Maux de tête : comment en venir à bout
Les céphalées bénignes disparaissent rapidement avec des antalgiques. Lorsqu’elles deviennent régulières, des traitements de fond peuvent soulager.
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Elle peut être pulsatile ou en étau, comprimer le crâne comme lors du port d’un casque ou d’un serre-tête trop petit. Ou taper, cogner, piquer la tête comme si des aiguilles étaient plantées au sommet du crâne… La douleur liée à une céphalée peut se manifester sous différents visages.
« Les patients nous disent “j’ai mal à la tête”. Il s’agit d’un motif de consultation très fréquent. Mais ce symptôme peut recouvrir une multitude de causes différentes ! », note la Dr Jennifer Doridam, neurologue spécialisée dans la migraine au centre antidouleur du groupe hospitalier Paris Saint-Joseph.
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Remonter à l’origine du mal
Premier réflexe, déterminer l’origine de ce mal de tête : est-ce un symptôme primaire (isolé) ou secondaire, c’est-à-dire lié à une maladie sous-jacente (lésions ou tumeurs cérébrales, maladies inflammatoires…) ? « Pour le savoir et obtenir un diagnostic précis, nous nous basons surtout sur l’interrogatoire du patient. Nous lui demandons de nous décrire la façon dont les maux de tête sont apparus : cela a-t-il été progressif ou brutal ? Comment se caractérisent les symptômes ? Où sont-ils localisés ? Apparaissent-ils en cas de fatigue et de façon régulière ? Perturbent-ils le sommeil ? », indique la Dr Doridam.
Dans la grande majorité des cas, il n’est pas nécessaire de réaliser d’examens complémentaires tels que scanner ou IRM du cerveau. « Mais ces derniers s’imposent lorsque le mal de tête est atypique, notamment si sa survenue est brutale et s’il s’aggrave depuis son apparition », précise la Dr Doridam.
Paracétamol et ibuprofène pour les douleurs bénignes
D’intensité moindre à modérée, les maux de tête ne sont pas invalidants : ils n’ont pas de retentissement sur la vie quotidienne ; la personne qui en souffre peut continuer à travailler, avoir une activité physique…
« Et cela, même s’il existe un fond douloureux permanent ou transitoire. Ces maux de tête peuvent durer quelques minutes ou toute une journée (en l’absence de traitements) et se loger à n’importe quel endroit du crâne. Toutefois, les localisations classiques sont le front, les orbites et la partie postérieure du crâne, dans la région occipitale », précise le Pr Pierre Amarenco, chef du service de neurologie (hôpital Bichat, Paris). Comment savoir si l’on souffre d’un mal de tête peu intense et, surtout, bénin ?
« Il n’impacte pas la vie courante, et doit disparaître (en 1 à 2 heures) grâce à la prise de paracétamol ou d’aspirine (de 500 mg à 1 g) ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (sans corticoïdes) tels que l’ibuprofène (de 200 mg à 400 mg) », affirme le Pr Amarenco.
Les céphalées de tension sont dues au stress
Parmi ces maux, la céphalée de tension est particulièrement fréquente : « Il s’agit du mal de tête que l’on a tous expérimenté lorsqu’on est fatigué ou stressé. Bénin, ce type de céphalée est souvent lié aux tensions psychologiques que nous pouvons subir au quotidien. Il peut également être en lien avec une mauvaise hygiène de vie : manque de sommeil, d’activité physique… », note la Dr Doridam.
Différente de la migraine, elle est souvent bilatérale (la douleur touche les deux côtés de la tête). La douleur n’est pas majorée par la pratique d’une activité physique et ne s’accompagne jamais de nausées ni de vomissements. Mais elle peut durer entre 30 minutes et plusieurs jours. La plupart des céphalées de tension légères à modérées sont soulagées par les médicaments antidouleur habituels. Masser la zone douloureuse peut aussi apporter une amélioration. Le stress étant souvent une composante importante, les personnes qui en souffrent présentent, en général, des contractures au niveau des muscles du cou ou du crâne.
« Je prescris très souvent la kinésithérapie cervicale : elle permet d’apprendre des exercices pour détendre les muscles de la tête et du cou et d’améliorer sa posture. Ce traitement est très efficace pour diminuer l’intensité et la fréquence des céphalées de tension, si le patient effectue ses exercices tous les jours », constate la Dr Doridam. Les techniques de relaxation (yoga, méditation de pleine conscience, thérapies cognitives et comportementales) sont également très utilisées et efficaces pour diminuer les douleurs engendrées par le stress.
Des antidépresseurs en cas de chronicité
Néanmoins, dans certains cas, les céphalées de tension peuvent devenir chroniques : permanentes et parfois même, quotidiennes. « Dans les cas de céphalées chroniques, nous pouvons être amenés à prescrire des traitements médicamenteux, notamment l’amitriptyline, un antidépresseur (de la famille des tricycliques) », explique la Dr Doridam. Ces médicaments ne sont pas utilisés pour leurs fonctions antidépressives mais pour leur fort pouvoir antalgique.
