Free : la 4G moins chère sera-t-elle moins bien ?
L’opérateur frappe fort : il intègre le très haut débit, sans surcoût, à son forfait mobile à 19,99 € par mois. Reste à savoir si son réseau sera à la hauteur. Sur l’étendue de la couverture comme sur la qualité de service, des questions se posent.
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Une fois de plus, Free mobile prend tout le monde par surprise. Alors que ses dirigeants ont publiquement relativisé l’appétit des consommateurs pour la 4G ces dernières semaines, l’opérateur se lance à son tour. Il l’a annoncé par un communiqué publié ce mardi 3 décembre.
Free inclut l’accès au réseau mobile à très haut débit, sans changer le prix, dans son offre à 19,99 € (15,99 € pour les abonnés Freebox). Il se positionne ainsi 30 % moins cher que les forfaits 4G les plus abordables d’Orange, SFR et Bouygues Telecom, actuellement autour de 30 €.
Des gigas à gogo
Ainsi, Free frappe fort sur le plan tarifaire, face à des concurrents qui ont misé sur la 4G pour faire accepter aux abonnés une remontée des tarifs.
Et il ne mégote pas sur le volume de données inclus dans son forfait mensuel. C’est même tout le contraire puisqu’il offre 20 Go… à comparer aux 2 à 3 Go des forfaits à 30 € des opérateurs historiques, ou aux 16 Go du forfait le plus « généreux » du marché actuel, qui coûte 60 € par mois.
À noter que les abonnés Free n’ayant pas activé l’option 4G ne profiteront pas du nouveau plafond de données à 20 Go, et resteront limités à 3 Go.
Une qualité de service décriée
Mais le prix ne fait pas tout. Encore faut-il que le service soit à la hauteur. Si le réseau 4G de Free fonctionne aussi bien, ou aussi mal, que son réseau 3G, il pourrait faire des déçus !
La qualité de service chez Free en 3G a fait l’objet de nombreuses critiques, notamment en raison des difficultés d’accès aux sites de vidéo (voir par exemple le dossier rendu public l’an dernier par l’Autorité de régulation, ou l’étude publiée en novembre par l’UFC-Que choisir).
Des trous dans la couverture
L’étendue exacte de la couverture que propose l’opérateur en 4G est un autre point d’interrogation. Alors que Bouygues Telecom indique couvrir plus de 63 % de la population, Orange 50 % et SFR près de 40 %, Free n’a pas encore donné d’estimation concernant son réseau à très haut débit. Il se contente d’évoquer « plus de 1 000 communes » concernées.
Mais il utilise les mêmes artifices de communication que ses concurrents – ceux-là même qu’il critiquait il y a quelques semaines. Sur son site, Free liste des villes dans lesquelles son réseau est « accessible ». La formule peut laisser croire que ces villes sont couvertes en totalité. En réalité, elles le sont avec des trous, parfois importants, comme le montrent les exemples de Paris et Reims (cliquez sur les images pour les agrandir) :
La suspicion concernant l’étendue réelle du réseau 4G de Free est attisée par un communiqué de mise en garde du gouvernement qui, s’il ne cite pas Free, semble bien le viser.
Comme chez les autres opérateurs, mieux vaut donc regarder avec précision la carte de couverture avant de souscrire au forfait.
Riposte en vue ?
Quelles que soient les éventuelles lacunes du réseau 4G de Free, les concurrents ne pourront sans doute pas rester longtemps sans réagir. Comme après le lancement de Free mobile, la riposte des opérateurs historiques pourrait passer par une adaptation de leurs offres à bas coût (Sosh chez Orange, Red chez SFR et B&You chez Bouygues Telecom).
Benjamin Douriez

