Test de balances et tensiomètres connectés
Prendre son poids et sa tension et afficher les résultats sur son smartphone, c’est désormais possible.
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[[asset:image:2419 {« mode »: »full », »align »: »null », »field_asset_image_copyright »:[« Thinkstock »]}]]Des bracelets qui comptent le nombre de vos pas et transmettent l’information à votre téléphone ; des thermomètres qui prennent la température et vous présentent ensuite des courbes ; des balances qui vous envoient l’historique de votre régime ; des tensiomètres qui communiquent à votre médecin la moyenne de votre pression artérielle…
La déferlante des objets connectés a investi le domaine de la santé et du bien-être, sans que l’on sache clairement où situer la frontière entre les deux.Et c’est un problème, car la balance ou le bracelet ne sont pas rangés dans la catégorie des dispositifs médicaux : leurs fabricants sont donc complètement libres et n’ont pas à se fonder sur des références médicales ou scientifiques pour étayer leurs affirmations et informations.
À l’inverse, par exemple, des tensiomètres automatiques, qui doivent répondre à des normes européennes et françaises et font l’objet d’une déclaration auprès de l’Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).
Objets de bien-être ou de santé ?
Ainsi, des centaines d’objets connectés et des milliers d’applications mobiles se côtoient, et il s’avère difficile de séparer le bon grain de l’ivraie en l’absence d’un dispositif public – qu’il soit français ou européen – de labellisation. Si bien que des labels privés naissent dans quelques pays en Europe. Le prochain sera d’ailleurs issu d’une jeune entreprise française, DMD Santé, qui crée mHealth Quality.
Mais quand on possède un objet de mesure comme un thermomètre, un tensiomètre ou un bracelet, qu’apporte de plus la connexion ? Pour les patients, les avantages peuvent être nombreux : se motiver dans une reprise d’activité physique, suivre régulièrement son état de santé, comprendre les évolutions et pouvoir modifier rapidement ses habitudes, communiquer des informations à son médecin (s’il en est d’accord), voire alerter ce dernier. Les médecins engagés dans cette démarche y voient aussi des points positifs : des patients qui se prennent mieux en charge et suivent leur traitement (meilleure observance), et une amélioration globale de la prévention.
Données sensibles car intimes…
« L’e-santé est perturbante pour la médecine, car habituellement cette dernière centre tout sur la crise, le moment où ça ne va pas, analyse le philosophe François Ewald. L’e-santé est précisément dans le champ du préventif et veut éviter la crise. Et puis il y a une modification dans le rapport entre le savoir et le pouvoir : c’est un peu de médical qui échappe au champ médical, avec un patient qui se met au centre. »
À la lumière de cette réflexion, qui dit santé connectée dit aussi santé sous éventuelle influence. Sous influence d’objets et applications mobiles mal documentés, qui sonnent l’alarme parfois trop vite et poussent à aller chez le médecin pour un oui ou pour un non. L’obsession de la mesure est une tendance de certains patients, qui va à l’encontre du réconfort et de l’apaisement recherchés.
Un autre risque de la santé connectée est lié à l’exploitation des données de santé enregistrées par les fabricants – et ô combien sensibles parce qu’intimes. Les fabricants cèdent-ils ou vendent-ils les données à des tiers comme des établissements de santé, des chercheurs, des assureurs ? Dans quels buts : l’amélioration du service aux usagers, l’analyse statistique ? Quand ils les réutilisent, les fabricants rendent-ils bien les données anonymes ?
… Et surtout convoitées
« Sur le marché noir des données, les informations bancaires – numéro de carte bancaire, par exemple – étaient jusque-là les plus précieuses, mais les données de santé coûtent désormais plus cher », affirme Délia Rahal-Löfskog, chef du service santé à la Commission nationale informatique et libertés (Cnil). En novembre, dans un colloque organisé par l’Institut national de la consommation, Martine Pinville, la secrétaire d’État à la consommation, évoquait « les risques de revente à des banques et assurances par les databrokers [courtiers de données] ».
Demain, un assureur santé augmentera-t-il le prix du contrat d’un affilié qui ne prendrait pas bien les médicaments de son pilulier connecté ou n’utiliserait pas régulièrement son tensiomètre ?
Notre échantillonnage
Les objets de santé connectés peuvent être utiles à qui veut se fixer des objectifs de remise en forme ou à qui doit absolument mesurer sa tension ou sa glycémie de façon régulière. Encore faut-il que les mesures soient fiables, et que les données soient bien protégées. Pour le savoir, nous avons testé huit pèse-personnes et quatre tensiomètres connectés via téléphone ou tablette, ainsi que deux tensiomètres connectés via un ordinateur.
Sur le plan des performances de mesure, la plupart des modèles testés s’en sortent bien. Nous sommes allés au-delà pour évaluer le niveau de sécurisation des données personnelles mis en place par les fabricants. Et là, ce n’est pas toujours brillant…
Téléchargez notre essai comparatif de balances et de tensiomètres connectés :
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