Une climatisation efficace et économique, ça existe !

L’installation d’une climatisation ne doit être envisagée qu’en dernier recours. Pour un dispositif efficace, suivez le guide.

Par Fanny Guibert

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femme âgée et climatiseur
Getty Images/iStockphoto

Les épisodes de forte chaleur étant appelés à se répéter, difficile pour de nombreuses personnes de ne pas songer à s’équiper d’une climatisation. La climatisation fixe comporte une unité extérieure, gros caisson que l’on reconnaît facilement sur les balcons ou le côté des maisons. Il existe aussi des petits appareils mobiles qui sont moins efficaces et plus énergivores. Mais si vous choisissez un climatiseur fixe, il doit être installé par un professionnel.

Sollicitez-en au moins trois pour obtenir au moins trois devis. Pas seulement pour sélectionner le meilleur prix. Un climatiseur n’est pas un téléviseur, on ne met pas n’importe lequel n’importe où. D’autant que les climatiseurs sont désormais tous réversibles, c’est-à-dire qu’ils peuvent pulser du froid mais aussi du chaud. Il est donc important d’envisager cette double utilisation. Les explications qui suivent doivent vous aider à discuter au mieux avec les professionnels pour choisir la bonne solution.
 

Quelle pompe à chaleur air-air ?

Tous les climatiseurs fixes sont, en fait, des pompes à chaleur air-air. Elles captent les calories dans l’air du logement et les rejettent dans l’air extérieur. Ces appareils sont aujourd’hui tous réversibles.

Si l’on en croit le syndicat professionnel Uniclima, le marché français est essentiellement constitué de climatiseurs « split » comprenant une unité extérieure et au moins une unité intérieure. On distingue les splits avec une seule unité intérieure pour climatiser une pièce (monosplit) et celles avec plusieurs unités intérieures (multisplit). Il existe aussi des pompes monoblocs, qui rassemblent tous les éléments dans un seul appareil extérieur.

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Quels critères de comparaison ?

Des informations essentielles sont fournies par l’étiquette énergie de l’appareil. La principale est le Seer, coefficient d’efficacité frigorifique. Il tient compte de la puissance frigorifique et de la consommation électrique. Il détermine le classement énergétique de l’appareil, qui peut varier de A+++ à D.

L’étiquette indique aussi la puissance de la pompe (en kilowatts, kW) et une estimation de sa consommation annuelle (en kilowattheures par an, kWh/an). Les appareils étant réversibles, les mêmes informations sont fournies pour l’utilisation en mode chauffage.

Dernier élément essentiel, la puissance sonore de l’appareil. Elle est précisée pour l’intérieur et l’extérieur à l’aide d’un pictogramme maison.

L’étiquette énergie : le réflexe économique

Réclamez l’étiquette énergie pour l’appareil proposé, associant unité extérieure et unité(s) intérieure(s). Ne vous contentez pas d’informations partielles sur le devis pour la seule unité extérieure. Vous devez pouvoir comparer précisément les différentes configurations et les installateurs ont la possibilité d’éditer l’étiquette énergie qui correspond à leur proposition sur les sites des fabricants. Exigez-la !

Quelle puissance de climatisation ?

La puissance de la pompe varie selon la taille de la ou des pièce(s) à climatiser. « C’est en général moins de 2,5 kW pour une chambre et entre 2,5 et 5 kW pour un salon », indique François Deroche, président de l’Association française pour les pompes à chaleur (Afpac).

Mais la puissance est loin d’être l’unique critère et l’isolation est tout aussi déterminante. « Dans une maison neuve, 250 à 400 W peuvent suffire pour une chambre alors que dans une maison ancienne, ce sera plutôt 2000 et 2800 W. »

La pompe étant réversible, la puissance en mode chauffage doit également être adaptée au logement.

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Quelle puissance sonore ?

Attention : les fabricants indiquent souvent sur leurs documents commerciaux des pressions acoustiques. Or leurs mesures ne sont pas harmonisées.

Seule la puissance sonore indiquée sur l’étiquette énergie fait l’objet de mesures normées et permet de comparer différents appareils. Attention, quelques décibels d’écart font une grande différence : trois décibels de plus correspondent à un doublement de volume.

Quel gaz réfrigérant ?

Les pompes à chaleur air-air utilisent des hydrofluoro-carbures (HFC). Ils sont considérés comme des gaz à effet de serre et ont un impact sur le réchauffement climatique (Global Warming Potential ou GWP).

La totalité des appareils utilisent aujourd’hui du R-32. Ce gaz réfrigérant a un pouvoir de réchauffement GWP de 675. Le précédent fluide R-410A avait un pouvoir de réchauffement GWP de 2088. Il était donc beaucoup plus polluant et les fabricants avaient l’obligation de ne plus l’utiliser à partir de 2025. Mieux vaut éviter un appareil éventuellement bradé qui en contiendrait.

Quel prix ?

Il faut prévoir le prix de l’appareil et de son installation, cette dernière pouvant être plus ou moins complexe selon la configuration des lieux (distance entre les unités extérieure et intérieure[s], alimentation électrique, pose des tubulures).

Selon une grille de tarifs 2025 publiée par Engie, le budget indicatif est de 1 200 à 2 000 € pour une climatisation monosplit, et de 4 000 à 7 000 € pour une trisplit (climatisation dans trois pièces). 

Quel coût d’utilisation ?

L’étiquette énergie fournit une indication sur la consommation annuelle de l’appareil. Il s’agit d’une estimation théorique mais elle permet d’avoir une idée du surcoût entraîné par son utilisation. Il suffit pour cela de multiplier le nombre de kilowattheures indiqué sur l’étiquette par 0,2016 €, prix moyen du kilowattheure d’électricité (Tarif Bleu, option Base, toutes taxes comprises).

A titre indicatif, l’Agence de la transition écologique (Ademe) donne une fourchette allant de 100 à 700 W pour la consommation annuelle moyenne d’une climatisation fixe avec un coût variant de 27 à 120 € par an. .

Quelles aides financières ?

Il n’existe aucune aide d’État pour l’installation d’une pompe à chaleur air-air, ni MaPrimeRénov’ ni écoprêt à taux zéro (éco-PTZ) comme le rappelle l’Agence de la transition écologique (Ademe) dans son guide de référence.

Il est toutefois possible d’obtenir une aide des fournisseurs d’énergie dans le cadre du dispositif des certificats d’économie d’énergie (CEE). Il faut donc partir à la chasse aux certificats (couramment appelés primes énergie) en consultant les offres des fournisseurs d’énergie ou de carburants.

Quel installateur ?

Le recours à un professionnel est obligatoire pour l’installation d’une pompe à chaleur en raison de la présence de fluides frigorigènes.

L’entrepreneur doit posséder une attestation de capacité (dont vous pouvez vérifier la validité sur syderep.ademe.fr) et l’éventuel équipier qui assure la pose doit avoir une attestation d’aptitude à la manipulation du gaz.

Le professionnel doit impérativement procéder à une visite sur place, établir un bilan thermique et le remettre au client. Ce bilan prend en compte les données du logement (les dimensions, l’isolation, le nombre d’ouvertures, l’orientation… ) afin de déterminer le choix de l’appareil.

Il peut également inciter à réaliser au préalable des travaux pour réduire la puissance et donc la facture du client.

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Quel entretien ?

La réglementation impose une maintenance obligatoire tous les deux ans pour les pompes à chaleur de plus de 4 kW. « Un contrôle régulier s’impose pour nettoyer la machine, vérifier les connexions, le niveau du gaz réfrigérant », explique François Deroche.

La visite doit notamment permettre de vérifier l’absence de fuite, susceptible d’entraîner une pollution de l’environnement et une surconsommation de l’appareil. « Il y a un nettoyage des filtres à faire soi-même régulièrement, avec un aspirateur et/ou en les passant sous l’eau pour maintenir les bonnes performances de l’appareil », ajoute le président de l’Afpac.

Chaleur : comment éviter de faire flamber la facture

  • L’Agence de la transition écologique (Ademe) conseille de mettre en route la climatisation seulement lorsque la température de la pièce dépasse 26 °C .
  • Elle incite également à ne pas régler la température de consigne en dessous 26°C. « Passer la consigne de 23 °C à 26 °C divise la consommation par 4,2 à Paris, par 3 à Lyon et par 2,5 à Montpellier », indique-t-elle
  • De nombreuses mesures permettent également de limiter le réchauffement du logement pendant la journée et de favoriser son rafraîchissement la nuit ; l’Ademe les détaille dans son guide Comment garder son logement frais tout l’été
  • Ces mesures doivent être envisagées car elles peuvent permettre de se passer d’un climatiseur ou de se contenter d’un appareil moins puissant. Nous avons ainsi constaté que l’installation de stores extérieurs dans un logement pouvait permettre d’opter pour un appareil de 1880 W au lieu de 2 370 W. Vive les stores