Test de gels douche et savons
Les gels douche et savons comportent-ils des irritants, allergènes et autres substances non recommandables ? Oui, mais pas tous, heureusement.
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Tradition ou modernité ? Même au moment de prendre une douche express ou de se lover dans un bain relaxant, on se voit traversé par cette question existentielle.
Du côté de la tradition, ou supposée telle, je demande le savon. On l’avait cloué au pilori en le jugeant « trop mou, trop glissant, pas assez moussant ! ». Voilà qu’il fait un retour fulgurant à l’heure où l’on se passionne pour les recettes d’antan.
Du côté de la modernité conquérante, j’appelle le gel douche. Facile à transporter, décliné à l’envi (pour homme, pour femme, dynamisant, hydratant, parfumé…), il s’est imposé au détriment du savon, même s’il connaît une relative désaffection depuis quelques années. Aujourd’hui, 77 % des Français préfèrent quand même le gel douche au savon, d’après une étude du panel Kantar.
Les deux marchés détenus par des mastodontes du secteur
Cette opposition entre savon et gel douche, tradition et modernité est savamment entretenue, voire orchestrée, par les fabricants. Segmenter un marché pour démultiplier la clientèle et mieux le contrôler est une recette vieille… comme le savon !
Car dans les faits, l’image des petits acteurs locaux qui fabriqueraient du savon face aux gros industriels qui font du gel douche ne tient pas. D’abord parce que beaucoup de marques proposent les deux produits. Surtout, parce que ces deux marchés sont détenus, pour une grande part, par les mastodontes du secteur.
En l’occurrence Johnson & Johnson, qui détient Le Petit Marseillais, leader en gels douche, Unilever (avec notamment les marques Dove et Monsavon), Colgate (Sanex, Tahiti…) ou encore le français L’Oréal qui possède, entre autres, les marques Cadum et Ushuaïa.
Des résultats qui battent en brèche des idées reçues
À noter qu’aux côtés de ces grands groupes, les marques de la grande distribution occupent une place non négligeable. Enfin, quelques petits poucets, comme la marque L’Olivier, connaissent un joli succès, mais ils restent minoritaires. Et le savon de Marseille, alors ?, rétorqueront ceux que la démonstration n’a pas convaincu. Là encore, à côté de quelques petits savonniers, les acteurs qui pèsent le plus sont des gros producteurs, venus d’Asie, entre autres.
Finalement, qu’est-ce qui oppose vraiment le savon et le gel douche ? C’est la question que nous nous sommes posée à travers ce double essai comparatif. Ses résultats battent en brèche certaines idées reçues. Non, un savon n’est pas forcément moins pratique et agréable à l’usage. Oui, un gel douche peut être vendu très bon marché et un savon très cher.
Pour autant, l’une des deux familles vire en tête au terme de notre essai. Certes, la victoire est gagnée d’une courte tête. Mais elle compte, car elle se joue sur un critère essentiel quand on achète un produit d’hygiène : la présence ou non de substances indésirables dans la liste des ingrédients.
Victoire N’Sondé. Ingénieure : Justine Berteau
Téléchargez l’intégralité de notre article et les résultats complets de notre essai publié dans le n° 539 de 60 Millions (juillet-août 2018) :