Maux de tête : oubliez les opioïdes !
40 % des personnes prenant de la codéine le font pour des céphalées. Un mésusage qui peut augmenter la fréquence des crises.
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Il y a des douleurs pour lesquelles les antalgiques opioïdes ne doivent vraiment pas être utilisés. C’est le cas des céphalées (maux de tête), qu’elles soient migraineuses ou pas, aiguës ou chroniques, et quelle que soit l’intensité de la douleur.
Un mauvais usage trop courant
Pourtant, on sait qu’environ 40 % des personnes qui prennent de la codéine en France le font pour des céphalées ou des migraines, alors que cet opioïde n’est plus en accès libre depuis 2017 ! « Nous sommes face à un double mésusage, de la part des prescripteurs et de la part des patients », souligne Nicolas Authier, chef du service de médecine de la douleur au CHU de Clermont-Ferrand.
« Le problème, c’est que, comme la codéine n’est pas très efficace contre les céphalées, le patient en reprend, poursuit-il. Il risque alors, d’une part, de développer de nouvelles céphalées dues à l’abus médicamenteux et, d’autre part, de développer une dépendance. »
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Quand le remède est pire que le mal
Il est recommandé d’éviter aussi les opioïdes pour les douleurs dites « nociplastiques ». « Ce sont des douleurs pour lesquelles on n’a pas mis en évidence de lésion particulière, et qui résultent d’un dysfonctionnement des voies neuronales de la douleur », explique Anne-Priscille Trouvin, rhumatologue et médecin de la douleur à l’hôpital Cochin, à Paris.
Il s’agit, par exemple, des douleurs associées à la fibromyalgie ou au syndrome de l’intestin irritable, de certaines douleurs faciales, ou de douleurs pelviennes chroniques. « Pour ces douleurs, les médicaments à base d’opioïdes ne sont pas efficaces. » Pire : « Un suivi à long terme montre même que les patients qui en prennent évoluent plutôt moins bien », ajoute l’experte. Une bonne raison pour ne pas en prendre.
