7 kits solaires testés : les plus performants au meilleur prix

Les kits photovoltaïques permettent de réduire un peu sa facture d’électricité, mais leurs performances sont inégales. Les critères pour bien choisir.

Par Fanny Guibert

Publié le

Un père et sa fille portent un panneau photovoltaïque

« Installation rapide en cinq minutes chrono. » « Il vous faudra moins d’une minute, montre en main, pour commencer à produire et autoconsommer votre électricité solaire. » À en croire les vendeurs de kits photovoltaïques, les particuliers peuvent se transformer en producteurs d’électricité en un claquement de doigts. Ont-ils raison ?

Alors oui, ces kits composés le plus souvent d’un ou deux panneaux, d’un micro-onduleur et d’un châssis sont globalement faciles à installer et peuvent se raccorder à une prise standard. Le courant produit est injecté dans le circuit électrique du logement et peut être consommé par les appareils en fonctionnement. Mais il n’est pas question pour autant de s’équiper à la va-vite. L’installation d’un kit, même petit, doit être réfléchie, Il est indispensable de se demander au préalable : où l’installer ? Quelle puissance choisir ? La prise prévue peut-elle supporter le branchement sans risque ?

Ils sont destinés à l’autoconsommation

Le kit doit être positionné dans un espace dégagé pour pouvoir pleinement capter les rayons du soleil. Attention à tous les éléments susceptibles de lui faire de l’ombre, notamment l’après-midi. Les panneaux doivent aussi être orientés plein sud. Pour donner une idée, la surface nécessaire est d’au moins 2 m² pour un panneau et 4 m² pour deux panneaux.

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Les tests exclusifs à retrouver dans le numéro d’été de 60 Millions de consommateurs : 8 crèmes et sprays solaires à haute protection (SPF 50+), 9 kits photovoltaïques, 7 applications de randonnées.

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Découvrez tous les résultats de nos tests et nos enquêtes dans le numéro de juillet-août 2025 de 60 Millions de consommateurs (lire • acheter).

Concernant la puissance, elle doit être ajustée aux besoins du foyer. Pour éviter le gaspillage, mais aussi pour éviter un surplus de production qui, faute d’être consommé, sera injecté sur le réseau. Le client qui installe un kit doit signer avec le gestionnaire de réseau une convention d’autoconsommation sans injection (CACSI). Tout doit donc être consommé.

Les kits ont, en fait, vocation à couvrir la consommation des appareils qui tournent en permanence dans le logement : réfrigérateur, congélateur, ventilation mécanique contrôlée, alarme, box internet, horloge de four, appareils en veille… Ce « talon de consommation » est variable selon les foyers et l’Agence de la transition écologique (Ademe) nous a dit travailler à l’établissement de données. Pour l’estimer, vous pouvez étudier votre consommation pendant les jours d’absence (vacances).

Des risques de surchauffe

Le kit doit être branché sur une prise reliée à la terre. De plus, l’installation ne doit comporter, en principe, qu’un panneau produisant 350 watts si la prise aboutit à un disjoncteur de 16 A. Pour deux panneaux, il faut un disjoncteur de 20 A. Une puissance maximale de 900 W peut alors être envisagée, mais sous réserve d’avoir aussi des câbles de 2,5 mm².

Ces recommandations émanent du Syndicat des énergies renouvelables (SER) et d’Enerplan, qui ont publié un guide des bonnes pratiques avec le soutien de l’Ademe. À défaut, il y a des risques de surchauffe et donc d’incendie.

L’installation d’un kit implique donc une préparation qui prendra plus de cinq minutes. Des étapes que les fabricants passent souvent sous silence. Ainsi, les consommateurs ne sont pas assez informés sur leurs obligations légales : signature d’une convention avec le gestionnaire du réseau et, si l’installation est à plus de 1,8 m du sol, déclaration en mairie. Certains fabricants proposent des liens pour télécharger les formulaires de déclaration nécessaires, mais pas tous. L’information n’est pas assez détaillée, et même inexistante chez Ultrawatt, qui n’évoque pas du tout la CACSI, ni dans sa documentation ni sur son site ! Même regret pour les préconisations en matière de sécurité électrique. 

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Les kits prémontés plus faciles à installer

La puissance en sortie des panneaux indiquée par les fabricants se révèle plutôt fiable, sauf pour le modèle Avidsen, pour lequel nous avons constaté un écart de presque 15 %. Le signal électrique qui sort du micro-onduleur d’Avidsen n’est, par ailleurs, pas de bonne qualité. Ce signal dégradé peut être à l’origine de pertes d’énergie, de surchauffe et d’interférences électromagnétiques sur le réseau domestique. Même constat pour le kit Pow’Up. Les deux ont un taux de distorsion très élevé, de l’ordre de 25 %, alors que les autres modèles se maintiennent sous la barre des 5 %.

La facilité d’installation est plus grande avec les kits prémontés. Les panneaux, le micro-onduleur et le support sont préassemblés en usine par le fabricant. Avec les autres, il faut procéder soi-même à l’assemblage et l’opération se révèle souvent laborieuse. L’appareil doit, par ailleurs, être lesté. Des ballasts à remplir avec de l’eau ou du sable peuvent être fournis, sinon il faut utiliser des dalles de béton ou d’autres poids.

Il faut être deux pour installer le kit, souvent livré dans un carton volumineux et proche des 50 kg. Dernier point de vigilance : les câbles de branchement n’ont pas tous la même longueurnbsp ;: 10 m pour DualSun, seulement 3 m pour Avidsen !

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Notre test avec des grêlons de 35 mm

La mise en route de l’application de suivi est la dernière étape de l’installation. Elle permet de suivre, sur smartphone ou tablette, la production du kit. L’établissement de la communication avec le kit s’est révélé globalement facile. Il existe, en revanche, des différences sur la présentation et la richesse des contenus.

L’essai de résistance à la grêle a été globalement bien franchi par les kits de notre comparatif. Il a été réalisé dans des conditions plus sévères avec des grêlons de 35 mm au lieu des 25 mm habituellement utilisés pour ce test. Seul Sunology a subi une détérioration. Mais lorsque nous avons vérifié sa capacité de production après les impacts de grêle, elle n’était que légèrement affectée, justifiant l’appréciation « acceptable ».

La sécurité électrique du kit Pow’Up a été prise en défaut. L’essai consiste à s’assurer qu’il n’est pas possible d’accéder, notamment avec les doigts, à des parties du kit sous tension. Or l’intérieur des connecteurs de Pow’Up a pu être atteint. Cette faille est très préoccupante, car les kits sont installés au sol, dans un jardin ou sur une terrasse, et sont donc faciles d’accès, notamment pour des enfants.

Méthodologie de notre essai

Afin de pouvoir comparer leur production électrique, nous avons installé tous les kits dans des conditions identiques : orientation plein sud et châssis incliné à 30°. L’essai s’est déroulé au cours d’un mois assez nuageux et les productions mensuelles sont plutôt faibles. Comme la puissance du kit Pow’Up (820 Wc) est près du double de celle des autres, sa production est logiquement supérieure. Nous avons donc choisi de comparer des ratios et privilégié celui de performance. Il évalue la capacité du kit à transformer l’énergie solaire en électricité ; l’énergie produite est rapportée à la puissance du kit et à l’énergie solaire sur le lieu de production.

Deux éléments ont un impact sur la production : l’inclinaison des panneaux, d’une part. L’objectif est de les positionner le plus possible perpendiculaires aux rayons du soleil, ce qui implique de modifier leur inclinaison selon les saisons. Or tous les kits ne le permettent pas. Selon nos simulations, une inclinaison optimisée au fil des saisons peut faire gagner de 1,5 à 4 % de production selon la localisation (Brest, Lille, Lyon ou Marseille).

D’autre part, certains panneaux sont bifaciaux. Ils sont capables de produire de l’électricité grâce à leurs deux faces : la face du dessus capte les rayons du soleil directs, la face du dessous capte les rayons réfléchis sur le sol ou d’autres éléments de l’environnement (mur, balcon…). Leurs rendements se révèlent plutôt meilleurs.

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Une petite économie sur la facture

Reste à déterminer les économies possibles et la durée d’amortissement de chaque kit. Nous publions les résultats de nos simulations pour une production réalisée à Lyon, mais nous en avons aussi fait pour Brest, Lille et Marseille à partir du logiciel AutoCalSol, développé par l’Institut national de l’énergie solaire. Nous avons considéré que 100 % de l’électricité produite était autoconsommée, et retenu une baisse de production des panneaux de 0,5 % par an et un prix de l’électricité de 0,20 €/kWh, qui augmente de 3 % l’an.

Les économies réalisées pendant la première année sont corrélées à la production. Installé à Lyon, le kit Sunology va produire 669 kWh, qui représenteront une économie sur la facture d’électricité de 134 €. Avec le kit Avidsen, la production est de 331 kWh, soit une économie de 66 € la première année. Toujours à Lyon, l’amortissement se fera sur cinq ans et variera selon la localisation – Nord ou Sud de la France.

Les économies réalisables sur dix ans prennent en compte la production, le rendement et le prix d’achat. Dualsun est ainsi pénalisé par son prix d’achat élevé. Le kit Pow’Up, lui, est moins performant, mais il est puissant et finit donc par dégager des économies substantielles dans la durée. Sous réserve, bien sûr, d’autoconsommer 100 % de sa production et donc de bien connaître son talon de consommation en journée.

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À la recherche de la garantie

Garantie 10 ans, 25 ans, 30 ans… Les fabricants communiquent largement sur les garanties commerciales associées à leur kit. Ultrawatt et WE sont les seuls à ne pas en proposer. Les durées sont claironnées (avec parfois des discordances d’un document à l’autre), mais les conditions détaillées sont ardues à dénicher, au bout de nombreux clics et sous des intitulés très variés (fiche, conditions générales de vente, notice…). Mieux vaut s’en préoccuper au moment de l’achat et archiver tous les documents disponibles sur le site.

C’est d’autant plus recommandé que Dualsun, par exemple, impose d’activer rapidement la garantie après l’achat pour pouvoir en bénéficier. Ces garanties commerciales viennent en complément des garanties légales (garanties de conformité et contre les vices cachés). Ces dernières doivent être détaillées, ce qui est généralement le cas lorsqu’ils sont vendus en grandes surfaces, moins ailleurs.

Point noir : le manque d’information

Nous regrettons que les fabricants n’accordent pas assez d’attention à leurs garanties et aux conseils pour bien installer un kit, qu’il s’agisse des démarches à effectuer ou des recommandations en matière de positionnement ou de sécurité électrique. Ils se montrent avant tout préoccupés de vendre des panneaux. Les clients ont également besoin d’être accompagnés et ils ne le sont pas assez aujourd’hui.

Des kits bientôt interdits ?

• Une menace plane sur les kits solaires. Dans un communiqué de novembre 2024, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et celui des professionnels de l’énergie solaire (Enerplan) s’inquiétaient de l’évolution de la norme NF C 15-100, qui définit les conditions de conformité électrique des bâtiments.

• Dans sa version réactualisée, ce texte prévoit « qu’un générateur d’énergie électrique ne doit pas être connecté à un circuit terminal par le moyen d’un socle de prise ou d’une fiche ». Cela pourrait signifier l’interdiction de brancher un kit sur une prise standard, dès le mois d’août 2025.

• Nous avons évoqué le sujet, en février 2025, et tenté de refaire le point. Mais nos différents interlocuteurs n’ont pu nous fournir aucune information nouvelle. Nous avions pourtant signalé la nécessité de mieux encadrer l’installation des kits en pointant des dérives inquiétantes en matière de sécurité, notamment les incitations à en acheter plusieurs. L’interdiction pure et simple serait sans doute regrettable, et ne pourra être évitée que si des règles plus strictes et plus claires sont établies.

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