La colocation solidaire : le plan malin pour les étudiants en mal de logement

Face à la pénurie de logements, des associations offrent des hébergements à petits loyers contre des heures auprès d’enfants de quartiers défavorisés.

Par Lionel Maugain

Publié le

Une jeune femme aide un garçon à faire ses devoirs
Getty Images

L’histoire se répète à chaque rentrée. Même si le nombre de logements disponibles est en hausse de 14 % en 2025 par rapport à l’année précédente, selon des données du Particulier à Particulier (PAP) de juin 2025, trouver un toit pour un étudiant est toujours une tâche fastidieuse. La demande a elle aussi augmenté de 8,8 %, toujours d’après cet observatoire. Conséquence : les logements sont particulièrement disputés, notamment les petites surfaces. À Paris, une annonce pour un studio génère en moyenne 595 demandes en trois jours.

Et non seulement les logements sont rares, mais ils sont aussi très chers, alors que le coût de la rentrée étudiante a encore augmenté de 70 €, passant de 3 157 € en 2024 à 3 227 € aujourd’hui, selon une étude publiée le 3 septembre 2025 par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). Toujours selon ce rapport, il faut débourser en moyenne 581 € par mois pour se loger, et jusqu’à 691 € en Île-de-France.

Face à la fois à la pénurie de logements et aux loyers chers, de plus en plus de jeunes se tournent vers la colocation solidaire. Exemple : à Bordeaux, un jeune locataire s’occupe chaque semaine d’enfants du quartier des Aubiers en échange d’un loyer modéré (260 €). Il s’est engagé dans le dispositif de « kolocation à projet solidaire » (Kaps) créé par l’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev). Ils sont 60 comme lui dans l’agglomération de Bordeaux.

À lire aussi

Un dispositif pour lutter contre les inégalités

Dans plusieurs autres villes, l’Afev (afev.org) recherche des étudiants ou de jeunes actifs pour ces colocations, qui permettent d’accéder à un logement et de se rendre utile à l’échelle d’un quartier ciblé. Quelques heures par semaine, le colocataire anime des ateliers pour les enfants ou des jardins partagés, organise des soirées, etc. « Depuis 1992, on met toute notre énergie dans la lutte contre les inégalités éducatives et la création de liens solidaires entre campus et quartiers populaires », plaide l’Afev.

Autre dispositif, géré par l’association L’aclef (l-aclef. fr), CoopColoc (coop coloc.fr) est disponible en Île-de-France et en Nouvelle-Aquitaine. Le principe : des bailleurs sociaux confient des logements vacants à l’association qui, à son tour, les loue à des étudiants pour un loyer modéré. Un véritable cercle vertueux pour les étudiants comme pour les plus jeunes.

Des avantages fiscaux pour le propriétaire

Louer une ou plusieurs pièces de sa résidence principale permet de bénéficier d’une exonération d’impôt si c’est aussi la résidence principale du locataire. En 2025, les propriétaires bénéficient de cette exonération si le loyer annuel reste sous un plafond de 213 €/m² en Île-de-France et 157 €/m² dans les autres régions.