Immobilier : les locataires dans l’impasse
Moins de logements, plus de charges… Le président de l’observatoire des loyers Clameur détaille les difficultés et propose de motiver les bailleurs.
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Alors que le gouvernement vient de dévoiler les mesures de son plan logement, Jean-Michel Camizon, président de l’observatoire des loyers Clameur, a répondu aux questions de 60 Millions sur la pénurie de locations.
Quel est l’état du marché locatif ?
Jean-Michel Camizon : Les loyers augmentent peu, l’indice de revalorisation plafonne les loyers à 3,5 % jusqu’en juillet. Mais la quittance, qui inclut les charges, progresse et va probablement beaucoup augmenter cette année avec la répercussion de la flambée de l’énergie. Environ 60 % des biens locatifs sont en copropriété, et un décalage existe entre les appels de fonds et les répercussions des charges locatives.
Comment expliquez-vous la pénurie de logements ?
J.-M. C : Le stock du parc locatif se réduit depuis une vingtaine d’années de 1 à 2 % par an, car la promotion de logements connaît une crise de l’offre. Les contraintes liées à la rénovation énergétique ainsi que la baisse de la rentabilité due à l’inflation et à la taxe foncière poussent les propriétaires à vendre. Jusqu’à présent, les locataires allaient d’un logement à un autre pour aboutir, souvent, à l’achat d’un bien. Aujourd’hui, cette sortie est bouchée.
La mobilité résidentielle n’a jamais été aussi faible qu’au premier trimestre de cette année. Que proposez-vous ?
J.-M. C : Nous souhaitons que les pouvoirs publics donnent plus d’appétence pour rester ou devenir bailleur, en créant un statut pérenne sur le modèle de ce qui se fait pour le meublé. Il faut permettre à un propriétaire d’amortir fiscalement son bien. Plus le loyer sera bas, plus l’amortissement fiscal sera élevé. Pour financer la rénovation énergétique, nous proposons un surloyer ou un suramortissement basé sur la note du diagnostic de performance énergétique (DPE).