Test de médicaments antidouleur
Paracétamol, ibuprofène, aspirine… en automédication, certains médicaments doivent être évités.
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Oui à l’automédication pour soulager une douleur légère ou modérée. Mais sur une courte durée (3 à 5 jours maximum), avec le bon médicament, et au bon dosage. Doliprane, Efferalgan, Nurofen, Aspegic, Aspirine UPSA ou du Rhône… En pratique, chacun y va de sa marque préférée et de ses petites habitudes.
Il y a ceux qui ne jurent que par l’aspirine « parce qu’il n’y a que cela qui marche contre les maux de tête », assurent-ils. Ceux qui plébiscitent l’ibuprofène « contre les rages de dents ». Quand d’autres optent systématiquement pour du paracétamol. Paracétamol, ibuprofène et aspirine constituent officiellement le premier palier de prise en charge de la douleur. Mais bien que d’usage très courant, ces principes actifs ne sont pas dénués de risques.
En premier lieu, choisir le paracétamol… à petite dose
C’est pourquoi le choix entre ces trois molécules ne doit pas s’effectuer selon ses petites certitudes et habitudes, mais en fonction du profil bénéfice/risque de chacune d’entre elles, un profil qui varie selon sa situation de santé (âge, grossesse, maladies chroniques…).
Le paracétamol est de loin celui qui présente le meilleur rapport bénéfice/risque. Pour traiter la douleur, le choix doit donc se porter en premier lieu sur cette molécule. « Pour autant, le paracétamol n’est pas un bonbon. À 3 g par jour, il est anodin. À 10 g par jour, il devient potentiellement mortel », alerte le Pr François Chast, de l’Académie nationale de pharmacie.
En cas de surdose, le paracétamol devient toxique pour le foie. Le risque de toxicité hépatique, qui constitue le principal effet indésirable du paracétamol, est également augmenté lors d’une consommation importante d’alcool.
Attention au mélange paracétamol et alcool
Le Pr Chast juge d’ailleurs que l’intoxication au paracétamol en lien avec l’alcool constitue un « vrai problème de santé publique ». Les consommations excessives d’alcool au moment de la prise de paracétamol sont donc à proscrire. « Pour les mêmes raisons, il est hors de question de prendre du paracétamol dans les 48 heures qui suivent une alcoolisation aiguë, après une cuite par exemple ou chez les personnes qui font du “binge drinking” [une pratique qui consiste à boire beaucoup d’alcool en très peu de temps] », martèle le spécialiste.
Attention aussi aux surdoses de paracétamol provoquées par la prise concomitante de certains médicaments très connus contre le rhume ou contre la grippe, vendus en accès libre, qui incorporent du paracétamol entre autres principes actifs.
La liste des effets indésirables s’allonge avec l’ibuprofène
Avec l’ibuprofène, la liste des effets indésirables potentiels s’allonge. Ainsi, le risque de souffrir de troubles digestifs bénins (inconforts gastro-intestinaux, nausées…) ou sérieux (ulcères…) est fréquent sous ibuprofène. Ce principe actif s’avère, entre autres, potentiellement toxique aussi pour le rein. « La prudence s’impose chez les patients qui souffrent déjà d’une insuffisance rénale fonctionnelle et chez les personnes âgées », précise le Pr Chast.
Mais contrairement au paracétamol, l’ibuprofène exerce aussi une action anti-inflammatoire utile contre certains types de douleurs. En prenant certaines précautions (prise au cours des repas, choix de comprimés de 200 mg plutôt que 400 mg…) et en l’écartant pour les populations à risques, cet anti-inflammatoire garde néanmoins sa place contre la douleur en automédication… mais en second choix, quand la prise de paracétamol ne soulage pas le malade…
Victoire N’Sondé. Docteur en pharmacie : Christian de Thuin
Téléchargez la suite de notre article et les résultats complets de notre essai publié dans le n° 537 de 60 Millions de consommateurs (mai 2018) :