Test de teintures capillaires : efficaces, mais pas sans risques

Nous avons évalué 18 teintures capillaires grand public. De trop rares produits réussissent à allier qualités cosmétiques et risques limités.

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Une femme avec un pinceau enduit de teintures dans les cheveux
Getty Images/iStockphoto

[[asset:image:2340 {« mode »: »full », »align »: » », »field_asset_image_copyright »:[« Thinkstock »]}]]Les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par la présence de composés potentiellement toxiques dans leurs produits d’hygiène et de beauté. À juste titre ! En effet, comme il s’agit de cosmétiques, on ne devrait même pas s’interroger sur le fait qu’ils puissent présenter un risque pour la santé.

Pourtant, la majorité des fabricants de teintures capillaires s’obstinent à ne pas respecter ce postulat. En 2011 (60 Millions n° 459), nous avions déjà alerté sur le trop grand nombre de substances non recommandables dans les listes d’ingrédients. En vain, apparemment.

Quatre ans plus tard, impossible d’en énumérer la liste complète tant celle-ci est longue : certaines formules incluent jusqu’à dix-sept molécules indésirables. Arrêtons-nous toutefois sur les plus emblématiques.

Des substances indésirables

On pensait en avoir fni avec l’ammoniaque, mais il n’en est rien. Près de la moitié des teintures capillaires que nous avons évaluées incorporent cette substance, pourtant répertoriée comme fortement irritante. Même constat avec le p-phénylènediamine (PPD). Ce colorant extrêmement sensibilisant est connu pour provoquer des allergies chez des coiffeurs, des utilisateurs de colorants capillaires, ou chez des personnes tatouées au henné (ce qui peut entraîner ensuite une sensibilisation à des colorants vestimentaires, au caoutchouc, etc.). Faisant fi de ce risque, huit produits sur les dix-huit de notre essai en contiennent.

Un autre colorant interpelle particulièrement : le para-aminophénol. Sensibilisant, il est classé mutagène de catégorie 2 dans le règlement européen pour la classification, l’emballage et l’étiquetage des produits chimiques dangereux (CLP). On place dans cette catégorie les substances suspectées d’induire des anomalies génétiques, sachant que l’effet mutagène, s’il est avéré, peut être une première étape vers le caractère cancérogène d’un produit. Pourtant, ce composé reste autorisé dans des produits de beauté…

Une réglementation trop laxiste

Comme lors de notre précédent essai, les fabricants nous rétorqueront sans doute qu’ils respectent la réglementation et que, pour les substances les plus problématiques comme le PPD, les concentrations maximales autorisées ont été abaissées.

C’est là que le bât blesse. La réglementation actuelle ne contraint pas les fabricants à écarter définitivement des molécules comme le PPD, l’ammoniaque ou le para-aminophénol et, de manière globale, à limiter le nombre d’ingrédients à risque dans les formules. C’est donc qu’elle reste encore trop laxiste.

En attendant qu’elle soit renforcée, c’est au consommateur de faire pression sur les fabricants en refusant d’utiliser ce type de produits. Cet essai est là pour l’accompagner. Masquer ses cheveux blancs ou changer de couleur de cheveux, oui. Mais pas en s’exposant à une multitude de substances à risque. Quelques trop rares références montrent que cet objectif est atteignable.

Téléchargez notre essai complet de teintures capillaires :
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