Test de teintures pour cheveux
De multiples substances indésirables s’invitent dans les teintures permanentes conventionnelles. Et les “naturelles” ne le sont pas tant que cela.
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Se teindre ou ne pas se teindre les cheveux, et avec quels produits ? Telle est la question. Une interrogation qui vire au dilemme pour celles et ceux qui voient leur chevelure blanchir avec le temps. En pratique, il s’agit d’opter pour une teinture permanente conventionnelle, de préférer une version plus naturelle ou, tout bonnement, de garder ses cheveux blancs. Sauf qu’aucun de ces choix n’est simple.
Trop d’ingrédients problématiques
La première option consiste donc à masquer ses cheveux blancs avec une teinture capillaire permanente conventionnelle. Ce secteur est trusté par de grandes marques comme Garnier, L’Oréal Paris, Franck Provost et Schwarzkopf.
Dans une précédente édition (voir n° 503, avril 2015), 60 Millions dénonçait déjà les trop nombreux ingrédients non recommandables incorporés à ces produits. Récemment, ce sujet est revenu dans l’actualité avec la publication dans Le Parisien-Aujourd’hui en France du témoignage, photos à l’appui, d’une jeune femme temporairement défigurée, suite à l’application d’une teinture capillaire. Ce cas est probablement exceptionnel par la sévérité des effets indésirables dont cette jeune femme a été victime. Il rappelle que ces teintures sont susceptibles de contenir des composés à risque pour la santé. Dans ce contexte, 60 Millions publie un nouveau comparatif avec seize références représentatives du marché.
La plupart des produits sélectionnés couvrent au moins correctement les cheveux blancs, et parfois même de manière très satisfaisante. En revanche, une grande partie des produits testés contiennent trop d’ingrédients problématiques, alors qu’ils ne présentent qu’un intérêt esthétique. À tel point que la majorité des références évaluées par nos experts (dix sur les seize testées) sont déclassées.
Les substances les plus préoccupantes contenues dans nos teintures capillaires sont représentées pour une bonne part par des colorants. Il s’agit de la paraphénylènediamine ou PPD, du résorcinol et de la p-aminophénol.
L’exposition répétée augmente le risque
- Ces molécules se caractérisent par un fort pouvoir allergisant. De ce fait, la réglementation limite, pour ces colorants, les concentrations autorisées dans les teintures capillaires. Mais cette mesure suffit-elle, alors que l’on sait que l’exposition répétée à un allergène potentiel – comme c’est le cas avec l’application mensuelle d’une teinture – augmente le risque ?
- Concernant la PPD, une instance de la Commission européenne chargée d’émettre des avis sur la sécurité des ingrédients cosmétiques (SCCS pour Scientific Committee on Consumer Safety – Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs) considérait d’ailleurs, en 2012, que « l’utilisation continue de la paraphénylènediamine dans les teintures capillaires reste une préoccupation considérable pour la sécurité du consommateur ».
- Le dossier à charge concernant les deux autres colorants particulièrement préoccupants ne se limite pas au risque allergique. Le résorcinol est soupçonné de perturbations endocriniennes, notamment par l’Agence de protection de l’environnement danoise.
- Quant au p-aminophénol, il est classé dans la catégorie des molécules « suspectées de causer des défauts génétiques » (mutagène catégorie 2) par l’Agence de l’Union européenne chargée de l’enregistrement des substances chimiques (ECHA)…
Victoire N’Sondé. Ingénieure : Justine Berteau
Téléchargez l’intégralité de notre article et les résultats complets de notre essai publié dans le n° 544 de 60 Millions (janvier 2019) :