Test de chaussures de running
La course à pied nécessite un équipement parfaitement adapté à votre physique. Sur douze paires de chaussures testées, nous en déconseillons trois.
Publié le
Si le style running est devenu une mode, l’esthétique des modèles devrait être le dernier critère d’achat pour les coureurs, loin derrière la capacité d’amorti, le confort, le poids de la chaussure, sa respirabilité… Car plus que la marche, la course nécessite un équipement adapté à son physique.
60 Millions de consommateurs a testé douze paires de chaussure de running sur ces critères. Nous en déconseillons trois.
Le type de foulée
Avant toute chose, un premier élément à connaître : le type de foulée, qui oriente le choix du modèle. Selon la façon dont s’effectuent vos appuis pendant la course, vous avez une foulée dite supinatrice, pronatrice ou universelle.
À LIRE AUSSI >>> Allergies aux chaussures et vêtements : enfin des pistes concrètes
Pour le savoir, le plus simple est d’examiner, sur vos anciennes chaussures, l’usure de la semelle, à l’avant. La foulée supinatrice, la plus rare, se repère à une usure au niveau de l’extérieur de l’avant-pied. La foulée pronatrice, un peu plus répandue, correspond à un pied qui s’affaisse vers l’intérieur : elle provoque une usure des semelles sur l’intérieur de l’avant-pied. Et la foulée universelle, la plus courante, use la semelle au milieu.
Demandez conseil aux vendeurs car certains modèles sont plus adaptés aux foulées minoritaires (pronatrice et supinatrice).
Sur piste, en campagne, pour le trail ?
Le type de terrain où vous courez le plus peut aussi orienter le choix, notamment pour les chemins accidentés en montagne ou en campagne, qui nécessitent des modèles adaptés au trail.
En magasin, testez les modèles plusieurs minutes en marchant, en courant et en vous étirant. Vous pourrez ainsi en apprécier le confort et l’ergonomie. Votre poids (plus il est élevé, meilleur doit être l’amorti), ainsi que celui de la chaussure, sont aussi à prendre en compte.
À LIRE AUSSI >>> Test de compléments alimentaires pour sportifs
Le prix n’est pas un critère de solidité
Nous avons mis à l’épreuve la solidité des douze modèles testés. Trois parmi les moins chers présentent une faiblesse au niveau du collage (Kalenji Kiprun Long, Pro Touch et Athlitech). Toutefois, certaines paires à 100 € n’offrent que des performances moyennes sur ce critère.
Le modèle d’Asics se montre le plus résistant sur tous les aspects testés (collage, déchirure, abrasion des semelles et doublures, etc.). À l’inverse, la paire Hoka One One montre quelques limites dans la durée : si vous êtes un coureur assez occasionnel, pas de soucis, mais dans le cas contraire vous pourriez regretter l’investissement (120 €).
À LIRE AUSSI >>> Skier écolo, est-ce possible ?
Une chaussure qui respire
Si vous courez de longues distances et que vous avez tendance à transpirer, tournez-vous vers les paires dont la première semelle intérieure (aussi appelée « première de propreté ») réussit à bien évacuer l’humidité : Asics, Kalenji Kiprun Long, Pro Touch et Reebok.
Si l’on considère la capacité globale de respirabilité des matériaux à l’avant des chaussures, la plupart des modèles s’en sortent bien, sauf Adidas.
À retenir !
Pour choisir de bonnes chaussures de running, regardez au-delà du design et (un peu) au-delà du prix : veillez surtout au confort du pied, à la qualité de l’amorti, à la robustesse des semelles, mais aussi au poids de la chaussure.
Votre type de foulée et votre terrain de prédilection sont deux autres paramètres importants. Les critères les plus discriminants à l’issue de nos tests sont le maintien d’un bon amorti après vieillissement et la capacité d’évacuation de la sueur de la première semelle.
L’amorti des semelles
L’enchaînement des foulées entraîne des chocs au niveau des talons dont l’intensité peut atteindre trois fois le poids du coureur. Ils se répercutent dans tout le corps. L’amorti des semelles doit donc être suffisamment efficace et endurant pour atténuer la transmission des chocs et le risque de blessures. On constate que l’amorti après vieillissement est globalement le talon d’Achille de tous les modèles, sauf deux (Nike, Mizuno).
Que ce soit à l’état neuf, ou après vieillissement, deux chaussures ont un amorti faible (Reebok, Kalenji Run Active Grip), c’est pourquoi nous les déconseillons. Athlitech, est aussi noté très insuffisant pour son amorti après vieillissement.
À LIRE AUSSI >>> Notre comparatif de salles de sport
Le jugement à chaud des coureurs
En plus des tests en laboratoire, nous avons fait tester les modèles par des coureurs et coureuses. Parmi les défauts à l’usage relevés, on notera surtout la protection des pieds. La paire de Nike ne protège pas assez sur les chemins, et les aspérités du sol se ressentent trop avec Athlitech.
Selon nos testeurs, les lacets des modèles Adidas, New Balance et Kalenji Kiprun Long ont tendance à se desserrer trop vite pendant la course. Enfin, nos panélistes ont pointé des sensations d’échauffement sous la plante des pieds quand ils courent avec les paires Brooks et Pro Touch.
Journaliste : Florent Pommier-Ross. Ingénieur : Charles Babin.
Les tests réalisés par notre centre d’essais comparatifs
Pour les chaussures, ce fut sportif !
- Nous avons éprouvé la résistance de la colle, la résistance à la déchirure et à l’abrasion des doublures et de la semelle. La capacité d’absorption et de désorption de la sueur par la première semelle a été mesurée, tout comme la quantité de vapeur d’eau qui peut traverser l’avant de la chaussure (respirabilité).
- L’essai d’amorti a permis d’évaluer la capacité d’amortissement des chocs : à neuf, puis après vieillissement par compression cyclique du talon (100 000 compressions, soit environ 200 km). Enfin, seize pratiquants réguliers (huit hommes et huit femmes) ont enfilé les modèles et noté leurs impressions sur route bitumée, chemin et piste d’athlétisme, par temps sec et sous la pluie.
- Chaque paire a été testée par deux hommes et deux femmes sur une distance cumulée de 50 km. Parmi les critères évalués : le confort ; la perception de la stabilité, de l’amorti et de l’adhérence ; la capacité d’absorption et d’évacuation de la sueur ; l’ergonomie générale (système de serrage, positionnement de la languette, poids, etc.) ; le ressenti sur sol accidenté.