Test de mascaras

Plus de volume, des cils nourris, une courbure parfaite : les promesses des mascaras sont séduisantes mais pas toujours tenues !

Par

Publié le

Une femme passe une brosse de mascara sur ses cils
Getty Images/iStockphoto

Le mascara est sans doute le pemier produit que glissent les ados dans leur trousse de maquillage. Avec l’arrivée des marques low cost, les mascaras ont vu leur prix baisser. Ils font partie des cosmétiques les moins touchés par la baisse d’utilisation et d’utilisatrices de maquillage constatée depuis cinq ans par Kantar Worldpanel. Malgré une offre pléthorique, trouver un mascara qui s’applique facilement, sans couler ni faire de paquets, qui n’irrite pas l’œil et tient tout au long de la journée semble une gageure.

Nous avons testé les produits promettant un effet volume parmi les plus commercialisés en France dans les différentes gammes : marques propres, sélectives (“haut de gamme”), de distributeurs, bio.

Sur cette promesse de volume, un tiers des produits ne sont pas concluants et seuls deux sont jugés « très satisfaisants » : Volume millions de cils de L’Oréal et Volume effet faux cils d’Yves Saint Laurent (YSL). Les moins appréciés, sur ce critère, sont les mascaras de Nocibé, Bourjois et Biocura. Nocibé et Biocura ont aussi déçu pour leur couvrance, à savoir la quantité déposée sur les cils après chaque passage.

Un effet séparateur plutôt décevant

L’effet séparateur est aussi assez décevant dans l’ensemble. La brosse a une influence importante, mais les avis pour un même applicateur sont parfois très contrastés ! La brosse à poils coniques de So’Bio Étic a suscité des commentaires allant de « parfait » à « très inefficace ».

À LIRE AUSSI >>> notre dossier Les cosmétiques bio, ça marche ?

Cependant, une tendance se dégage en faveur des brosses silicone à picots (Dior, Kiko, L’Oréal, Yves Rocher) : elles séparent bien les cils et y répartissent mieux la matière. Le mascara de Nocibé pâtit d’une brosse trop fine, qui ne délivre pas assez de matière pour en faciliter l’application et insuffisamment fournie au bout.

Pour YSL, c’est plutôt l’inverse : plusieurs utilisatrices regrettent une brosse trop chargée en produit, responsable de paquets. « L’essoreur n’est pas très efficace, mais une fois la brosse essuyée sur le rebord du tube, l’application est facile », relativise une de nos panélistes.

Comment notre centre d’essais comparatifs a-t-il procédé ?

Dix mascaras volumateurs ont été testés, chacun par dix utilisatrices : sept accros au maquillage, une experte cosmétique, une experte marketing et une maquilleuse professionnelle.

  • Nous avons choisi les produits les plus commercialisés au sein de quatre gammes : marques propres (Bourjois, Kiko, L’Oréal, Nocibé, Yves Rocher), sélectives (Clarins, Dior, YSL), de distributeurs (Biocura) et bio (So’Bio Étic).
  • Leurs performances ont été testées trois jours, avec une seule application le matin. Les signes distinctifs de la marque étaient cachés et les panélistes devaient juger les produits sur le confort, la tenue, la texture et surtout le volume !
  • Métaux lourds, phtalates, formaldéhyde, nitrosamines : la présence de substances à risque pour la santé, dont la teneur dans les produits cosmétiques est réglementée, a été recherchée en laboratoire. Cette analyse a été complétée par une recherche de 26 allergènes de parfum dont l’étiquetage est obligatoire et 4 produits irritants (triéthanolamine, EDTA, alcool et phénoxyéthanol) par lecture d’étiquette.

Attention à la texture qui s’assèche

La texture joue aussi un rôle, puisque trop épaisse, elle rendra le mascara plus difficile à appliquer. C’est ce que l’on note avec le mascara Biocura. Et bien que très épais, il n’offre pas, pour autant, le volume attendu.

Précisons que les produits testés dans notre essai l’ont été rapidement après leur ouverture. Or les avis publiés en ligne sur différents sites critiquent souvent le changement de texture (elle s’assèche) après ouverture. Il faut donc veiller à vite refermer son mascara après usage. Sachant que l’on ne doit pas le garder plus de six mois, mieux vaut réfléchir à l’usage que l’on en fera et comparer les prix.

Attention, les emballages sont parfois trompeurs : les tubes de Dior et Nocibé semblent équivalents alors que le premier, plus cher, contient 6 g de mascara et le second 9 g. Rapporter le prix à la quantité creuse donc encore plus leur différence !

Des produits qui ont de la tenue

Les mascaras de notre essai satisfont davantage sur les critères de tenue, de confort et d’intensité de la couleur. La tenue jugée la plus satisfaisante est celle offerte par les mascaras Dior, L’Oréal et YSL. Cependant, avec le mascara Dior, davantage de transferts ont été observés sur la paupière, d’où une note de tenue globale – qui tient compte de la tenue, des coulures, des transferts et de la perte de matière – moins élevée dans le tableau.

Les mascaras Biocura et Nocibé ont une bonne tenue, mais parfois la courbure s’estompe, tandis que ceux de Kiko, Nocibé, So’Bio Étic, Bourgeois et Biocura ont tendance à couler en fin de journée.

À LIRE AUSSI >>> Crèmes antirides : des filtres UV malvenus

Le confort est au rendez-vous pour toutes les marques, mais les mascaras Dior et Biocura ont été jugés « lourds » pour les cils par deux de nos panélistes sur les deux marques. Ce qui est sans doute lié à la texture épaisse de ces produits.

Quant à l’odeur, le choix du mascara se fait rarement sur ce critère, mais pour celles qui y sont sensibles, les produits dont l’odeur a été jugée la plus forte et la moins agréable sont ceux de Kiko, Nocibé et So’Bio Étic.

Présence de substances à risque

Restent la tolérance et la qualité des ingrédients utilisés. Les consommatrices sont de plus en plus exigeantes sur la composition des produits qu’elles achètent. D’où la poussée du bio dans l’univers cosmétique. Nous avons donc analysé les étiquettes et contrôlé, en laboratoire, l’absence d’un certain nombre de substances à risque réglementées.

Bon point : tous ces produits de marques, achetés dans des réseaux de distribution balisés, sont conformes. Des traces de cadmium et de plomb, métaux lourds toxiques pour l’organisme, ont cependant été retrouvées : du cadmium dans le mascara de Kiko et du plomb dans les mascaras de Bourjois et Kiko.

Les quantités retrouvées reflètent une contamination involontaire par les matières premières (sans doute les pigments), mais qui a été évitée par les autres marques. En revanche, les analyses de laboratoire ne montrent aucune trace de mercure, d’arsenic et d’antimoine (d’autres métaux lourds, selon la définition du droit européen), ni de traces de phtalates ou de nitrosamines.

Une femme avec un coton de démaquillage devant son miroir

Des précautions, rien que pour vos yeux

La pose et le démaquillage sont essentiels pour ne pas porter préjudice à vos yeux. « Avec du mascara bien mis, bien démaquillé et des produits achetés dans des circuits identifiés, rares sont les réactions indésirables graves », juge le Dr Katherine Vis-Choukroun, de la Société française des ophtalmologistes adaptateurs de lentilles de contact.

  • Respecter la date limite d’usage

D’abord, respectez la date limite des six mois après ouverture, même si vous ne l’utilisez pas tous les jours, et ne le partagez pas. Si les conservateurs évitent aux bactéries qui sont transférées des cils au mascara d’y proliférer, ils se dégradent plus vite à la chaleur : ne les laissez pas en plein soleil !

  • Bien choisir le démaquillant

Il faut veiller à bien se démaquiller. Et, chez les porteuses de lentilles, « se démaquiller après les avoir retirées, se maquiller après les avoir mises et éviter les mascaras waterproof », énumère la spécialiste. Ceux-ci nécessitent, en effet, des démaquillants huileux ou gras qui peuvent créer des réactions avec les traitements de surface des lentilles de contact et les rendre inconfortables. Il faut bien choisir le démaquillant. C’est souvent lui qui provoque des réactions allergiques.

  • Pas de coup de brosse sur les yeux

Un coup de brosse « peut léser la cornée, ce qui constitue une porte d’entrée pour les bactéries. Si cela se produit, il faut rincer l’œil et consulter d’urgence un ophtalmologiste »,  conclut le Dr Katherine Vis-Choukroune.

Des traces de formaldéhyde

Des traces de formaldéhyde ont été retrouvées dans tous les produits. Le formaldéhyde est un gaz libéré par de nombreuses substances, dont certaines sont utilisées dans les cosmétiques comme conservateurs.

Au-delà de son risque cancérogène, il se révèle particulièrement irritant pour les yeux et les paupières, par inhalation et par voie cutanée. Il n’est toléré qu’à hauteur de 0,2 % dans les produits cosmétiques et doit figurer sur l’étiquette à partir de 0,05 %. Le produit le plus concentré de notre panel, le mascara Dior, en contient 0,0009 %.

À LIRE AUSSI >>> Vêtements, chaussures : 1000 substances toxiques en cause

Sa présence n’est pas intentionnelle et il est peu probable qu’elle ait un effet sur la santé. Cependant, il n’existe pas d’études évaluant les effets sur la cornée humaine de produits cosmétiques émettant du formaldéhyde à proximité des muqueuses.

Pour l’association Slow Cosmétique, qui décerne aux produits non pas un label mais une mention permettant de repérer ceux qui sont écologiques, raisonnables, intelligents et sains, la simple inscription d’un libérateur de formaldéhyde dans la liste des ingrédients suffit à exclure la marque.

Une contamination liée aux emballages ?

Si nous avions procédé de même, nous aurions exclu L’Oréal et Nocibé qui affichent du polyquaternium-10. Mais Slow Cosmétique exclut tous les quats et polyquats autres que le quaternium-15 « par principe de précaution » et, d’après nos mesures, ce ne sont pas les mascaras qui affichent du polyquaternium-10 qui contiennent le plus de formaldéhyde… Celui-ci pourrait, en effet, provenir de l’emballage et pas du mascara.

Le polyoxyméthylène (POM) dont sont constitués certains emballages est en effet une source connue de formaldéhyde. Nous avons donc jugé les produits uniquement sur la quantité de formaldéhyde détectée dans le produit. À savoir : des irritations au niveau des yeux peuvent être liées non pas au mascara mais aux émanations de formaldéhyde provenant du vernis à ongles pendant le maquillage !

Des irritants pour les yeux

Les mascaras contiennent aussi des substances irritantes et allergisantes. Tous ceux de notre panel en affichent, même si le mascara So’Bio Étic en liste moins (alcohol et benzyl alcohol uniquement). Tous sauf deux (Bourjois et So’Bio Étic) présentent du phénoxyéthanol, qui est un irritant reconnu, en particulier pour les yeux.

Les mascaras Bourjois, Dior, Nocibé et YSL contiennent aussi de la triéthanolamine, et Biocura et YSL, eux, contiennent des parfums. À noter cependant : il s’agit d’une lecture d’étiquettes, nous n’avons pas mesuré les quantités de ces irritants et allergènes, qui peuvent donc être plus ou moins concentrés dans ces mascaras.

À LIRE AUSSI >>> Tatouage des sourcils : des clientes voient rouge

Lors de notre test, ces produits ont été bien tolérés. Seul un mascara a provoqué des picotements chez une utilisatrice, le mascara Biocura. Une précision au passage : celui-ci n’a de bio qu’une partie de son nom. Il s’agit d’une marque de distributeur, commercialisée dans les supermarchés Aldi, qui a pour principal avantage son tout petit prix…

La tolérance dépend cependant de la manière dont le mascara est appliqué. Il ne doit pas l’être à la racine du cil pour éviter de boucher les glandes, ni l’être en trop grande quantité. Deux passages doivent suffire ! À bon entendeur…

Adélaïde Robert
Ingénieure : Justine Berteau
Photos des produits : Jean Chiscano

En résumé

  • Tous les mascaras ont une bonne tenue, mais déçoivent souvent sur les effets volume et séparateur.
  • La brosse à picots semble favoriser une meilleure application du produit, même si celle-ci reste dépendante de la texture du mascara. Attention à bien refermer le tube après usage pour éviter qu’il ne sèche.
  • Tous contiennent des substances potentiellement irritantes pour les yeux. Il faut donc retirer le mascara avant de dormir, ne pas l’appliquer près de la racine et en limiter le port.

Nos autres essais

Hygiène - Beauté

Tous les derniers contenus