Obésité : les nouveaux médicaments vont-ils placardiser la chirurgie ?
L’arrivée de nouveaux traitements offre une alternative à la chirurgie de l’obésité pour certains patients. Les chercheurs travaillent à les associer.
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Le gouvernement a annoncé ce 14 janvier 2026 sa feuille de route à l’horizon 2030 pour la prise en charge des personnes en situation d’obésité. L’un des objectifs affichés est d’« augmenter l’accès à des soins personnalisés, de proximité et inscrits dans la durée ». L’occasion de s’interroger sur les traitements de cette maladie chronique. Existe-t-il un match des thérapies anti-obésité ? Les nouveaux médicaments vont-ils placardiser la chirurgie ? « Non ! », répondent unanimement les spécialistes. Les deux approches semblent complémentaires et la recherche travaille actuellement à trouver les meilleures manières de les associer.
« En général, les médicaments arrivent plus tôt que la chirurgie dans le parcours du patient obèse », explique la Dre Judith Aron Wisnewsky, professeure de nutrition à Paris. Claire Blanchard-Louis, chirurgienne au CHU de Nantes, opine : « C’est important d’avoir différentes options à proposer aux patients. »
Quand les patients n’ont pas le choix
Certaines personnes peuvent préférer la chirurgie aux médicaments ou vice versa. Car, quelques années après la chirurgie, le suivi peut être allégé, alors que les médicaments anti-obésité, eux, devront être pris à vie. « Et on n’a pas encore de données sur leur effet sur le long terme », complète la chirurgienne.
En outre, les analogues du GLP-1, comme Wegovy et Mounjaro, ne sont pour l’heure toujours pas remboursés, alors que la chirurgie de l’obésité est prise en charge par l’Assurance maladie. La situation pourrait changer. La haute autorité de santé (HAS) recommande en effet une prise en charge du Mounjaro et du Wegovy, pour les personnes ayant un IMC supérieur à 35. « Dans quelles conditions et à quel prix. C’est tout l’enjeu de la négociation conventionnelle en cours entre le laboratoire et le comiité économique des produits de santé », indique le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
Une question de coût
Tant que cette situation perdure en France, le coût rentre dans l’équation pour choisir une option plutôt qu’une autre. Les traitements antiobésité coûtent entre 180 et 450 euros/mois selon la molécule et le dosage. De même, « la chirurgie n’est pas efficace sur certaines obésités génétiques, comme le syndrome de Prader-Willi », précise Marie-Claude Brindisi, endocrinologue.
Cette maladie, principale cause d’obésité génétique, concerne une naissance sur 15000. Si les données sur le traitement de ces patients avec les nouveaux médicaments anti-obésité sont encore éparses, ils pourraient être bénéfiques, tant sur le poids que sur les troubles métaboliques.
Ces molécules pourraient aussi aider des patients chez qui la chirurgie n’a pas eu l’effet escompté. « Certains patients opérés ne perdent pas le poids attendu, sans que l’on sache pourquoi », reconnaît la Pre Claire Blanchard-Louis. De plus en plus d’études mesurent l’effet du traitement médicamenteux prescrit après la chirurgie. Mais, là encore, les recherches débutent seulement.
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En préparation d’une chirurgie
Enfin, les médecins réfléchissent à des thérapies combinées. Il s’agirait, notamment, de prescrire le traitement médicamenteux en préparation de la chirurgie, afin de commencer la perte de poids et de réduire le risque chirurgical de patients souffrant d’une très forte obésité.
« Les patients avec un IMC supérieur à 50 présentent des risques chirurgicaux très importants », explique la Pre Blanchard-Louis. La recherche n’a pas encore toutes les réponses. Mais les médecins en sont certains, la multiplicité des traitements permettra de mieux traiter et prendre en charge davantage de patients. « En France, 17 % de la population souffre d’obésité, mais seulement 1 % bénéficie d’une chirurgie », souligne la spécialiste.