Test de crèmes antirides
Dans les conditions de notre étude, seules trois références sur les dix crèmes antirides testées ont montré une efficacité probante.
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Avec l’automne, les publicités pour les crèmes antirides ont fait leur grand retour. Côté marketing, la formule magique d’une crème antirides, c’est avant tout du rêve en pot. Selon les campagnes publicitaires, c’est une actrice célèbre ou une anonyme aux traits harmonieux qui apportent la nécessaire touche de glamour.
Tendance discutable, les filtres UV
Conscients que vendre du rêve ne suffit pas, les marques de cosmétiques mettent également en avant des actifs stars censés booster les performances anti-âge des formules. À côté du Q10 et de l’acide hyaluronique, devenus des classiques, ou encore de la grenade, très en vogue depuis quelques années, les fabricants vantent les vertus de nouveaux actifs antirides parfois étonnants, comme de la truffe noire ou de l’extrait de météorite. Jusque-là, rien de répréhensible, même s’il reste à démontrer l’intérêt de tous ces actifs, au-delà de l’effet marketing.
Une autre tendance forte du moment se révèle, en revanche, plus discutable. Dans les crèmes antirides, comme d’ailleurs dans d’autres produits destinés aux soins du visage, les fabricants incorporent désormais des filtres UV, alors que ces cosmétiques ne sont pas dédiés à la protection solaire.
Mais comment espérer obtenir une efficacité anti-UV à la hauteur du niveau de protection annoncé quand on sait que, pour une crème réellement dédiée à la protection solaire, il est recommandé, d’une part, de renouveler l’application tout au long de la journée et, d’autre part, d’appliquer d’importantes quantités de produit sur le visage si on veut être suffisamment protégée ? Or, une crème antirides s’applique le matin ou, tout au plus, deux fois par jour et ce, en touches légères.
Une efficacité mesurée
Le fait d’afficher un niveau de protection solaire sur des antirides dont ce n’est pas la vocation première ne donne-t-il pas, par ailleurs, un faux sentiment de sécurité ? Et cette mention n’incite-t-elle pas à exposer son visage de manière inconsidérée ?
On le comprend, toutes ces questions interrogent sur la pertinence de recourir à des filtres UV dans des antirides. Leur présence interpelle aussi par le fait que certains d’entre eux sont potentiellement allergisants ou soupçonnés de toxicité (parfois même de perturbation endocrinienne potentielle).
Dans une crème de soin à visée purement esthétique comme un antirides, la présence de filtres UV à risque avéré, ou même seulement soupçonnés de toxicité, n’est pas acceptable…
› La majorité ne brille pas. Dans ce nouvel essai d’antirides proposé par «60», deux références sur les dix testées contiennent des filtres UV. Il s’agit d’un produit de la gamme Nivea et un autre de la marque Cien, du groupe Lidl. Lors de l’évaluation de leur composition, tous deux ont été pénalisés par nos experts, du fait de la présence de ces filtres et/ou du fait de leur nature. Qu’en est-il de leurs concurrents ? Même sans filtres UV, la majorité d’entre eux ne brillent pas non plus par leur composition.
› Derrière les actifs anti-âge vantés sur le packaging, les listes d’ingrédients inscrites au dos des emballages révèlent les noms de substances peu recommandables. Il s’agit d’allergènes ou de phénoxyéthanol, un conservateur controversé (dont la présence a néanmoins été notée moins sévèrement que dans les produits pour bébé où son utilisation est déconseillée par les autorités françaises)…
› Tests révélateurs. Les compositions, loin d’être irréprochables de bon nombre de produits, mettent à mal le rêve marketé que les fabricants de crèmes antirides essaient de vendre. Ce rêve en pot finit de s’effondrer pour la majorité des références…
Victoire N’Sondé. Ingénieure : Justine Berteau
Téléchargez l’intégralité de notre article et les résultats complets de notre essai publié dans le n° 542 de 60 Millions (novembre 2018) :