La shrinkflation n’épargne pas les produits pharmaceutiques
Une boîte d’éponges hémostatiques est devenue plus grande et plus chère alors qu’il y en a moins dedans. Mais ça ne serait pas de l’inflation masquée…
Publié le
Jamais les emballages n’ont été autant scrutés pour démasquer les mauvaises affaires. Il faut dire qu’elles sont nombreuses ! Entre la shrinkflation, les emballages pleins de vide, ou encore les formats familiaux, lots et recharges plus chers au kilo, il y a de quoi perdre la boussole.
Pas étonnant qu’en se rendant dans sa pharmacie habituelle, Monique se soit inquiétée de l’augmentation de la taille de la boîte des éponges hémostatiques Bloxang, commercialisées par le laboratoire Bausch & Lomb. « J’ai d’abord pensé à un changement de conditionnement avec plus de produit, mais non, au contraire : la boîte contient 4 éponges hémostatiques au lieu de 5, et bien entendu à un prix supérieur », fustige-t-elle, photo à l’appui.
Des changements liés à un nouveau fabricant
Un emballage plus grand et plus cher qui contient moins de produit, il y a de quoi râler… Contacté, Bausch & Lomb se défend de pratiquer le concept de shrinkflation. Le laboratoire nous a répondu que dans le cadre de sa démarche qualité et de son approche RSE (responsabilité sociétale des entreprises), il a rapatrié la production de Bloxang en Europe. D’un fabricant indien, il est passé à un fabricant néerlandais. « Nous limitons ainsi l’impact carbone de notre production », explique-t-il.
Une décision qui a des conséquences sur le conditionnement, car ce nouveau fabricant possède seulement des blisters de quatre unités, d’où le passage de 5 à 4 éponges par boîte. Et sur le prix : « Notre coût de production du blister de 4 est 30 % supérieur au coût de production du blister de 5 fabriqué en Inde », justifie Bausch & Lomb.
Certes, mais si la motivation première est environnementale, comment expliquer que pour moins de produits, le nouveau packaging soit plus grand ? Cela entraîne en effet l’utilisation de plus de carton, et plus d’émissions liées au transport… Sur ce point, l’entreprise nous répond qu’elle est contrainte de s’adapter au gabarit standard de son producteur, ainsi qu’à sa ligne de production. « Tout se fait en ligne automatisée. »