Steaks végétaux : pas assez de protéines !

Nous avons analysé la composition de dix galettes et steaks végétaux préemballés, achetés en grande surface. Et nous n’avons pas été emballés.

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Un steak végétal
Getty Images/iStockphoto
Un steak végétal

Certes, les Français aiment encore la viande. Mais la consommation carnée semble baisser inexorablement. Selon une étude TNS Sofres menée en 2016, 38 % des Français affirment en acheter moins (5 % de plus qu’en 2014). Et c’est tant mieux, disent en substance les experts de l’environnement et les nutritionnistes ! 

« En France, près de 70 % des apports protéiques proviennent de sources animales, et 30 à 40 % des végétaux, alors que le Programme national nutrition santé (PNNS) conseille un ratio de 50/50 », rappelle Stéphane Walrand, directeur de recherches du laboratoire de nutrition humaine à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Clermont-Ferrand.

 

Les grands de l’industrie agroalimentaire alléchés


Pour faire le plein de protéines végétales, la meilleure solution est de consommer des céréales et des légumineuses comme les pois chiches, les lentilles ou les fèves. Sauf que tout le monde n’a pas le temps ni l’envie de les cuisiner.

D’où l’engouement pour les galettes et steaks végétaux, très souvent à base de soja, l’une des légumineuses les plus riches en protéines, ou encore de céréales comme le sarrasin, le blé ou l’avoine. Longtemps réservés aux marques bio et végétariennes, ces ersatz de viande sont désormais fabriqués par des grosses pointures de l’industrie agroalimentaire.

Alléchés par ce marché en expansion, Carrefour et Herta ont lancé leurs gammes végétariennes, imaginées pour répondre aux besoins des flexitariens – une sorte de végétarisme à temps partiel – comme des végétariens. Mais, pour qui recherche les mêmes apports nutritionnels que le steak – des protéines et des micro-nutriments, comme le fer –, pas sûr que ces “canada dry” de la viande remplissent leur mission.

 

Un bilan nutritionnel mitigé


Afin de le vérifier, nous avons étudié, avec la collaboration d’une diététicienne, Vanessa Guyot, dix galettes et steaks végétaux préemballés, achetés en grandes surfaces.

Premier constat : sur le plan nutritionnel, il y a à boire et à manger. « Si la recette n’inclut pas de soja ni de seitan [un produit riche en protéines à base de blé ou d’épeautre, NDLR], il est difficile d’atteindre un apport en protéines suffisant pour répondre aux besoins quotidiens, explique Vanessa Guyot. Comme la viande, le steak végétal doit contenir au moins 15 % de protéines. »

Une condition que ne remplit pas la moitié de nos produits : Picard, Bjorg, Monoprix, Céréalpes et Herta affichent entre 3 et 8,6 g de protéines, là où d’autres steaks végétaux avoisinent les 20 g (Lima), soit autant qu’un morceau de viande…

Patricia Chairopoulos

Téléchargez la suite de notre article et les résultats complets de nos analyses :

Steaks végétaux : étude comparative
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