène laissaient trop souvent à désirer.
Depuis, une norme Afnor Soins de beauté et de bien-être a vu le jour. Nous nous y sommes référés pour évaluer les différences qualitatives entre les instituts low cost, les instituts associés à une chaîne de parfumerie/cosmétique, les instituts sous enseigne et les instituts indépendants.
Cent clientes mystère s’y sont rendues pour se prêter au test de l’épilation demi-jambes et aider ainsi les femmes qui ôtent leurs poils elles-mêmes – soit les trois quarts des Françaises – à juger pour qui cela vaut la peine d’abandonner cire, crème, rasoir ou épilateur électrique.
Des délais d’attente très variables
Bonne nouvelle, elles ont été rapidement prises en charge. Il leur a fallu, en moyenne, six minutes pour réserver un soin dans les instituts sur rendez-vous et, sur place, elles ont attendu 2 min 30 pour accéder à la cabine. Elles ont davantage attendu (13 min) sans rendez-vous, que ce soit en heures pleines ou creuses. Ironiquement, au vu du nom, c’est dans un institut Body Minute que l’attente a été la plus longue (48 min !).
- L’épilation en elle-même a duré 18 min en moyenne, avec un écart allant de 4 min (!) dans un institut Citron vert à 45 min dans plusieurs autres instituts. Les low cost épilent plus vite (13 min pour Citron vert et Esthetic Center), mais le soin est perçu comme « expédié » et leur ambiance générale est, du coup, moins appréciée. Surtout, l’attente est aussi longue que le soin (12 min 30 et 12 min). Résultat : se faire épiler prend en moyenne une demi-heure, quel que soit le type d’institut.
La qualité du soin creuse l’écart
- En termes d’infrastructures, pas de différences notoires. Pour l’espace d’accueil, les low cost ne sont pas seuls à décevoir. Dans cinq instituts Nocibé sur onze, les clientes ont dû attendre debout dans la boutique.
- En revanche, côté cabine de soin, l’environnement apparaît plus satisfaisant dans les instituts plus haut de gamme. La propreté est jugée « très bonne » dans plus de la moitié des instituts testés, mais il faudrait viser les 100 % !
- La qualité du soin, en particulier l’hygiène, creuse l’écart, et les performances déçoivent (d’où une note maximale à 15/20). L’épilation est le soin de base et il y a des règles à respecter. À la cire, elle peut provoquer des microsaignements et ouvrir les follicules pileux. C’est une porte d’entrée pour les bactéries présentes à la surface de la peau ou sur le matériel environnant.
- Pour limiter le risque d’infection, la praticienne doit donc se laver les mains devant chaque cliente, utiliser du matériel à usage avant le soin devant elles. Et ce défaut concerne tous les types d’instituts.
- Idem, 56 % déclarent ne pas avoir eu la peau désinfectée au préalable. En revanche, toutes ont bénéficié d’une crème ou lotion en fin d’épilation, mais sans pouvoir garantir qu’il s’agissait d’un produit aseptisant.
- Le recours au roll-on est un autre défaut épinglé. Il est systématiquement utilisé chez Body Minute et Citron vert et dans neuf instituts indépendants sur treize. Il ne fait pourtant pas partie des techniques autorisées. « Normalement, c’est pour de l’auto-épilation. Nous avons eu en France le cas d’une femme qui a été contaminée après une épilation au roll-on en institut, avec jambe gonflée, fièvre, etc. », commente Régine Ferrère, présidente de la Confédération nationale esthétique parfumerie (Cnep).
- Le bilan personnalisé n’est, quant à lui, réalisé que dans la moitié des cas. Pourtant, c’est cette expertise que les femmes viennent chercher en institut. Prévu par la norme, il permet d’adapter le choix de la cire au type de peau et de poils. Guinot est l’enseigne la plus respectueuse de cette étape (neuf instituts sur dix). Par ailleurs, les esthéticiennes demandent dans moins d’un cas sur deux si la température convient, à l’exception d’Yves Rocher, qui fait unique ou jetable, nettoyer la peau avec une lotion pré-épilatoire et post-épilatoire, désinfecter la pince à épiler… Or, si un seul manquement a été relevé pour le linge à usage unique, 36 % des panélistes ont noté que la praticienne ne s’était pas lavé les mains…
Adélaïde Robert. Ingénieur : Alain-Henri Duval
Téléchargez l’intégralité de notre article et les résultats complets de notre essai publié dans le n° 545 de 60 Millions (février 2019) :