Radiateurs électriques : nos tests de performance

Le chauffage électrique est réputé cher et inconfortable. Les radiateurs rayonnants, à inertie ou double système font-ils mieux que les convecteurs ?

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Un chat allongé sur un radiateur électrique
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Chat allongé sur un radiateur électrique

Pas facile de s’y retrouver lorsque l’on veut acheter un radiateur électrique ! L’offre est pléthorique et l’on peine à comprendre les différences entre les appareils. Les fabricants vantent leur chaleur douce, mais on a du mal à savoir de quoi il s’agit. Nous en avons testé 10 : convecteurs, rayonnants, à inertie, et à double système.

Les différents systèmes de chauffe

Commençons par distinguer les quatre principaux types d’appareils disponibles sur le marché.

  • Le convecteur, parfois surnommé « grille-pain », est le modèle le plus ancien. Il fonctionne selon le principe de la convection naturelle : l’air froid qui se trouve au sol entre par la partie inférieure, se réchauffe sur la résistance électrique puis ressort par une grille frontale et monte vers le plafond.
  • Le panneau rayonnant. Une résistance chauffe une plaque qui diffuse la chaleur par rayonnement vers les meubles, les murs, les personnes.
  • Le radiateur à inertie permet d’accumuler de la chaleur dans un corps de chauffe (en fonte, en pierre ou sous forme de fluide). Elle est ensuite diffusée doucement dans la pièce. D’où l’appellation de « chaleur douce » souvent utilisée.
  • Le radiateur double système associe un corps de chauffe à inertie et un panneau rayonnant, combinant a priori les avantages des deux technologies.

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Certains sont plus lents à chauffer la pièce

Les résultats de notre essai sont mitigés sur la rapidité de montée en température. C’est un atout du convecteur. Déception en revanche avec les panneaux rayonnants, deux sur trois manquant de rapidité. Déception également pour les radiateurs double système.

À l’inverse, un radiateur à inertie (Sauter) est bien placé, alors que ces appareils sont réputés lents. La rapidité semble donc moins liée à une technologie qu’aux réglages des fabricants.

On verra plus loin que la programmation et le pilotage à distance permettent aux utilisateurs d’arriver dans un logement déjà chaud et rendent donc moins nécessaires des remontées rapides, même pour des résidences secondaires.

Comment notre centre d’essais comparatifs a-t-il procédé ?

  • Nous avons évalué les performances des radiateurs en situation hivernale (pièce à 10 °C) et intermédiaire (pièce à 15 °C) La température ambiante a été mesurée toutes les 10 secondes et la consommation toutes les secondes.
  • Des photographies thermiques ont révélé la répartition de la chaleur sur la face avant et des mesures des plus hautes températures atteintes ont été menées avec un thermocouple.
  • Les radiateurs à fluide ont été soumis à un essai d’étanchéité.
  • Nous avons mesuré le temps que met le radiateur pour s’arrêter après simulation d’un courant d’air froid correspondant à l’ouverture d’une fenêtre.
  • Un jury de trois personnes a évalué le confort thermique ainsi que les éventuels bruits. Il a également noté la commodité d’emploi.

Au-delà du prix d’achat, le principal coût réside dans l’utilisation

Les différences de prix entre les technologies sont nettes. Les convecteurs sont bon marché, seulement 35 € pour celui de notre échantillon. Les panneaux rayonnants oscillent entre 70 et 100 €. On tourne autour des 300 € pour les radiateurs à inertie, et on les dépasse pour les appareils double système. Mais les prix peuvent grimper selon les formats, le design ou les options techniques.

Attention aux mauvais calculs : le principal coût avec des radiateurs électriques réside dans leur utilisation. L’électricité est l’énergie la plus chère. Cela vaut donc la peine de choisir un matériel performant pour réduire les frais sur la durée. Quitte à s’équiper progressivement, en changeant les radiateurs au fur et à mesure, pièce par pièce.

Un bon radiateur émet une chaleur stable

Quels sont les principaux critères pour choisir un radiateur performant ? Nous souscrivons aux critères retenus par la marque « NF électricité performance ». Elle se décline en version deux étoiles, trois étoiles et « trois étoiles + un œil » – l’œil signalant la présence de moyens pour optimiser l’utilisation du chauffage (programmation, connexion, détection…).

Plus il y a d’étoiles, plus l’appareil procure une chaleur stable, qui garantit un meilleur confort. À défaut, on enregistre des variations désagréables pour les occupants.

Une chaleur stable permet aussi de faire des économies car, si la chaleur varie, la tentation est forte de monter la température pour rester en zone de confort. On chauffe alors à 21 °C au lieu de 20 °C ou 19 °C, et on consomme plus d’électricité. Les résultats en termes de ressenti sont donc essentiels dans notre essai pour reconnaître les bons appareils.

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Bénéficiez d’une aide pour remplacer vos appareils

Sans surprise, ce sont des appareils « trois étoiles + un œil » ou équivalents que l’État incite à acquérir avec le dispositif « coup de pouce ». Il permet de bénéficier d’une aide pour remplacer de vieux « grille-pain ». La prime par appareil s’élève à 100 € pour les ménages modestes, à 50 € pour les autres.

Les radiateurs à inertie ou double système sont les plus performants

Sans surprise, le convecteur Concorde se révèle mauvais avec des fluctuations importantes. À l’inverse, la température ne fluctue pratiquement pas après avoir atteint le niveau souhaité avec le panneau rayonnant Sauter.

Les deux autres panneaux rayonnants sont moins performants. Notre tableau montre que, pour la stabilité de la chaleur, les radiateurs à inertie ou double système sont globalement meilleurs.

Cherchez la présence d’une programmation

Il faut également privilégier des appareils qui disposent de moyens pour optimiser l’utilisation du chauffage. Autrement dit, éviter de chauffer pour rien. La programmation, qui permet de faire passer automatiquement l’appareil en mode confort ou éco selon les jours et heures, est indispensable.

À part le convecteur, tous les appareils sont plutôt bien notés sur ce point. De’Longhi se distingue : il propose une télécommande (absente de l’emballage de notre modèle, mais que nous avons fini par obtenir) qui facilite son utilisation.

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Les deux radiateurs à inertie sèche sont connectés. Avantage : ils peuvent être pilotés avec une application. Donc via un smartphone ou une tablette, ce qui rend la programmation plus facile. La connexion permet aussi un pilotage à distance et/ou le jumelage d’appareils dans la même pièce. Le Sauter n’en tire toutefois pas vraiment profit avec un nombre limité de programmes.

Sécurité : prévenir les risques de brûlures

Pendant l’essai, nous avons enregistré des températures élevées à la surface de plusieurs radiateurs.

Les fabricants ne manqueront pas de souligner que nos mesures ont été réalisées dans des conditions qui ne sont pas exactement celles de la norme, même si elles en sont très proches. Ils feront également valoir qu’il s’agit d’un maximum et que, même à 101 °C, tous les appareils respectent la norme. C’est vrai, mais cela ne nous semble pas satisfaisant.
 

Un enfant pose sa main sur un radiateur

Dans un avis publié en 2012, la Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) rappelait qu’un contact d’une seconde à 70 °C suffit pour avoir une brûlure au second degré. Elle soulignait que les enfants n’ont pas le réflexe de retirer la main et peuvent rester collés à l’appareil plusieurs secondes.

Dans les écoles et les maternelles, les radiateurs ne doivent pas dépasser 60 °C. Les radiateurs de notre étude dépassant ce seuil ont, au mieux, une note de 12,5/20.

Nous demandons que les fabricants fournissent une information sur la température maximale de surface.

Détection de fenêtre ouverte ou de présence

Notre essai nous a également permis de tester la détection de fenêtre ouverte, disponible sur tous nos appareils. Le radiateur Acova n’a rien détecté, continuant à chauffer imperturbablement. Ce n’est pas le seul problème rencontré avec ce radiateur : nous sommes probablement tombés sur un appareil mal calibré.

Le radiateur Thomson a mis plus de 20 minutes pour s’arrêter, ce qui est beaucoup trop long. Les autres ont mis entre 4 et 8 minutes. Trois appareils assurent une remise en route automatique (De’Longhi, Thomson et Sauter rayonnant), qui s’est produite comme prévu. La détection de présence, proposée seulement sur le double système de Noirot dans notre échantillon, permet une adaptation encore plus précise à l’occupation du logement.

Nous avons enfin mesuré la consommation des radiateurs en veille. Devenus sophistiqués, ils sont en effet plutôt mis en veille que coupés. La consommation est alors résiduelle, mais certains modèles sont plus vertueux que d’autres.

Journaliste : Fanny Guibert. Ingénieur : Emmanuel Chevallier

À retenir

  • Un bon radiateur électrique garantit une chaleur stable. Les modèles à inertie et double système se révèlent globalement les plus performants sur ce critère.
  • Il faut s’intéresser de près aux outils proposés pour optimiser l’utilisation du chauffage : facilité de la programmation, connexion, détection de présence ou d’ouverture de fenêtres.
  • La température de surface de certains radiateurs est très élevée. Nous demandons que les consommateurs puissent la connaître avant d’acheter.

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