Robots cuiseurs : le prix ne garantit pas la qualité

Les robots multifonctions font un carton dans les cuisines. Mais faut-il dépenser une fortune pour obtenir un modèle fiable ? Nous en avons testé 10.

Par

Publié le

cuisiner avec un robot cuiseur

Pétrir, fouetter, couper, chauffer… Les robots cuiseurs peuvent remplacer la plupart des équipements de la cuisine pour réaliser entrées, plats et desserts. Ces couteaux suisses de l’électroménager se sont démocratisés avec la commercialisation de modèles à prix très compétitifs. Des produits qui, pour la plupart, possèdent désormais une connexion web utile pour intégrer toujours plus de nouvelles recettes.

Mais les moins onéreux égalent-ils vraiment les performances de ceux vendus à plus de 1 000 € ? Certains s’en rapprochent sensiblement, comme le montre cet essai comparatif de dix robots multifonctions.

À LIRE AUSSI >>> Test de centrifugeuses et d’extracteurs de jus
 

Des performances acceptables à bas prix

C’est le cas du Monsieur ­Cuisine Connect, de Lidl, et du Kcook Multi Smart, de Kenwood, proposés à 360 et 690 €. Des prix bien plus abordables que le fameux TM6-1 de Thermomix, qui se hisse tout juste à la troisième place de notre essai, malgré ses 1 300 €, le tarif le plus élevé du panel. 

Dans la catégorie haut de gamme, le modèle Moulinex vendu 1 020 € devance par ailleurs le Thermomix. Preuve que le produit le plus cher n’est pas forcément le meilleur. Les autres références proposées à bas prix, comme le Maestro blanc (Miogo) ou le DOP166 (DomoClip), offrent des performances acceptables.

A contrario, le H.Koenig, qui peine à reproduire cinq recettes sur les neuf testées, déçoit vraiment. Il est, par exemple, le seul à rater les légumes vapeur, pas assez cuits… Et que penser de son bœuf bourguignon, qui ressemble davantage à une moussaka ?

En un coup d’œil

  • Même avec un budget important, pas besoin d’opter pour le robot le plus cher. Le Moulinex fera très bien l’affaire. En revanche, si vous ne voulez pas casser votre tirelire, le Kenwood est un bon choix.
  • Attention : l’appareil Lidl, qui affiche le meilleur rapport qualité-prix, a déjà connu plusieurs couacs par le passé. D’autres dysfonctionnements peuvent toujours survenir.
  • Si vous choisissez le Thermomix, sachez qu’il faudra payer 36 € par an pour accéder aux recettes officielles du robot !

Des programmes plus ou moins fidèles

D’un appareil à l’autre, les différents mets sont donc diversement réussis. Les réalisations du Moulinex sont les plus convaincantes. Les robots Magimix et Thermomix parviennent également à reproduire fidèlement la plupart des plats.

  • L’auto-programme, très pratique

Plusieurs références proposent de nombreuses recettes en « auto-programme ». Un mode pratique, qui séquence la préparation des plats en plusieurs phases : à chaque étape, les paramètres clés comme la température ou le temps de cuisson sont automatiquement réglés. L’utilisateur n’a plus qu’à suivre les instructions affichées sur l’écran, sans se soucier des détails techniques pour réaliser sa recette.

  • Le maintien au chaud altère les plats

Moins convaincante : la fonction de maintien au chaud, qui dégrade la qualité de certains plats. Par exemple, après 45 minutes à 60 °C, les légumes du minestrone, censés rester fermes, ont ramolli. Un phénomène observé chez tous les robots testés, à l’exception du KitchenAid qui n’altère pas les ingrédients de la soupe italienne.

Comment notre centre d’essais comparatifs a-t-il procédé ?

Une personne mesure la température dans un robot-cuiseur

  • Deux techniciens ont jugé l’aptitude à la fonction des dix robots cuiseurs. L’objectif : vérifier que les appareils mitonnent le plus fidèlement possible les plats souhaités. Impensable d’attribuer, par exemple, une bonne note à un robot préparant une mayonnaise trop liquide ou un risotto trop sec. L’évaluation de l’aptitude à réaliser le minestrone inclut la capacité de l’appareil à maintenir la soupe au chaud sans la dégrader.
  • Les mêmes recettes ont été suivies pour chacun des mets testés. En cas de résultat décevant, les techniciens ont reproduit au moins une fois la recette avant de valider le résultat.
  • La commodité d’emploi a aussi été évaluée. Est-il facile d’accéder aux réglages de la température ou du temps de cuisson ? Le robot se nettoie-t-il rapidement ? La connexion au web apporte-t-elle vraiment un plus ? L’interface ainsi que la conception de chaque appareil ont été passées au crible. Nous avons également testé la préparation du robot, sa mise en route, le remplissage et le vidage du bol.
  • La consommation électrique, variable d’un robot à l’autre, a également été contrôlée. Tout comme le bruit produit par les appareils pendant les temps de préparation.

Consommation : du simple au double

En termes de consommation électrique, les résultats sont très contrastés. Dans la catégorie des moins énergivores, la palme revient au Thermomix, talonné par le KitchenAid et le Miogo. Pour accomplir les douze opérations demandées au cours de notre essai, le TM6-1 consomme seulement 1 564 Wh. Soit environ l’énergie utilisée par le H.Koenig pour réaliser un seul plat : le bœuf bourguignon – raté, en l’occurrence…

En tout, le H.Koenig, le plus gourmand en électricité du panel, consomme plus de 3 000 Wh. Il est suivi par le Moulinex (2 782 Wh), le Kenwood (2 657 Wh) et le Lidl (2 629 Wh). Sans surprise, plus les temps de cuisson sont longs, plus l’énergie demandée est importante. On s’étonne pourtant que certains appareils dépassent les 600 Wh pour réaliser un simple minestrone devant cuire en une heure.

En matière de nuisances sonores, la plupart des appareils ne dépassent pas les 75 dB(A), l’équivalent d’une salle de classe bruyante. Et aucun ne dépasse les 85 dB(A). Si, pour vous, le critère sonore est important, optez plutôt pour le Kenwood ou le Moulinex.
 

Attention à la corvée de nettoyage !

Côté commodité d’emploi, tous les robots testés obtiennent au moins la moyenne. Mais certains sont plus faciles à utiliser au quotidien. Le lavage, qui peut s’avérer fastidieux, est ainsi facilité lorsqu’un programme dédié existe, comme pour le Magimix. En pratique, il suffit de verser de l’eau avec du liquide vaisselle dans le bol et d’appuyer sur le bouton d’auto-nettoyage pour le récurer.

En général, quand ce mode n’est pas disponible, il est possible de laver les pièces de l’appareil en machine. Le Thomson Géni, malheureusement, n’offre aucune de ces deux options.

À LIRE AUSSI >>> Électroménager : prolongez la vie de vos appareils
 

L’accès aux recettes, du bon et du moins bon

Quid des recettes intégrées d’office dans les appareils ? La plupart en contiennent des dizaines, voire des centaines, comme le Moulinex ou le Magimix qui en proposent 300 chacun. Mais si vous souhaitez en obtenir davantage, et être guidé étape par étape, il faudra le plus souvent trouver la recette dans une application dédiée via votre smartphone et synchroniser celui-ci avec votre robot.

Ces applications ne se valent pas toutes : celle du Thomson, par exemple, jugée vide et difficile à utiliser, obtient une note très basse sur le store d’Android. A contrario, celle du Thermomix est plébiscitée, même si elle recueille un peu trop de données personnelles à notre goût, comme l’adresse IP ou le nom de l’utilisateur. L’accès à cette plateforme n’est par ailleurs pas gratuit : passé la période d’essai de six mois, il faudra débourser 36 € par an pour profiter des 5 000 recettes de l’application Cookidoo.

Journaliste : Adrian de San Isidoro. Ingénieur : Emmanuel Chevallier

Le choix de 60 Millions

Moulinex i-Companion XL (Type HF906) – 16/20 – 1 020 €

Cet appareil très silencieux reproduit correctement la quasi-totalité des préparations demandées, souvent réalisables en mode automatique.

Les ratés du Monsieur Cuisine Connect, de Lidl

Avec sa bonne note et son tarif très bas, le robot Lidl vendu sous la marque Silvercrest est le meilleur rapport qualité-prix de notre essai. Mais une série d’incidents survenus depuis sa commercialisation nous ont dissuadés de le recommander en premier choix.

L’été dernier, deux fanas d’informatique ont ainsi désossé l’appareil… et découvert un microphone non mentionné par le fabricant ! À ce jour, on ne sait toujours pas pourquoi un tel dispositif, susceptible de recueillir des données personnelles, a été installé.

En décembre, nouveau couac : le robot Lidl ne parvenait plus à télécharger de nouvelles recettes. Un comble pour un appareil censé être connecté. Le problème, pointé du doigt par des utilisateurs, a été résolu après une mise à jour logicielle. Et nous avons pu télécharger des recettes sans difficulté durant notre test.

Nos autres essais

Logement - Travaux

Tous les derniers contenus