Le flop des préservatifs gratuits

Une campagne vise à faire connaître ces outils de santé sexuelle lancés en janvier 2023 en pharmacie mais boudés par leur cible : les moins de 26 ans.

Par Adélaïde Robert

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Des préservatifs de toutes les couleurs
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Des préservatifs sont pris en charge par l’Assurance maladie pour les moins de 26 ans. Il s’agit des préservatifs Eden (Majorelle) et Sortez couverts ! (Polidis). Pour se les procurer, nul besoin d’ordonnance, juste de la carte vitale, et uniquement pour les majeurs. Mais depuis leur mise à disposition dans les pharmacies en janvier 2023, seuls 150 000 jeunes en auraient bénéficié. Les 15-25 ans représentent pourtant 8,6 millions d’assurés.

Face à ce qui s’apparente à un échec, Majorelle a lancé le 2 octobre le site capotes-gratuites.fr et une campagne pour mieux les faire connaître, en partenariat avec la chaîne de restauration rapide Burger King, l’application de rencontre Happn et la chaîne de librairies spécialisées dans les BD et Comics Momie. Le message est simple : la campagne rappelle que « les capotes gratuites… c’est dans toutes les pharmacies ».

Pourquoi la gratuité n’attire pas ?

Que les jeunes ne se soient pas saisis de cette économie peut s’expliquer de plusieurs façons. La campagne donne une piste d’explication : les jeunes ne vont tout simplement pas dans les pharmacies. 

Autre explication : ils se protègeraient moins. Ce que semblent indiquer plusieurs sondages Ifop indiquant une baisse du recours aux préservatifs chez les 15-24 ans, qui est passée de 48 % en 2020 à 34 % en 2022 et 29 % en 2023. Et qui est également corroboré par la hausse des infections sexuellement transmissibles (IST) observées.

Ou alors… ils ont moins de rapports, ce que suggèrent aussi certains sondages. Dommage, car au-delà de l’aspect affectif et psychologique, « l’activité sexuelle est bénéfique pour le cœur, profitons-en ! », rappelait la Fédération française de cardiologie à l’occasion de la St Valentin 2017. 

En tous cas, il est question dans le Projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) 2024 d’inscrire ce remboursement dans le droit et des demandes d’inscription d’autres préservatifs sur la liste des produits et prestations remboursables sont en cours. Le dispositif est peut être un flop mais il semble voué à durer.

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